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20% des intercommunalités envisagent de changer de nom en 2013 | Cap'Com, Le réseau de la communication publique et territoriale

20% des intercommunalités envisagent de changer de nom en 2013

La communication intercommunale, encore jeune, à peine organisée, va connaître cette année de grands bouleversements. La première raison en est l’achèvement d’ici juin de la carte de l’intercommunalité avec son cortège de créations, de fusions et d’extensions. La seconde raison en sera l’adoption prévue dans l’année du projet de loi de décentralisation dont l’objectif est clairement de renforcer simultanément les régions et les intercommunalités. Les communautés ne sont pas les seules concernées, mais la communication des communes va aussi en être transformée. Pour comprendre l’ampleur de ce mouvement et accompagner les professionnels et élus vers une redéfinition de la communication intercommunale, se tiennnent le mois prochain à Évry les 2e Rencontres de la communication intercommunale, une journée de réflexion et de formation à l’initiative notamment du réseau des communicants publics et de l’association des élus des communautés.

L’émergence de la communication intercommunale est récente. La loi de 1999 relative au renforcement et à la simplification de la coopération intercommunale y est pour beaucoup. Communautés de communes, communautés d’agglomération et communautés urbaines, nées souvent de logiques administratives ou politiques sans toujours s’appuyer sur une cohérence territoriale, ont finalement pris leur place dans le millefeuille territorial. Et elles ont rapidement construit leur politique de communication et développé leurs outils. En moins de trois ans, les grandes communautés d’agglomération ou urbaines se sont dotées dans leur immense majorité de services de communication. Magazines de communauté, relation presse, communication numérique, pilotage d’évènements, campagne d’affichage, les outils sont progressivement tous mobilisés.

Comme le constataient il y a deux ans les participants des 1ères Rencontres de la communication intercommunale, la communication des communautés s’est centrée dans un premier temps sur une communication assez technique assurant l’information sur les services à la population. Certes, comme l’expliquait Françoise Gatel, présidente de la communauté de communes du Pays de Chateaugiron, « C’est en communiquant sur les services que nous communiquons sur le projet ».  De même, nulle volonté claire de communiquer sur l’institution, de développer un sentiment d’appartenance, de créer un capital de  reconnaissance de son identité.  « Pour faire connaitre la communauté, les élus préfèrent communiquer sur les actions plutôt que sur l’institution », expliquait Dominique Bodet, directrice de la communication de la communauté de communes du Pays de Lunel.

Ce temps est révolu. Les modifications des périmètres communautaires et le projet de loi de décentralisation, redéfinissent le paysage de l’intercommunalité et par la même sa communication comme celle de l’ensemble de l’échelon communal.

Observons. Dans le cadre des schémas départementaux, des centaines de fusions d’intercommunalités sont engagées qui conduisent à associer le plus souvent deux communautés de communes entre elles. La recomposition débouche aussi sur des dissolutions, plusieurs communautés de communes ayant implosé afin que leurs membres puissent rejoindre des communautés différentes. Enfin quelques communautés complètement nouvelles viennent aussi d’apparaître.

Observons aussi le projet de loi de décentralisation. À ce jour, il prévoit une redéfinition des rôles notamment en faveur des intercommunalités dans de nombreux domaines : le développement économique, la gestion des déchets, la formation et l’orientation, les transports, la gestion des milieux aquatiques. D’autres compétences seront redéfinies dans d’autres cadres comme le logement ou l’énergie. Le texte envisage aussi la création de communautés nouvelles pour les territoires de plus de 400 000 habitants et prévoit un statut spécifique pour les agglomérations de Lyon, Marseille et Lille, en attendant de prendre en compte le Grand Paris dans un texte spécifique.

Ces transformations des intercommunalités vont donc conduire à de nouvelles priorités de communication pour les communautés comme pour les communes.

Changement de nom, changement de périmètre. C’est toute l’identité des ces nouvelles communautés qu’il va falloir reconstruire en direction des habitants comme acteurs économiques et sociaux. Parmi les communautés dont les périmètres changent nombreuses sont celles qui envisagent d'ores et déjà une dénomination nouvelle et une identité graphique transformée. 20% des communautés envisagent de changer de nom en 2013, selon le Baromêtre de la communication intercommunale présenté à l'occasion des 2eRencontres de la communication intercommunale. C’est aussi le marketing territorial qu’il va falloir reconsidérer alors même qu’un bon nombre de communautés se sont déjà engagées dans des démarches de promotion de leur territoire.

Nouvelles compétences, nouveaux services. C’est toute la communication sur les services à la population qu’il faut repenser dans une étroite collaboration entre la communauté et les communes membres.

Nouvelle gouvernance, nouvelle organisation. Ce sont les missions et l’organisation même de la communication qu’il va falloir repenser dans la recherche d’une coordination voire d’une intégration des services entre les communes et leur intercommunalité. Ce sont les outils qu’il va falloir mettre en commun.

Autant de défis qui font de 2013, l’année de la communication intercommunale.

Auteur: 
Bernard Deljarrie