Fusion de services, services en fusion ?
par Dominique Mégard le 2 février 2012
Mutualisation, fusion, regroupement... le terme jalonne, avec la montée de l'intercommunalité, la vie des communes et des intercos. Les services communication sont concernés et nombreux sont les communicants confrontés à des situations souvent complexes... où quelques tendances, points d'achoppement ou réalités communes se détachent.
De Rennes à Saumur, de Dôle à Nantes, de St Étienne à Montbéliard, d'Angers à Cholet...fusion et mutualisation sont généralement provoquées avec un seul et unique objectif : diminuer les dépenses... « Une fusion partie sur des bases uniquement financières, explique un communicant qui vient de vivre une fusion, part sur de mauvais rails. Les dés sont pipés d'entrée ». « Or, souligne un autre, si le projet n'est pas porté par une conviction, appuyée sur une réflexion stratégique, cela n'ira pas bien. Car en réalité, il n'y a pas de réduction mathématique et comptable des coûts... C'est pas comme çà que çà marche ! ». « Une mutualisation, et a fortiori, une fusion demande, en amont, une réflexion sur les conséquences humaines, stratégiques, éditoriales... peu ou mal comprises par des élus qui ont des difficultés à positionner la communication, complète un autre». Au risque sinon de générer des situations de mal-être affichés ou de conflits larvés. Qui ne se limitent pas à des difficultés en terme de gestion de ressources humaines mais aussi et surtout, de façon unanime, sur les rapports entre la commune centre et les autres communes de l'agglomération. Le schéma adopté le plus souvent étant un regroupement des services entre celui de la commune centre (qui devient de fait hégémonique) et les autres communes qui se sentent lésées. Voire d'une rivalité affirmée entre les « ex » du service communication de la ville centre et les « ex » du service communication de l'agglomération, les uns et les autres ayant la sensation de perdre leur âme et leur identité. La fusion des services agit en « révélateur » des problèmes de management, ressources humaines et gouvernance... Y compris en communication où un dir'com qui a réussi à créer un rythme de rencontres (3 fois par an) au sein de son agglomération) soulignait « Pour réduire les inquiétudes entre ville centre et autres communes, ou entre l'interco et les autres, une seule solution : discussion et dialogue. Des rencontres et des réunions où l'on puisse s'exprimer, discuter ou exprimer, en professionnels, des besoins de mutualisation de moyens ou de savoir-faire par exemple » Pas si simple tant sont rares les communautés où les communicants, même hors processus de fusion, ne se connaissent ni ne se parlent et où le politique l'emporte sur le professionnel...
Interrogés sur les points positifs et les points négatifs apportées par une situation de fusion ou mutualisation approfondie, une vingtaine de dir'com ont répondu, réponses traduites ici en une sorte d'inventaire à la Prévert :
Principaux points positifs :
-
un budget plus important et des économies d'échelle
-
une source d'information unique et des concertations plus simples
-
pas de concurrence inutile sur les projets
-
des points de mutualisation, notamment en signalétique, campagnes d'affichage, voire en impression (surtout profitant aux communes rurales)
-
augmentation du niveau de compétence dans l'équipe
-
création d'un poste de communication interne grâce au redéploiement des équipes et un doublon
-
une vraie émulation dans le service
-
des économies budgétaires à terme (groupements de commande ...)
-
une meilleure coordination dans la gestion de l'information,
-
gestion des doublons.
-
mutualisation de moyens techniques : fichiers presse, lfichiers protocolaires, etc ...
-
cohérence du discours, surtout entre interco et ville-centre
-
pour l'interco, profiter de supports souvent mieux ancrés dans les habitudes des habitants, ceux des communes (surtout ville-centre)
Principaux points négatifs :
-
risque de voir la communication de l'interco phagocytée par celle de la ville-centre
-
une communication de l'interco qui risque d'oublier les autres communes (hors ville-centre)
-
une communication qui se politise au moment des élections municipalesun temps d'adaptation -long- à gérer...
-
un mélange des genres de la part des élus souvent
-
une étape longue et difficile de cohésion des deux équipes et de mise en place d'organigramme
-
une problématique identitaire de territoire...
1 commentaire(s)
Suivre les commentaires par flux RSS

