Cuisine, dépendance et gilet jaune
par Florent Bonnetain le 2 octobre 2008
C'est reparti. Une nouvelle priorité qui prend des airs de croisade : la lutte contre l'obésité. L'idée centrale du rapport parlementaire remis cette semaine à la ministre de la santé : passer la TVA de 5,5 % à 19,6 % sur les denrées contrevenantes à l'hygiène alimentaire.
Comme si l'obésité avait à voir avec le pouvoir d'achat. Comme si le pot familial de Nutella n'était pas déjà beaucoup plus cher que le kilo de pomme. Pour que cela fonctionne encore faudrait-il faire de la communication. Car la TVA, elle ne se voit justement pas ! Il faudra bien signifier au consommateur sujet à une addiction sucrée que s'il paye plus cher ce n'est pas le fait de l'augmentation du coût de la vie – le gouvernement nous garantit la maîtrise des prix – mais la conséquence d'une mesure sanitaire salutaire. Crise oblige, Roselyne Bachelot a eu la décence de remiser au placard cette proposition.
On peut penser que la communication comme levier, que l'éducation
seront plus efficaces qu'un bonus-malus du nutriment durable. Et que
les acteurs de proximité (collectivités, bailleurs sociaux, écoles...)
constituent, en la matière, des relais incontournables.
À moins que Karl Lagerfeld ne devienne le personnage récurrent de la
saga gouvernementale. Un type sympa, avec lequel chacun peut
s'identifier, et qui porte admirablement bien le gilet jaune depuis
qu'il a retrouvé sa ligne de jeune homme...

