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Incivilités : les dernières tendances de com "crottes de chien et propreté"

Publié le : 4 septembre 2018 à 14:54
Dernière mise à jour : 6 septembre 2018 à 11:12
Par Anne Revol

Comment les collectivités ont-elle communiqué ces derniers mois sur les déjections canines, les dépôts sauvages, et autres incivilités ? De la traditionnelle campagne d’affichage avec la gente canine en guest-star, à la vidéo virale ciblant les jeunes, en passant par la ludification de l’espace public, focus sur les tendances qui ressortent des dernières campagnes sur le marronnier "crottes de chien et propreté".

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Déjections canines, les chiens en tête d’affiche

Sur l’éternel et insoluble sujet des déjections canines, l’affichage demeure un des supports les plus plébiscités. Régulièrement, les collectivités y mettent en scène les principaux protagonistes, les chiens, pour mieux interpeller leurs maîtres incivils. Les dernières campagnes lancées sur le sujet n’hésitent pas à jouer sur le côté « mignon » de la gente canine : comme par exemple en dessin inspiré des codes de la culture japonaise kawaii à Gerardmer, en image avec une mise en scène humoristique (qui n’oublie pas au passage le journal de l’agglo) à Montauban, ou encore façon « avis de recherche » à Mondeville. Cette petite commune normande a d'ailleurs beaucoup fait parler d’elle avec cette campagne déclinant pourtant un concept d’affiches « wanted » déjà utilisé par d’autres collectivités. Un choix judicieux de têtes chiens et de surnoms, et le concept humoristique du gang de « Serial Krotters » semblent avoir fait la différence.

Derrière l’humour… une exaspération parfois difficile à masquer

Face aux incivilités répétées, certaines collectivités décident de frappert au portefeuille de leur administrés incivils et le font savoir comme la ville de la Madeleine. Son conseil municipal a voté fin juin, des sanctions plus lourdes et plus larges allant jusqu’à punir les propriétaires de chiens non munis d’un sachet pour ramasser l’éventuel besoin. Un plan de lutte contre les déjections canines relayé par une campagne d’affichage et un papier dans le journal municipal intitulé « 110 euros, ça fait ch(i)er la crotte! ... » 

Quand l’espace public devient ludique

Certaines grandes villes communiquent directement là où elles espèrent réduire les incivilités : dans l’espace public. Et le transforment en espace ludique. Lille a apposé sur ses trottoirs des pochoirs de marelles, de paniers de basket ou de traces de pas menant aux poubelles publiques. 

Paris a fait appel à un street artist pour transformer son mobilier urbain de propreté en œuvre de « Propre art » et le rendre ainsi plus visible.

Montrer aux usagers les conséquences de leurs actes incivils

Visibles également mais moins « ludiques », les étiquettes géantes de Clermont Auvergne Métropole. Apposées aux endroits où les incivilités laissent des traces, elles indiquent façon "étiquette de vêtement" le prix de tags, jets de mégots, déjections canines et dépôts sauvages, et rappellent les actions de la collectivité.

Non loin de là, la ville de Moulins a couvert une place de son centre-ville un jour de grande affluence d’un tas d'ordures qui représente la quantité de déchets sauvages ramassés dans les rues chaque semaine. Une opération animée par le service propreté de la ville, venu expliqué son travail aux passants.

La vidéo virale pour toucher les jeunes

La ville de Besançon a elle aussi mis en avant son service propreté, mais en jouant un tour à ses habitants. Avec la complicité de comédiens, elle a les filmé en caméra cachée et posté sur les réseaux sociaux leurs réactions dans la rue face à l’altercation entre un agent de la propreté excédé et une habitante venant de déposer son sac poubelle juste à côté du bac à ordures. Le service com a privilégié ce format de vidéo virale plus à même de toucher les nombreux étudiants présents dans la ville.

Même démarche pour Paris qui, pour toucher un public d’adolescents et de jeunes adultes, a fait appel à la vidéaste Youtube Swann Périssé. Dans une chanson et un clip entraînant - « Paris l'été » – et une vidéo - « La rue c'est notre coloc ! » - elle traite avec humour des différentes problématiques comme l’épanchement d’urine, les déchets alimentaires dans les parcs, ou le dépôt d’encombrants.

L’association Gestes propres a pour sa part choisi de mettre en avant l'absence de réaction des jeunes face aux dépôts sauvages dans deux films aux décors minimalistes et aux couleurs vives. Le premier met en scène un couple d'ados sur une plage et qui se trouve submergé de déchets sauvages le temps d'un baiser. Le second montre deux ados qui finissent leur jogging entourés de déchets sauvages et sont stoppés, englués dans des chewing-gums. Deux vidéos de 18 secondes qui pointent le volume de déchets justement abandonnés durant ce temps : 180 kg.

À Montigny-lès-Metz, c’est l’absurdité des comportements qui est poussée jusqu’au bout. Trois animations illustrent la question « Mon déchet, j’en fais quoi ? Je le mange ? » pour montrer que « jeter son déchet à la poubelle est un geste de bon sens, et que toute autre alternative – le jeter sur le trottoir, la chaussée, dans une bouche d’égout, la nature – est absurde… aussi absurde que de le manger ! » La campagne conçue en interne et intitulée « Cap ou pas Cap saison 2 », fait suite à sa cadette lancée en 2016, avec les enfants du Conseil Municipal des Jeunes. Elle est relayé en affichage et a donné lieu a des ateliers slams avec les jeunes de l’animation urbaine pour les impliquer sur ce sujet des incivilités.

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