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Bruits divers à l'heure d'été | Cap'Com, Le réseau de la communication publique et territoriale

Bruits divers à l'heure d'été

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Est-ce l'inactivité de l'été ? Est-ce le bien fondé estival de l'expression « l'oisiveté est mère de tous les vices » ? Est-ce l'approche des échéances électorales de 2012 ? Toujours est-il qu'il n'y a pas que le climat de notre planète qui monte en température, celui des rumeurs aussi.

Aussi, pour être raccord avec l'ambiance, je vous laisse le soin de méditer cet été sur un poème de Victor Hugo, Le mot. Un petit texte à bien garder en tête, histoire de se souvenir que si au XIXème siècle la rumeur courait déjà vite, vous constatez régulièrement ce qu'il en est de nos jours. Un petit texte à relire régulièrement, avant d'enfoncer la touche "envoi" de son clavier, alors que l'on vient d'écrire un courriel un peu sec avec quelques copies prévues à divers tiers.

Le mot - Victor Hugo

Braves gens, prenez garde aux choses que vous dites !
Tout peut sortir d'un mot qu'en passant vous perdîtes ;
Tout, la haine et le deuil !
Et ne m'objectez pas que vos amis sont sûrs
Et que vous parlez bas.
Écoutez bien ceci :
Tête-à-tête, en pantoufle,
Portes closes, chez vous, sans un témoin qui souffle,
Vous dites à l'oreille du plus mystérieux
De vos amis de cœur ou si vous aimez mieux,
Vous murmurez tout seul, croyant presque vous taire,
Dans le fond d'une cave à trente pieds sous terre,
Un mot désagréable à quelque individu.
Ce mot - que vous croyez que l'on n'a pas entendu,
Que vous disiez si bas dans un lieu sourd et sombre -
Court à peine lâché, part, bondit, sort de l'ombre ;
Tenez, il est dehors ! Il connaît son chemin ;
Il marche, il a deux pieds, un bâton à la main,
De bons souliers ferrés, un passeport en règle ;
Au besoin, il prendrait des ailes, comme l'aigle !
Il vous échappe, il fuit, rien ne l'arrêtera ;
Il suit le quai, franchit la place, et cætera
Passe l'eau sans bateau dans la saison des crues,
Et va, tout à travers un dédale de rues,
Droit chez le citoyen dont vous avez parlé.
Il sait le numéro, l'étage ; il a la clé,
Il monte l'escalier, ouvre la porte, passe, entre, arrive
Et railleur, regardant l'homme en face dit :
« Me voilà ! Je sors de la bouche d'un tel. »
Et c'est fait. Vous avez un ennemi mortel.

Bonnes vacances !