Suivre Cap'Com : la newsletter les flux RSS Twitter Facebook la radio

Conscience de communicant.

Recommander

par bbeguin le 28 mai 2008

Pr Jean-Luc Michel
Professeur des universités (St Etienne)
Les Professions de la Communication Ouvrage édité en 1999

 

Clause de conscience (*) et coaching

La singularité de la communication correspond au rôle novateur que le communicant exerce aux avant-postes de la condition salariale. La dimension “fou du roi” rappelle sans cesse qu'il ne peut valablement exercer ses activités comme un stratège s'il doit en tous points et en toutes circonstances épouser la culture, le langage, les produits, les décisions et la stratégie de l'entreprise. Il est indispensable que ses employeurs prennent conscience que, à condition de rester dans les formes et de respecter les usages (ce qui constitue en soi un premier engagement et une première fidélité éthique), il doit pouvoir conserver sa capacité de prise de distance critique.

Le bon communicant doit savoir gérer sa distanciation. L'éthique de son action est à ce prix. Et pour exercer valablement cette distanciation, il importe qu'il dispose de deux dispositifs déjà employés ailleurs : la clause de conscience et le coaching.

La clause de conscience est bien connue dans le monde du journalisme même si elle semble de moins en moins appliquée en raison de son coût pour l'employeur. On peut évidemment lui opposer d'autres formules, aujourd'hui réservée aux cadres supérieurs des très grandes entreprises, comme par exemple les “stock options” et autres primes de départ ou “parachutes” négociés lors du contrat d'embauche. Mais au delà des techniques comptables employées pour assurer cette liberté indispensable à son efficacité, le communicant joue le rôle d'éclaireur de la condition salariale.

Il montre qu'un salarié (stratège) doit pouvoir exercer son activé aux
limites du contrat de travail et passer outre aux aspects les plus
coercitifs de la relation de subordination sous-tendue par tout contrat
de travail salarié. Il est ou devrait être un collaborateur actif - et
libre - susceptible de critiquer la stratégie de l'entreprise qui le
rémunère. D'autres formules plus originales et novatrices peuvent aussi
être employées comme le travail indépendant sous une forme libérale
mais en réseau de projets via des extranets. Elles évolueront à mesure
que la société reconnaîtra l'importance de ces activités, même si pour
le moment le recours à un consultant est loin d'être vécu comme les
relations avec son avocat ou son comptable (dont on ne discute pas les
prix…).

L'autre solution pour les communicants en entreprise
réside dans les procédures d'accompagnement mises au point ces
dernières années et dont l'appellation “coaching” résume assez bien la
philosophie générale pour l'individu comme “team building” pour les
équipes. Il s'agit essentiellement d'une activité de mentoring,
d'assistance des dirigeants, non pour leur indiquer telle ou telle
solution extérieure qu'un expert posséderait mais plutôt de les aider à
trouver la solution correspondant à leur problème. Le coach aide à
trouver la voie, il ne détient aucune vérité.

Les dircoms auront acquis leur complète légitimité
lorsqu'ils auront droit eux aussi à ce type d'accompagnement qui les
réinsère dans les principes ou les valeurs. Et au regard du
développement actuel de la communication d'entreprise, il apparaît
probable que ce jour soit proche, d'où un optimisme raisonnable quant
aux progrès de l'éthique passant par le développement d'une
communication stratégique efficace.

JLM - Février 2002
jean.luc.michel@communiquance.com

(*)Rappelons qu'il s'agit en gros d'une indemnité que tout
journaliste peut demander à percevoir s'il s'estime en désaccord (par
exemple politique) avec sa direction. Son montant est fonction du
salaire et de l'ancienneté. Elle peut être complétée par une “clause de
cession” (en cas de vente du titre).

1 commentaire(s)

Suivre les commentaires par flux RSS

vendredi 30 mai 2008 13:00 par DAÏDE
Jai lu avec beaucoup d'intérêt l’article paru dans La Lettre de la communication publique et territoriale n° 246.
Je partage totalement ce point de vue concernant le rôle que devrait avoir un responsable communication quant à sa liberté d’appréciation et de recul par rapport à la stratégie qu’il serait à même de proposer.
Je voulais vous faire part rapidement d’une expérience que j’ai vécu…
Durant 2 ans j’ai occupé le poste de « responsable communication» ou j’étais « mise à disposition » sur 4 structures d’insertion (4X 25%).
Mon poste était porté par « une Mission Locale » et je travaillais en même temps sur trois autres structures, d’un même territoire.
Sur ces 4 structures, j’ai été amenée à réfléchir et mettre en œuvre une stratégie de communication.
4 Directions différentes (dont je dépendais)
4 projets de structures différents
1 même territoire
1 même domaine d’activité : l’insertion
4 points de vue sur la communication aux antipodes les unes des autres !
Prendre du recul dans ces conditions et ce contexte….complexe ! Très complexe.
Merci pour cet article

Dominique Daïdé
Responsable communication
En recherche d’emploi depuis 2 semaines…
(Maîtrisée en sciences de l’information option communication Politique et Publique – Paris XII Créteil)
Dominiquedaide@yahoo.fr
06 87 46 46 96


Publier un commentaire




Les codes HTML seront supprimés à l'exception des liens, du gras, de l'italique et du souligné.
Recevoir les prochains commentaires par email

 1 7 9 Recopiez le code dans le champ de contrôle