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Armada 2019 : les collectivités normandes dans le vent

Publié le : 29 mai 2019 à 08:39
Dernière mise à jour : 3 juin 2019 à 16:56
Par Vincent Lalire

Après six années de préparation, elle revient encore plus belle et encore plus grandiose ! L’Armada de Rouen offrira à ses visiteurs les plus grands et majestueux voiliers de l’histoire de la manifestation. L’occasion pour les collectivités locales de tirer le meilleur parti d’un événement international sans équivalent.

Par Vincent Lalire, membre du Comité de pilotage de Cap’Com, administrateur du Club de la presse et de la communication de Normandie.

Une fois n’est pas coutume, le calme n’annonce pas la tempête ! Les collectivités normandes de toutes tendances se sont unies pour financer en partie le rassemblement des plus grands voiliers du monde. Il faut dire que Patrick Herr, le président de l’Armada, n’est pas William Bligh, le cruel capitaine du Bounty, et c’est donc bien l’accord (presque) parfait entre les élus locaux qui accompagne le grand rendez-vous maritime rouennais 2019. Presque, car lors de l’édition précédente, les collectivités locales avaient même uni leurs moyens pour créer un espace commun d’exposition sur les quais. Cette année, chacune part de son côté avec ses propres animations. « Nos institutions ont chacune des “territoires de communication” spécifiques liés à leurs compétences, à leur histoire, à la personnalité de leur exécutif. Il est normal qu’elles s’affichent différemment », témoignent en chœur les quatre directrices de la communication des collectivités partenaires de la manifestation. Si elles se sont réunies à de nombreuses reprises pour participer à la commission communication de l’Armada, c’est bien en solitaire qu’elles ont donc imaginé chacune le dispositif de leur institution sur le site.

L’Armada de Rouen, l’un des plus importants événements mondiaux du monde de la mer

Organisée tous les cinq ou six ans depuis 1989, sur les quais de la Seine, l’Armada de Rouen est un large rassemblement de grands voiliers, galions, goélettes, voiliers-écoles ou navires de guerre. Les plus beaux bateaux viennent à cette occasion faire découvrir leur histoire. Plus de 8 000 marins se promèneront dans les rues des différents quartiers de Rouen et des communes de la métropole rouennaise qui revêtiront les couleurs des différentes nationalités des bateaux invités. Du 6 au 16 juin 2019, l’Armada de Rouen offre une impressionnante programmation d’activités et d’animations.

Pour la Région Normandie, on ne change pas une recette gagnante, mais on l’enrichit. Les grands concerts gratuits, si attendus par la jeunesse, seront bien présents sur la presqu’île Waddington. La programmation en a été confiée aux sept Scènes de musiques actuelles (SMAC) du territoire en concertation avec les organisateurs de festivals normands pour éviter une délicate concurrence artistique et commerciale. Vingt-huit groupes se produiront dans le cadre de Normandie Scène, dont seize formations normandes. Mais ce sont naturellement les grands noms qui agitent déjà les réseaux sociaux : Hyphen Hyphen, Bénabar, Feu! Chatterton, Magic System, Mes Souliers Sont Rouges, Dadju ou encore les Ogres de Barback. « L’ambiance sera chaude, mais nous avons voulu aller plus loin en permettant au public d’accéder à toutes les richesses de la culture normande », précise Alexandrine Salvi, directrice de la communication de la Région. Ainsi un espace culturel de 400 m2 sur les quais assurera la promotion de tous les festivals culturels normands, toutes disciplines confondues (arts plastiques, musique, spectacle vivant, cinéma, livre...), sous la forme de stands, d’animations, de mini-concerts. Avec la Région, il n’y aura pas que des « chants d’marins ».

Les visiteurs viennent pour voir les bateaux et restent pour l’ambiance et les animations

Du côté du Département de la Seine-Maritime, c’est la Grande Parade finale qui constituera le point d’orgue de la collectivité pendant l’Armada. Un axe fort et assumé de visibilité qui s’inscrit dans son accompagnement des territoires. Tout au long de leur descente de la Seine, les grands voiliers pourront profiter des vivats et des saluts de la foule. « Nous avons fourni à chaque commune les drapeaux, banderoles, winflags et programmes nécessaires pour faire de ce passage une véritable fête », précise Audrey Leclercq, directrice de la communication du Département. En amont, pendant les 10 jours de la manifestation, la collectivité des solidarités permettra aux personnes en situation de handicap de profiter du site sur un bac spécialement affrété. Ainsi, à partir de l’embarcadère du bac de Dieppedalle, les personnes concernées et leurs accompagnateurs profiteront d’une traversée d’une heure et demie pour admirer les majestueux trois et quatre-mâts. Sur les quais, des goodies seront offerts aux visiteurs pour garder un souvenir de leur journée. Ces derniers pourront également admirer les photos du journaliste Stéphane L’Hôte, consacrées à l’Armada, exposées sur les grilles de l’institution. Avec le Département, en avant toute !

Comme à son accoutumée, la Métropole Rouen Normandie a souhaité profiter de l’événement pour innover. C’est un Pop’Up Park inédit, composé de trois espaces, que proposera l’institution aux visiteurs, dont le premier camping flottant en France. « Dix-sept tentes écologiques en carton, réservées aux cyclotouristes, permettront de camper en plein cœur de l’Armada sur l’eau et au milieu des voiliers. Une expérience hors du commun », s’enthousiasme Anne Bécherel, directrice de la communication de la Métropole. Cette immense barge, positionnée devant le 108, offrira également à tous les visiteurs un point de vue unique sur les bateaux. Ils pourront s’y détendre, y jouer au Baby-foot et au ping-pong, et participer à divers ateliers. Les enfants ne seront pas oubliés puisqu’une fresque géante à colorier, de 80 mètres de long, sera mise à leur disposition pour exprimer leur talent. Et en cas de grosse chaleur, des bars à eaux (plate ou gazeuse) permettront aux grands comme aux petits moussaillons de se rafraîchir. Avec la Métropole, la croisière s’amuse.

De gauche à droite : Anne Bécherel, dircom de la Métropole Rouen Normandie, Alexandrine Salvi, dircom de la Région Normandie, Karine Divernet, dircom de la Ville de Rouen, Audrey Leclercq, dircom du Département de la Seine-Maritime. (Crédit : Alan Aubry)

Mobilisation générale également pour la Mairie de Rouen. La ville aux 100 clochers a prévu un espace d’animation immense de 5 000 m2 au cœur même du site. Le public y trouvera un véritable village des sports comptant pêle-mêle un terrain de pétanque, une patinoire synthétique, un mur d’escalade, un caisson de plongée sous-marine, une piste d’athlétisme et diverses structures gonflables. Dans une ambiance originale créée par le scénographe Étienne David, le lieu se veut également une oasis de détente et de repos pour le public. « Si l’Armada accueille des visiteurs du monde entier, la Ville souhaitait pouvoir offrir aux Rouennais et à toutes les associations rouennaises un espace qui leur ressemble et qui les rassemble et dans lequel ils puissent s’exprimer », explique Karine Divernet, directrice de la communication. À chaque jour son thème. Des artistes de street art viendront y créer chaque jour une nouvelle fresque et le collectif des Plastiqueurs invitera les visiteurs à se prendre en photo dans une drôle de machine. Avec la Ville de Rouen, les pirates ne viennent pas que des Caraïbes.

C’est comme ça, l’Armada : on y vient pour voir les plus beaux et plus grands voiliers du monde et on y reste pour l’ambiance et les nombreuses animations qui y sont proposées. En investissant dans cet événement majeur, les collectivités locales réaffirment le rôle très important qu’elles jouent dans l’animation et l’attractivité du territoire. Et pour l’avenir ? Aucune mutinerie en vue. Les élus passent, l’Armada continue. E la nave va...

« L’Armada participe de façon exceptionnelle au rayonnement de toute la Normandie »

Deux questions à Philippe Chastres, directeur général de l’Armada

Que représente l’apport des collectivités pour un tel événement ?

Philippe Chastres : Il est naturellement essentiel. Sans ce financement public, il n’y aurait tout simplement pas d’Armada. Les collectivités locales contribuent à l’événement pour un total de presque 3 millions d’euros sur un budget global de 7 millions hors taxes. Dans le détail des subventions : le Département et la Métropole apportent chacun 1 million d’euros, la Ville de Rouen 600 000 euros et la Région Normandie 280 000 euros, auxquels il convient naturellement d’ajouter le financement conséquent des concerts. L’aide logistique ou les animations proposées par chacun des partenaires sont absolument essentielles au succès de la manifestation.

A-t-il été facile de les convaincre d’accompagner ainsi l’événement ?

Philippe Chastres : L’argent public se fait de plus en plus rare et les élus sont attentifs à toute dépense, y compris lorsqu’il s’agit de l’Armada. Mais son président, Patrick Herr, est un infatigable ambassadeur de la manifestation. Tous les élus reconnaissent que l’Armada participe de façon exceptionnelle au rayonnement de Rouen et de toute la Normandie. Elle rapporte certainement plus qu’elle ne coûte. L’argent public permet aussi, ne l’oublions pas, de garder sa gratuité à l’événement. Bref, nous formons collectivement, collectivités locales, entreprises privées et association organisatrice, un équipage gagnant-gagnant.