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Les masques, tête de liste des campagnes incivilités 2020

Publié le : 15 juin 2020 à 21:18
Dernière mise à jour : 18 juin 2020 à 11:08
Par Anne Revol

Sous l'effet de la crise sanitaire, les masques et gants jetables détrônent les habituelles têtes d'affiche du marronnier printanier « crottes de chien et propreté » de la communication des collectivités locales.

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Avec l'apparition de masques et gants usagés dans les rues, un objectif de prévention sanitaire s'ajoute cette année à ceux du respect de l'espace public et de l'environnement traditionnellement assignés aux campagnes propreté. Protéger les agents de collecte et limiter la propagation du virus, tels sont les enjeux imposés par ces déchets d’un nouveau genre.

Sur les affiches, comme sur les trottoirs, ils volent désormais la vedette aux mégots et déjections canines. Ils ont même réussi à faire passer le montant de l'amende pour incivilité de 68 à 135 euros. Une hausse de tarif actée par décret courant juin qui fera sans doute l'objet d'actions de communication locale. Et qu'appellait déjà de ses vœux dès le début du déconfinement le maire d'Arras.

Une exaspération à peine masquée face à ces incivilités

La ville a d'ailleurs lancé très rapidement une campagne relayée dans les médias. « Les masques, c’est comme les mégots, les crottes de chien, les chewing-gums, les mouchoirs en papier, les emballages, les cartons, les encombrants, les canettes de soda, les sacs plastique, les bouteilles d’eau vides… Ça n’a rien à faire sur le trottoir  ! » peut-on lire sur les affiches déployées par la ville dès les premiers jours du déconfinement. Des affiches qui, en l’occurrence, masquent difficilement une exaspération face à cette nouvelle incivilité, tout comme celles d'une autre ville du Nord, Hazebrouck. Sa campagne de sensibilisation lancée mi-juin montre les conséquences d'un masque usagé jeté par terre et interroge : « Et là, vous le voyez le problème ».

L’agglomération de Paris-Saclay a également rapidement adapté sa campagne post-confinement #hérosDuQuotidien avec un message invitant à « ne pas laisser tomber » les masques. Sur les réseaux sociaux, nombre d’autres collectivités lui ont emboîté le pas pour relayer les visuels de la campagne gouvernementale ou ceux conçus par leur intercommunalité, comme sur le territoire de Nantes Métropole dans un style plus « revendicatif ».

À Alès, ce sont les jeunes citoyens qui ont réagi à la vue des masques sur les trottoirs de leur ville. La commission Environnement et Citoyenneté du conseil municipal des enfants s’affiche masquée et gantée sur un visuel accompagné du slogan «  Jetables, mais pas n’importe où ! ». Les jeunes ont choisi le message et imaginé la campagne à distance via sms et mail. L’affiche est rapidement diffusée sur les réseaux sociaux de la ville avant un relais via le mobilier urbain et les vitrines des commerces.

Particulièrement concernés par ce type d’incivilité, les organismes mixtes ayant pour compétence principale le traitement et la gestion des déchets ont également axé leur communication sur les masques usagés, comme le SMITOM-LOMBRIC (syndicat de collecte et de traitement des déchets ménagers du Centre Ouest seine-et-marnais) ou Trivalis (syndicat départemental en charge du traitement des déchets ménagers et assimilés de la Vendée).

Le Conseil municipal des enfants d'Alès a rapidement lancé une campagne pour inciter les habitants à ne plus jeter les masques dans la rue.

Sensibiliser aux conséquences sur les fonds marins

Au niveau national, la campagne annuelle de l’association Gestes propres a été lancée à l’occasion de la Journée mondiale de l’environnement, le 9 juin, avec le soutien du ministère de la Transition écologique et solidaire, de l'Association des maires de France et des présidents d'intercommunalités, et de Citeo. Elle porte elle aussi le double message de prévention – pollution et risque sanitaire – concernant les masques et les gants jetés dans la nature.

À l’approche de l’été, elle pointe l’incidence de ces comportements incivils sur les fonds marins. « À terme, outre la pollution visuelle et les dangers sanitaires qu'ils représentent, ils font peser une lourde menace sur les océans. En effet, 80 % des déchets retrouvés en mer proviennent de déchets jetés au sol. Déjà, des masques et des gants commencent à faire leur apparition sur le littoral français. À quelques semaines des grandes vacances, il est grand temps que chacun prenne ses responsabilités pour éviter une nouvelle catastrophe naturelle et des plages souillées, au moment où de nombreux vacanciers auront envie d'en profiter. »

Image d'illustration par ivabalk de Pixabay

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