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Baromètre de la communication intercommunale - Enquête Cap’Com/AdCF/Epiceum/Occurrence - 2015 | Cap'Com

Baromètre de la communication intercommunale - Enquête Cap’Com/AdCF/Epiceum/Occurrence - 2015

Analyse de la communication publique
Publié le : 
10 avril 2015
"La communication intercommunale dans la tourmente des réformes", 4ème vague du Baromètre de la communication intercommunale, enquête effectuée auprès de ceux qui ont en charge la communication au sein des intercommunalités depuis  2008.

Date : avril 2015
Auteurs Cap'Com, l’AdCF, l’agence Epiceum et l’institut d’études Occurrence.

Contenu du document :

  • Synthèse du baromètre
  • Cahier « 10 regards d’élus et de dircoms sur la communication intercommunale »
  • « Les difficultés de la communication intercommunale vues par des élus », article paru dans la newsletter Cap'Com n° 396 du 30 mars 2015
  • « Faut-il vraiment mutualiser la communication ?», article paru dans la newsletter Cap'Com n° 397 du 14 avril 2015
  • « Peut-on communiquer sur les services publics délégués ? », article paru dans la newsletter Cap'Com n° 399 du 18 mai 2015

Synthèse de l'enquête

Cahier « 10 regards d’élus et de dircoms sur la communication intercommunale »

Les difficultés de la communication intercommunale vues par des élus

article paru dans la newsletter Cap'Com n°396 du 30 mars 2015

Photo de gauche à droite : Frédéric Sanchez, Eric Kerrouche, Anne Blanc, Jean-Marc Nicolle, Charles-Eric Lemaignen

Cinq élus, qui président tous des intercommunalités, se livrent et dévoilent le rôle qu’ils assignent à la communication et les priorités qu’ils lui fixent. Des regards croisés qui en disent long sur les difficultés d’initier une communication à l’échelle d’un territoire intercommunal. Des propos sans langue de bois qui vont illustrer les résultats du Baromètre de la communication intercommunale présentés vendredi 10 avril prochain à Rennes lors d’une journée ouverte aux communicants publics. 

Anne Blanc, présidente de la communauté de communes du Naucellois, Eric Kerrouche, président de la communauté de communes Maremne Adour Côte-Sud, Jean-Marc Nicolle, vice-président de la communauté d’agglomération du Val de Bièvre, Charles-Eric Lemaignen, président de la communauté d’agglomération Orléans Val de Loire, et Frédéric Sanchez, président de la Métropole Rouen Normandie (voir la présentation de leurs collectivités) ont accepté de répondre à nos questions. Des entretiens réalisés dans le cadre du Baromètre de la communication intercommunale et recueillis par Christian de La Guéronnière de l’agence Epiceum.

Le Baromètre de la communication intercommunale
Le Baromètre de la communication intercommunale est une enquête effectuée auprès de ceux qui ont en charge la communication au sein des intercommunalités. Le Baromètre est conduit par l’AdCF, l’agence Epiceum, l’institut d’études Occurrence et par le réseau Cap’Com. Le Baromètre dresse un état des lieux de la communication au sein des 2145 communautés intercommunales, en mesurant les évolutions depuis 2008 : développement, organisation, outils, coordination avec la communication des communes.
Les résultats sont présentés dans le cadre d’une journée d’étude sur la communication intercommunale organisé avec le soutien de Rennes Métropole. Cette journée se tient le vendredi 10 avril 2015 , à l’hôtel de Rennes métropole. Proposée tous les deux ans, cette rencontre nationale permet de confronter des analyses d'élus et d'experts, de partager des bonnes pratiques développées par des collectivités locales en matière de communication intercommunale. Elle est ouverte à tous les communicants publics dans la limite des places disponibles. La participation est gratuite avec une inscription en ligne sur le site de Cap’Com

Quelles priorités avez-vous fixées à la communication de votre intercommunalité ?

Anne Blanc, CC du Naucellois
« La réforme du périmètre de l’intercommunalité et l’évolution des périmètres communaux sont des changements majeurs qui auront un impact important sur le territoire. Notre enjeu est donc d'expliquer à la population ces changements à venir et d’essayer de les faire participer. »

Charles-Eric Lemaignen, CA Orléans Val de Loire
« Notre priorité est de communiquer sur le projet de territoire. Ensuite, nous communiquons sur les compétences de l’agglomération en mettant l’accent sur les compétences exclusives de la communauté. Nous ne sommes plus dans une communication-outil. La communication fait partie de la stratégie politique. Le projet et sa communication doivent être définis en même temps. Nous ne devons pas être dans le coup par coup. Incontestablement, la communication est une politique publique. »

Jean-Marc Nicolle, CA Val de Bièvre
« Notre priorité reste de rendre lisible et compréhensible les actions menées par la communauté d’agglomération au regard des compétences que nous avons transférées. Nous sommes porteurs d’une vision stratégique sur des projets d’avenir majeurs. L’agglomération doit arriver à installer une vision du territoire (s’inscrire sur la durée) tout en informant sur les compétences quotidiennes telles que la voierie, les piscines ou nos équipements culturels.
Sur certaines publications municipales, les projets portés et mis en œuvre par l’intercommunalité se voient réappropriés par les élus municipaux, ce qui ne permet pas de gagner en lisibilité.
Pourtant, nous avons un grand devoir d’information. C’est aussi très important de rendre visibles les institutions qui portent les projets à l’échelle intercommunale, à plus fortes raisons maintenant qu’aujourd’hui des ressources fiscales sont affectées à l’intercommunalité. »

Frédéric Sanchez, Métropole Rouen Normandie
« Il y a trois priorités pour la communication intercommunale. Tout d’abord, l’information : nos habitants font un usage intensif des journaux émis par les collectivités locales. La communication doit être un outil qui permet à nos usagers d'être informés sur la manière dont est rendu le service et sur son fonctionnement. L’information de service est donc très importante.
La deuxième priorité de la communication concerne la valorisation du territoire et de l’intercommunalité. En effet, l’appartenance à l’intercommunalité n’est pas spontanée, contrairement à ce que l’on observe pour les communes. Il faut donc susciter le sentiment d’appartenance. Si les habitants mesurent ce que leur apporte l'intercommunalité, ils sont alors capables de l'évoquer à l'extérieur : l’attractivité du territoire s'en voit alors renforcée. Cela correspond au rôle d'ambassadeur qu'on espère toujours voir jouer par les habitants.
La troisième priorité c’est l’enjeu citoyen : nous devons assumer notre responsabilité pour que les citoyens sachent bien qui fait quoi. »

Eric Kerrouche, CC Maremne Adour Côte-Sud
« Il y a toujours une difficulté à identifier les intercommunalités. La plupart du temps, les compétences sont partagées entre les niveaux municipal et intercommunal, sans que cela soit d’une clarté extrême pour les élus et encore moins pour le citoyen. L’objectif est donc de valoriser la structure intercommunale : informer sur ses compétences et ses moyens et montrer en quoi elle agit de manière complémentaire ou se distingue des communes.
Cet exercice est important pour au moins trois raisons : nous devons rendre l’intercommunalité lisible, faire accepter son poids en matière de dépenses publiques et montrer qu’il y a des services en face. »
 

L’une de vos ambitions est de faire comprendre l’intercommunalité aux citoyens. Les habitants du territoire sont-ils votre cible privilégiée ?

Anne Blanc, CC du Naucellois
« On attend de la communication qu'elle cible en priorité la population locale, les électeurs et les citoyens en expliquant l’état d’avancement des projets du territoire tout en leur faisant comprendre le fonctionnement de l'intercommunalité. On s'aperçoit encore aujourd'hui que nos citoyens ont encore un peu de mal à comprendre ce qui relève de l'intercommunalité et ce qui relève des communes. Nous communiquons donc en priorité sur ce qu'on a fait, sur ce qu'on fait et sur ce que l'on prévoit de faire auprès des habitants. »

Charles-Eric Lemaignen, CA Orléans Val de Loire
« Il y a deux cibles, en externe le grand public et les relais d’opinions (presse et décideurs), et en interne : le personnel, les élus communautaires et les élus non communautaires.
La communication auprès des élus non communautaires est cruciale : très peu d’agglomérations sont performantes à ce niveau. Avec la nouvelle gouvernance que nous mettons en place, nous nous sommes engagés dans une démarche de sensibilisation auprès de tous les élus des communes afin qu’ils saisissent l’ensemble des enjeux de l’intercommunalité. »

Jean-Marc Nicolle, CA Val de Bièvre
« Il y a deux types de communication. D’abord, la communication institutionnelle, très ciblée et bien reçue. Ensuite, une communication plus difficile, qui est celle qui s’adresse au grand public et à nos concitoyens.
Depuis plus de dix ans, nous nous employons à faire connaître l’échelon intercommunal qui s’articule entre nos communes et d’autres structures comme les départements et les régions. Cela passe notamment par des grands projets très concrets comme la couverture de l’autoroute et la piscine intercommunale.
Mais le projet du Grand Paris est trop peu clair. C’est une grande nébuleuse, dont personne ne comprend vraiment le fonctionnement. Ce changement, majeur, va entrainer un nouveau travail d’affirmation du territoire. Si nous souhaitons rendre compréhensible la réforme et créer un attachement de la population à cette nouvelle structure, réfléchir à une nouvelle identité sera nécessaire, qui se positionnera entre celle de Paris et celles des différentes communes du territoire. »

Eric Kerrouche, CC Maremne Adour Côte-Sud
« Nous devons faire comprendre aux citoyens que les enjeux de l’intercommunalité, parce que nous avons un territoire très large, se distinguent du simple horizon communal. »
 

Lors des dernières municipales, le système électoral par fléchage n’a-t-il pas contribué à faire mieux reconnaître l’intercommunalité ?

Eric Kerrouche, CC Maremne Adour Côte-Sud
« Le fléchage, lors des élections municipales 2014 n’a donné lieu à aucun changement. Nous sommes toujours dans le cosmétique. Il y avait très peu de programmes intercommunaux dans les campagnes électorales (même si le nôtre était riche) où ils étaient noyés sous des arguments municipaux. »

Jean-Marc Nicolle, CA Val de Bièvre
« Le fléchage, lors des élections municipales 2014, a aidé les gens à comprendre qu’ils désignaient des conseillers communautaires. Jusque-là, cela passait complètement inaperçu. Même si ça n’a pas provoqué une révolution, des questions nous ont été posées, démontrant le nouvel intérêt des habitants pour la structure intercommunale. Un exemple concret : nous présentons les budgets dans les conseils de quartiers depuis maintenant dix ans. On remarque que depuis deux ans, les questions se font plus précises sur l’intercommunalité. »

Charles-Eric Lemaignen, CA Orléans Val de Loire
« Le changement de mode de scrutin a eu un impact. Aujourd’hui, le mode de fonctionnement des communautés se rapproche de celui des communes. Nous commençons à le ressentir très concrètement, avec l’arrivée d’élus de l’opposition dans le conseil communautaire. De nombreuses actions ont été menées pour sensibiliser les habitants aux changements opérés.
Le fléchage mis en place lors des élections n’a pas forcément mis au cœur des campagnes électorales les enjeux intercommunaux, mais a probablement amélioré la lisibilité de la structure intercommunale. Paradoxalement, c’est davantage la crise financière en nous obligeant à mutualiser, qui va permettre la prise de conscience. »

Anne Blanc, CC du Naucellois
« Le fléchage lors des élections municipales 2014, a eu un impact. Les électeurs ont pris conscience qu’en votant pour des conseillers municipaux, ils votaient aussi pour des élus intercommunaux. Ils ont pu identifier les personnes qui interviennent à l’échelle intercommunale. Le fléchage a concrétisé l'existence de l'intercommunalité. S'ils ont identifié l'intercommunalité, il n'est pas certain que les habitants saisissent réellement les enjeux qui accompagnent la structure intercommunale. »

Frédéric Sanchez, Métropole Rouen Normandie
« La communication est aussi un enjeu démocratique : nous nous orientons vers des scrutins plus directs s'agissant des intercommunalités. Mais la condition d'un scrutin plus direct est que le citoyen mesure la responsabilité propre de l’intercommunalité. C'est un enjeu fort des cinq années à venir.
De ce point de vue, le système de fléchage instauré pour les élections municipales de 2014 a constitué une petite étape. Les enjeux communaux l’ont emporté dans la campagne électorale mais le mode de scrutin a modestement, mais réellement, apporté une évolution. »
 

Les réductions budgétaires conduisent beaucoup d’élus à demander à la communication d’en faire au moins autant avec moins de moyens. Comment résoudre cette équation difficile ?

Jean-Marc Nicolle, CA Val de Bièvre
« Nous allons évaluer l’ensemble de notre dispositif communicationnel, dans le but d’éviter les empilements d’outils. Il y a des efforts à faire et la communication ne doit pas être à l’écart de ces efforts. Mais il est hors de question que la communication soit sacrifiée. C’est dans ces moments difficiles qu’il faut faire encore plus de communication. »

Frédéric Sanchez, Métropole Rouen Normandie
« La recherche d’économies s’est accentuée et la direction de la communication fait l’objet d’une attention identique à celle portée aux autres services. Le budget du service de communication n’est pas forcément représentatif de l'ensemble des dépenses puisque d'autres acteurs du territoire communiquent également : l'office du tourisme, l'agence de développement… Nous sommes dans une phase de reconsolidation des budgets : nous invitons nos partenaires à collaborer entre eux dans un souci d'économies. Nous multiplions les mutualisations d'outils et d'actions ainsi que les partenariats. Sur notre communication propre, des économies ont été réalisées : le magazine ne paraît plus que neuf mois par an et son format a été optimisé. »

Anne Blanc, CC du Naucellois
« Nous sommes une petite intercommunalité et les moyens dédiés à la communication ne sont pas exorbitants. Nous sommes plutôt sur une communication de proximité à travers des réunions publiques, qui n'ont pas un coût très conséquent. Notre perspective est de maintenir le niveau de communication tel qu’il était auparavant, ce qui ne devrait pas demander des efforts considérables. Les principaux outils à gérer sont le bulletin communal, qui paraît une fois par an, et un site internet. Les coûts ont déjà été réduits puisque nous avons repris la gestion du site en interne. Le budget sera maintenu. »

Eric Kerrouche, CC Maremne Adour Côte-Sud
« La communication va souffrir au même titre que les autres services. »

Charles-Eric Lemaignen, CA Orléans Val de Loire
« La communication institutionnelle a vu son budget diminuer d’années en années, pour atteindre 360 000 euros en 2015. Cela crée des contraintes qui obligent à la créativité. La lettre de cadrage, en 2015, impose une baisse de 4 % mais nous avons choisi de n’abandonner aucun support mais d’effectuer plutôt des repositionnements. Par exemple, nous avons ré-étudié le format de notre magazine trimestriel. Nous avons opté pour un tiré à part à glisser dans le magazine mensuel de la ville centre (Orléans). Ce tiré à part est également mis à la disposition des habitants dans les 21 autres communes membres, en divers points de dépôt. Le contenu du magazine est aussi revu et adapté. En complément, le supplément loisirs/culture « Sortir à Orléans », inséré dans le magazine municipal d’Orléans intègre dorénavant les manifestations organisées au sein de toutes les communes de la communauté et non plus seulement celles d’Orléans.
La même approche a été adoptée pour les sites internet et Facebook Ville d’Orléans et de l’Agglo en cours de mutualisation. Nous essayons de repositionner les outils avec une logique de territoire, afin d’avoir une communication moins coûteuse et surtout plus lisible. »
 

L’une des solutions n’est-elle pas de parvenir à mutualiser les services, et notamment de la communication ?

Anne Blanc, CC du Naucellois.
« Aujourd’hui les services de communication ne sont pas mutualisés. Nous sommes dans une période de flou, mais si une commune nouvelle à l’échelle de l'actuelle intercommunalité est créée, une mutualisation importante des services sera mise en place.
La communication peut et devrait être mutualisée. Il faut pourtant aussi prendre en compte le contexte et les relations au sein des communes. Nous parlons ici de communautés qui ont peu de moyens : les agents sont très polyvalents ce qui peut entraîner parfois un défaut de compétences. Si nous mutualisons, nous pouvons spécialiser les agents avec comme résultats une meilleure efficacité et une meilleure cohérence à l’échelle du territoire. Si nous mutualisons a une échelle beaucoup plus large, nous pouvons éviter la sous-traitance et gérer nous-mêmes. La mutualisation permet de renforcer les liens entre les communes et l'intercommunalité. Si elle est bien menée, elle a beaucoup de vertu. »

Charles-Eric Lemaignen, CA Orléans Val de Loire
« En termes d’organisation de la direction de la communication, nous avons commencé par spécialiser chaque chargé de communication dans un domaine spécifique de politiques publiques. L’intérêt est d’avoir une communication centralisée, qui obéit à cette stratégie globale, mais aussi d’avoir des cadres de communication qui ont un minimum d’expertise, identifiés en interne et en externe. Cela permet une meilleure lisibilité pour les différents référents de services. Cette approche a parfois été compliquée à mettre en œuvre, notamment pour le domaine des déchets où le service disposait déjà d’une communication de terrain-outil. L’enjeu, pour la Dircom, était alors de montrer que le dispositif pouvait être utile aux autres services et aussi aux autres collectivités, en leur apportant une expertise en communication que parfois ils n’avaient pas. »

Frédéric Sanchez, Métropole Rouen Normandie
« Il n'y a pas de mutualisation des services communication de la ville centre et de la métropole. Cela a été évoqué, mais nous sommes face à une difficulté opérationnelle : Rouen compte 100 000 habitants pour une métropole de 500 000 habitants et doit légitimement faire face à ses besoins propres de communication. Il serait probablement difficile, au niveau de la métropole, de porter une attention particulière aux habitants de Rouen en terme de communication vis-à-vis des habitants des autres villes. »

Eric Kerrouche, CC Maremne Adour Côte-Sud
« Les communes membres de l’intercommunalité ont des identités très fortes : nous ne sommes pas suffisamment mûrs pour parler d’une même voix. Il n’y a donc pas de mutualisation prévue, ni de partage d’outils de communication. »
 

La communication ne devrait-elle pas s’appuyer plus fortement sur l’offre de services publics assurée par l’intercommunalité ? Mais en cette période où la baisse des financements risque de les remettre en cause, n’est-ce pas une difficulté supplémentaire ?

Anne Blanc, CC du Naucellois
« L'objectif est de maintenir les services de proximité à la population en évitant le plus possible la dégradation de l'offre. Il est même possible de renforcer la qualité des services en mutualisant. Nous allons veiller à rester très attentifs au maintien de la qualité de service que l’on apporte, mais ça ne veut pas dire qu'on ne va pas apporter de modifications aux services. Ce contexte va avoir des conséquences qu'il faut expliquer. Le pôle de communication va se concentrer sur cette mission. C’est un thème et un enjeu très fort. »

Jean-Marc Nicolle, CA Val de Bièvre
« L’identité de notre territoire se construira à travers la réalisation de grands projets, qui dépasseront la maille communale. Mais c’est aussi un territoire qui existera à travers ses équipements et ses offres de services. »

Charles-Eric Lemaignen, CA Orléans Val de Loire
« Si nous ne sommes pas capables de mutualiser et de faire des économies de fonctionnement, il est clair que d’ici trois à cinq ans nous devrons remettre en cause nos prestations en matière de services publics.
En ce qui concerne ces services publics, une stratégie globale a été mise en place qui est déclinée politique par politique et projet par projet, en parfaite complémentarité avec nos délégataires, pour travailler en cohérence la communication publique et la communication commerciale. Lorsque l’on parle de services publics, systématiquement, les notions de qualité de service et de proximité-réactivité sont toujours mises en exergue avec une charte graphique et des éléments de langage, des supports et une gestion du temps pour bien coller au projet. »

Eric Kerrouche, CC Maremne Adour Côte-Sud
« Il y a des compétences qui se prêtent assez bien à la communication au bénéfice de l’intercommunalité comme la promotion des ZAC, le pôle culinaire unique ou le ramassage des déchets. D’autres, comme la voirie souvent attribuée spontanément à la commune, sont moins visibles, et peuvent plus difficilement être mises en valeur.
Nous disposons de deux DSP. L’une portant sur le très haut débit et l’autre sur la piscine intercommunale. Pour cette dernière, la communication est gérée en commun avec le délégataire et nous essayons d’apparaître au maximum. C’est d’autant plus facile pour nous puisque l’équipement a beaucoup de succès. L’équipement est par ailleurs intégré dans la communication institutionnelle puisqu’il est un des motifs qui ont justifié l’intercommunalisation du territoire. Il fait partie du kit de communication. Pour le reste, nous avons choisi de garder une maitrise publique. »

Frédéric Sanchez, Métropole Rouen Normandie
« La communication sur les services publics locaux est un sujet très sensible. Nous avons clairement identifié le risque de perte de cohérence sur nos différents services et infrastructures et nous le prenons en considération très sérieusement. Par exemple, nous venons d'organiser le changement de nom de beaucoup de nos satellites pour qu’ils s’appellent tous « Rouen-Normandie » suivi de leur désignation spécifique.
Il y a un fort enjeu à ce qu’on identifie mieux les vecteurs d’intervention de l'intercommunalité. Que ce soit pour le Parc des expositions, le Zenith, la Salle 106 ou le Palais des sports, nous essayons de contrôler la communication, sans tomber dans la caporalisation. Ces structures qui fonctionnent en délégation de services publics (DSP), ont leur propre public. Mais les habitants doivent comprendre et identifier qu’elles entrent dans les stratégies de développement et d'aménagement de la métropole. Le travail de la Direction de la communication est donc de réguler la tension structurelle entre une forme d’autonomie des structures déléguées et notre objectif d'identification de la métropole. »
 

La communication porte-t-elle aussi la stratégie de développement économique de vos intercommunalités ?

Anne Blanc, CC du Naucellois
« En terme de communication, le développement économique est un sujet indispensable qui doit être traité et mis en avant, mais il n'est pas forcément un axe de travail prioritaire au vu de notre territoire et de son activité. Nous ciblons en premier lieu les entreprises implantées sur le territoire et très peu les entreprises extérieures, car nous nous appuyons beaucoup sur les structures départementales pour communiquer auprès de cette cible. »

Eric Kerrouche, CC Maremne Adour Côte-Sud
« Nous faisons preuve de volontarisme en matière de développement économique, avec la création de zones d’activités. C’est un enjeu important parce que nous sommes un territoire marqué par une croissance démographique extrêmement forte, qui doit s’accompagner par un développement économique en conséquence. »

Jean-Marc Nicolle, CA Val de Bièvre
« Une entente des communes sur la question économique a précédé la création de la structure intercommunale, avec pour but la valorisation du territoire. Nous nous sommes efforcés de mettre en place des infrastructures pour accueillir un tissu économique plus important. Nous accueillons aujourd’hui de grands groupes comme LCL et Orange. Nous avons créé des pépinières d’entreprises, ou des incubateurs pour pouvoir accompagner les porteurs de projets. C’est une mission forte assignée à la communication, avec des outils de communication très ciblés. »

Charles-Eric Lemaignen, CA Orléans Val de Loire
« Depuis le 15 janvier 2015, une démarche unique en France a été mise en place. Nous avons choisi de réunir sur un même site les équipes économiques de l’agglomération, du département, de l’agence économique du département, de la chambre de commerce et du Medef départemental.
Nous avons défini une marque de territoire, que l’on fait vivre avec des ambassadeurs et une unification des outils. Nous avons par exemple un magazine unique, commun à tous les acteurs de ce GIP. L’objectif est d’offrir une meilleure lisibilité aux entreprises et une image commune vis-à-vis de l’extérieur, en particulier dans les outils de prospection et les salons professionnels où les équipes se rendent désormais sous la même bannière. La marque a vocation à s’adresser à la fois aux habitants et entrepreneurs du territoire, mais aussi aux acteurs externes. Avec cette nouvelle démarche, nous sommes plus efficaces et c’est aussi beaucoup plus simple pour les entreprises.
Cette marque territoriale va bientôt être déclinée en matière de tourisme. Une charte d’usage a été élaborée avec pour vocation d’être utilisée dans d’autres secteurs. »

Environ une intercommunalité sur quatre a - ou va devoir - changé de nom. Comment abordez-vous cette question d’identité ?

Eric Kerrouche, CC Maremne Adour Côte-Sud
« En général, le nom de l’intercommunalité fait appel à la géographie locale ou met en avant une ville centre. Or, dans notre intercommunalité, nous avons trois villes centres : nous ne pouvions donc pas en faire prévaloir une. Nous avons choisi l’acronyme MACS (Maremme Adour Côte Sud), car il rappelle un prénom et qu’il y a une idée de max (maximum), qui induit le sens « plus ». Nous jouons sur le fait que l’acronyme MACS est plus amusant que certains autres acronymes. À l’intérieur du territoire, le terme a été plutôt bien accepté. »

Jean-Marc Nicolle, CA Val de Bièvre
« La réforme territoriale qui s’annonce va bouleverser notre territoire avec la création de la Métropole du Grand Paris le 1er janvier 2016. Nous allons passer du statut d’EPCI à celui de « territoire du Grand Paris ». Ce changement, majeur, va entrainer un nouveau travail d’affirmation du territoire. Si nous souhaitons rendre compréhensible la réforme et créer un attachement de la population à cette nouvelle structure, réfléchir à une nouvelle identité sera nécessaire, qui se positionnera entre celle de Paris et celles des différentes communes du territoire. »

Anne Blanc, CC du Naucellois
« Le périmètre de la communauté va évoluer et le nom de la communauté va changer également. Pour le moment, le périmètre n'est pas encore fixé, deux hypothèses sont examinées. Si la première hypothèse est choisie, le nom est déjà acté car il circule depuis très longtemps. Si la deuxième solution est adoptée, le nom fera peut-être l'objet d'une consultation. Dans tous les cas, il n'y aura pas de référence à la ville centre puisque nous avons plusieurs communes équivalentes et qu’il était impossible d'en faire prévaloir une sur les autres. Le nom de la nouvelle communauté s'inspirera donc davantage de l’identité économique, culturelle et géographique du territoire. »

Frédéric Sanchez, Métropole Rouen Normandie
« La Métropole Rouen Normandie est le nouveau nom que nous avons donné à la Créa (Communauté d’agglomération Rouen-Elbeuf-Austreberthe). Le nom Créa a extrêmement bien fonctionné pour les habitants du territoire. Nous avons effectué une enquête en septembre dernier et  90% des personnes qui reconnaissaient l'appartenance de leur commune à l'intercommunalité, identifiaient le nom de la Créa. Cela n’a donc pas été facile de décider d’abandonner ce nom…
Nous l’avons tout de même fait en considérant que le changement de nom marquait une étape : devenir une Métropole nous positionne dans la catégorie des grands territoires français. Le nouveau nom s'est imposé assez facilement en associant la ville centre, Rouen, à la Normandie qui offre un  rayonnement international. Ce nouveau nom est à la fois plus clair pour l’extérieur, mais au fond plus indéterminé pour les habitants car il peut induire une confusion avec le rôle d'autres acteurs comme la Région. D’autant plus que les services de la ville centre et de l'intercommunalité entrent dans un processus de mutualisation qui peut renforcer ce sentiment de confusion.
Je ne considère pas que le mot « métropole » doive être réservé aux seules intercommunalités qui bénéficient de ce statut. La loi ne doit pas conduire à des rigidités telles que nos collègues soient contraints à des évolutions sémantiques. Les territoires  concernés par cette question ne sont pas des territoires frontaliers avec des « vraies » métropoles : il n'y a donc pas de confusion directe.
Par ailleurs, le mot « métropole » suggère une réalité qui s’accorde mal avec la géographie. Il renvoie au fait urbain, alors que l’enjeu, en terme d'aménagement du territoire, est justement d’inventer un équilibre nouveau qui allie l’urbain et le rural pour une meilleure qualité de vie. Il est difficile à faire comprendre que la métropolisation est la constitution d’une communauté de destin entre urbains et ruraux. C’est pourtant ce concept d’aménagement nouveau que nous souhaitons réussir. »

Présentation des collectivités

La communauté de commune du Naucellois
Créée le 1er Janvier 2002, la communauté de communes du Nancellois se compose de dix communes autour de sa ville centre de Naucelle. Elle compte 5 566 habitants. La CCN se situe en Aveyron à mi-chemin entre Rodez et Albi.
Anne Blanc est présidente de la communauté de commune, maire de Naucelle et conseillère départementale PRG, élue le 29 mars 2015.

La communauté de communes Maremne Adour Côte-Sud (MACS)
La communauté de communes Maremne Adour Côte-Sud a été créée en 2002, et regroupe 23 communes pour une population de plus de 60 000 habitants. Située sur la côte Atlantique dans le sud-ouest du département des Landes, la communauté se structure autour de trois pôles : Saint-Vincent-de-Tyrosse, Soustons et Capbreton.
Éric Kerrouche est président de la Communauté de communes Maremne Adour Côte-Sud et maire-adjoint socialiste de Capbreton.

La communauté d'agglomération de Val de Bièvre
La communauté d'agglomération de Val de Bièvre regroupe sept communes du Val de Marne : Arcueil, Cachan, Fresnes, Gentilly, L’Haÿ-Les-Roses, Le Kremlin-Bicêtre, Villejuif, et compte 203 100 habitants. Elle est présidée par Jean-Jacques Bridey.
Jean-Marc Nicolle est vice-président de la communauté d'agglomération de Val de Bièvre, premier adjoint au Kremlin-Bicêtre, conseiller régional MRC d’Île-de-France. Délégué spécial auprès du Président de la Région Ile-de-France sur le Grand Paris.

La communauté d’agglomération Orléans Val de Loire
Initiée dès les années soixante, devenue en 2002, une communauté d’agglomération regroupant 22 communes, la communauté d’agglomération Orléans Val de Loire, compte 274 000 habitants.
Charles-Éric Lemaignen est président de la communauté d'agglomération Orléans Val de Loire depuis 2001, conseiller municipal délégué d'Orléans, conseiller régional UMP de la région Centre Val de Loire, et président de l'Assemblée des communautés de France (ADCF).

Métropole Rouen Normandie
La communauté d'agglomération Rouen-Elbeuf-Austreberthe (CREA) est devenue le 1er janvier dernier la Métropole Rouen Normandie rassemblant 71 communes et 495 000 habitants.
Frédéric Sanchez est président de la Métropole Rouen Normandie, maire de Petit-Quevilly, ancien premier vice-président du Conseil général de Seine-Maritime (2011-2015).

Faut-il vraiment mutualiser la communication ?

Article paru dans la newsletter Cap'Com n° 397 du 14 avril 2015

Bientôt toutes les intercommunalités disposeront d’un service communication. Le Baromètre de la communication intercommunale confirme cette tendance. Aujourd’hui toutes les agglomérations ont leur service communication et pas moins de deux tiers des communautés de communes. Même si un service peut ne compter que 3 personnes en moyenne, il est identifié et structuré.
 
Rien d’étonnant à cela. Les communautés ont pris de l’ampleur sous le coup des fusions et extensions qui ont bouleversé en cinq ans le paysage intercommunal. Le nombre des intercommunalités a baissé de 20 % et leur taille s’est fortement accrue passant en moyenne de 13 à 17 communes depuis 2010. Les services communication des communautés ont automatiquement gonflé par regroupement de services existants.
 
Mais pendant ce temps, la mutualisation entre le service communication de l’intercommunalité et ceux des communes membres est restée embryonnaire.
3 % des quelques 1900 communautés de communes et 7 % des 240 communautés d’agglomérations et métropoles annoncent être parvenues à mutualiser leur service communication. Autant dire moins d’une centaine de mutualisation. Un mouvement qui ne semble pas vraiment démarrer, selon le Baromètre, car guère plus de 10 % des intercommunalités disent envisager cette mutualisation.
 


 

Les communes restent attachées à leur identité

Pourtant voilà au moins deux décennies que le mouvement est encouragé. « Nous avons engagé le processus en 1990 », rappelle Vincent Nuyts, dircom de la ville et de la métropole de Brest, « et maintenant  100 % du personnel est métropolitain. Aucun agent du service n’est affecté à l’une ou l’autre des collectivités pour lesquels il travaille, nous avons même un logo unique marqué ville et métropole mais il reste deux budgets distincts. La métropole n'édite qu’un seul magazine qui comprend un encart ville de Brest, diffusé seulement sur la ville ».  
« Tout l’espace public est métropolitain », poursuit Vincent Nuyts, « mais les sept autres communes restent attachées à leur identité ; l’animation locale et l’information de proximité sont toujours de leur ressort ».
« Les communes membres de notre intercommunalité ont des identités très fortes : nous ne sommes pas suffisamment mûrs pour parler d’une même voix. Il n’y a donc pas de mutualisation prévue » avoue aussi Eric Kerrouche, président de la communauté de communes landaise de Maremne Adour Côte Sud.
 

Schéma d’intégration ou relations de coordination

Car la question est là. La mutualisation n’est qu’un schéma d’intégration du service de la ville-centre avec celui de l’intercommunalité. Il ne rend pas compte des relations qui se tissent avec l’ensemble des communes du même territoire attachées à leur identité.
Or la coordination institutionnelle entre l’intercommunalité et ses communes membres reste particulièrement faible. Dans deux tiers des communautés de communes, les services ne sont pas coordonnés du tout, même de manière officieuse. Dans la moitié des communautés d’agglomération cette coordination existe mais pratiquement toujours de manière officieuse. « Il n'y a pas de mutualisation des services de communication, mais une coordination est mise en place. Cela prend la forme de collaboration, d'échanges d’informations, de pages dans les magazines municipaux », explique Véronique Bonnard, directrice de la communication de la communauté d'agglomération d'Annecy.


 

La mutualisation d’outils est en effet plus répandue que la mutualisation des services. Plus d’un tiers des intercommunalités ont en commun au moins un outil de communication, le plus souvent le site Internet ou un événement qui touche tout le territoire. Une autre manière de mutualiser des outils est de les mettre à disposition des actions de communication des communes. Dans 62 % des intercommunalités, selon le Baromètre, le service communication apporte des aides concrètes à la communication de communes membres.
 

Des relations d’échange qui sont souvent très fructueuses

« La mutualisation n’est pas à l’ordre du jour au sein de la Communauté de Communes de Brocéliande », confirme Olivier Primault, son chargé de communication, « avec seulement deux personnes ayant un poste de communication au sein des neuf communes, nous cherchons simplement à apporter une aide à chaque commune par exemple en mettant des actualités communales sur le site internet de la communauté de communes. »
 

Pour Claire Trembley, directrice de la communication de la Communauté d’agglomération Ventoux-Comtat Venaissin à Carpentras, « c’est notre un réseau de correspondant communication qui permet de construire des actions communes. Dans chacune des 25 communes j’ai identifié la personne qui diffuse l’information et nous réunissons tout le réseau quatre fois par an. Maintenant nous avons un serveur partagé où nous pouvons rendre des documents facilement accessibles à tous ».

« La communication de la métropole est un service mutualisé avec la ville-centre », explique Laurent Riéra, dircom de la ville de Rennes et de Rennes métropole, « mais pour les 42 autres communes, c’est différent. Il serait inopérant d’imaginer une communication unique pour tout le monde. Pour autant, renforcer les liens avec les communes est un de nos chantiers pour les deux prochaines années. Nous souhaitons, par exemple, mettre en place une agence d’information pour proposer aux communes des contenus sous différents formats ».

C’est là, la particularité de la communication. Loin de la mutualisation, qui semble difficile, se construisent des relations d’échange et de coordination qui sont souvent très fructueuses mêmes si elles ne sont pas institutionnellement reconnues.
 
Un type de relations qui convient bien aux intercommunalités d’Île-de-France tant chaque ville y est importante et y a son identité. « Je réunis les communicants des onze villes du Plateaux de Saclay », raconte Eric Sieberath, directeur de cabinet de la communauté d’agglomération, « mais tous ne viennent pas. Mais le magazine du Plateau valorise beaucoup chacune des villes et nous travaillons à l’idée d’un mobilier urbain unique délégué collectivement ».
 
« Acheter en commun des prestations de communication », précise Vincent Nuyts, « est en effet une pratique fédératrice et économique ».  « Nous avons déjà coordonné la distribution des journaux sur le territoire des 11 communes, confirme Axèle Bureau, chargée de la communication de la communauté de communes d’Erdre et Gesvres, en Loire-Atlantique.
 

Vers des démutualisations ?

Loin des grands principes de la mutualisation, des liens se tissent, des collaborations s’établissent, des économies se dessinent. Et si ces rapprochements étaient moins factices et plus durables que la mutualisation des services. La question est à l’ordre du jour depuis les élections municipales. Car, en raison notamment de la visibilité accrue des élus communautaires, de nombreuses intercommunalités ont à leur tête un président qui n’est pas le maire de la ville-centre. Un binôme qui ne rend pas toujours facile l’existence d’une communication unique. Si certains élus comprennent que des services techniques ou supports soient mutualisés, il semble que pour la communication chacun souhaiterait dispose du sien. Un souhait qui semble assez évident à beaucoup de communicants connaissant la nécessaire proximité qu’ils doivent avoir avec leurs élus. Et le mouvement va plutôt vers la recherche d’autonomie que vers le renforcement de la mutualisation. N’en déplaise au ministère de la Décentralisation qui avait placé la communication dans les cinq services à mutualiser en priorité aux cotés des ressources humaines, de la commande publique, du service juridique et de l’informatique.

Finalement, c’est encore sur le terrain et au quotidien que se construisent les bonnes solutions.
 

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Peut-on communiquer sur les services publics délégués ?

Article paru dans la newsletter Cap'Com n° 399 du 18 mai 2015


Le Baromètre de la communication intercommunale a révélé que l’identité des territoires intercommunaux se construit d’abord par une communication autour des services publics. Mais ceux-ci sont souvent délégués et le délégataire affiche plus facilement son identité que celle de l’institution intercommunale. Sans entrer en guerre, ne faut-il pas se réapproprier la communication du délégataire?
L’offre de services apparaît comme la grande priorité de la communication des intercommunalités pour les prochaines années. Selon le Baromètre de la communication intercommunale, la communication sur les services publics de la communauté arrive en tête des priorités citées par 71 % des communicants interrogés, devant la promotion économique du territoire (69 % de citations). Si les communicants s’accordent pour mettre la dimension utilitaire (informations pratiques) de cette communication au premier plan (83 %), ils lui attribuent surtout des vertus plus stratégiques : cette offre de services concoure grandement à construire l’identité de l’intercommunalité.

La question de l’identité reste en effet centrale pour les intercommunalités. En 2013, elle concernait surtout les communautés de communes, pressées de se regrouper ou d’absorber de nouvelles communes pour achever la carte de France de l’intercommunalité. Aujourd’hui, selon le Baromètre de la communication intercommunale, les communautés d’agglomération sont aussi rattrapées par la question : 69 % d’entre elles déclarent que l’identité est l’un des sujets essentiels de leur communication en 2015.

Construire les piliers de l’identité par une communication sur les services

Or la communication sur les services publics contribue à construire les piliers de cette identité intercommunale. Pour 77 % des intercommunalités interrogées pour le Baromètre, la communication sur les services et les équipements publics utilisés par les habitants permet de faire reconnaître le périmètre du territoire intercommunal. Pour 68 % d’entre elles, cette communication permet aussi de délivrer des informations sur le projet communautaire et pour 68 %, elle contribue à créer une relation de confiance entre les élus et les usagers. Cette communication de services est, pour deux tiers des communicants des communautés, un moyen efficace pour susciter un sentiment d’appartenance au territoire intercommunal.

Un point pose néanmoins un problème : les services publics sont souvent délégués à un prestataire. Dès lors, la communication est souvent directement prise en charge par le délégataire. En effet, c’est le délégataire qui gère la communication sur le service public dans 86 % des communautés de communes et 68 % des communautés d’agglomération et métropoles.

Cette perte de maîtrise de la communication lorsque les services sont délégués affecte 60 % des communicants des communautés de communes et 90 % de ceux des communautés d’agglomération et métropoles. Résultat, seuls 55 % des communicants des intercommunalités estiment que la communication qu’ils conduisent sur les services publics et infrastructures utilisées par les habitants est clairement attribuée à l’intercommunalité.

Doit-on confier la communication au délégataire ?

Le Baromètre de la communication intercommunale révèle que dans 7 % des communautés, la communication sur les services publics et infrastructures en gestion déléguée (SEM, SPL, DSP…) se fait sans aucune référence à l’institution intercommunale. Dans un tiers des cas cette communication est faite par le délégataire qui identifie plus ou moins l’institution. Même si le délégataire conduit dans certains cas sa communication en y associant l’intercommunalité, son influence déterminante s’exerce au détriment de l’image et de l’identité de la communauté. Ce qui éclaire d’un nouveau jour une question essentielle : quand il y a délégation, doit-il y avoir aussi délégation de la communication ?

« Nous avons mis en place une démarche avec Hérault Transports afin que les bus soient identifiés Pays de Lunel », explique Dominique Bodet, directrice de la communication de la communauté de communes du Pays de Lunel. « Nous avons ainsi assemblé leur charte graphique et notre cahier de marque en ajoutant à leurs couleurs nos animaux ».

Même constat dressé par Mickaël Fouanon, directeur-adjoint Attractivité du territoire de la communauté d'agglomération du Pays de Flers. « La communication sur les services publics locaux est gérée au cas par cas ce qui pose quelques difficultés. Le centre aquatique, par exemple, est l’équipement phare du territoire : il est très apprécié par les habitants qui le connaissent sous son nom de Capfl’O. C’est un équipement communautaire qui gérait sa communication de façon indépendante. Aujourd'hui, il y a une volonté forte de la part des élus de faire comprendre que ce centre aquatique est géré par la collectivité. Mettre en avant à la fois l’offre de service et l’institution n’est pas un exercice simple : nous avons un vrai enjeu de visibilité de l’action publique ». Autre exemple, poursuit Mickaël Fouanon, « le prestataire qui gère notre réseau de bus n’offre pas ou peu de contreparties en matière de communication. Nous sommes invisibles, alors que c’est la collectivité qui finance ! Aujourd’hui, la tendance est à la reprise des services en régie directe, d’abord pour des raisons économiques. Mais avec ce fonctionnement, nous avons une meilleure maîtrise de la communication et de la promotion du territoire ».

Cohérence entre la communication publique et la communication commerciale des délégataires

Quand il y a délégation, comment s’assurer une certaine maîtrise de la communication sur le service public, se sont interrogés les participants de la journée d’étude de l’Adcf et du réseau Cap’Com lors de présentation du Baromètre, le vendredi 10 avril 2015 à Rennes. Les solutions passent autant par le contrat de délégation, qu’il n’est pas toujours évident de modifier, que par des négociations et propositions régulières pour parvenir à co-construire cette communication qui doit porter l’image et l’identité du territoire. Fort heureusement les élus sont aujourd’hui de plus en plus souvent convaincus de cette nécessité. Cette reprise en main de la communication sur les services délégués est en effet confirmée par de nombreux élus. « La communication sur les services publics locaux est un sujet très sensible car il faut que les habitants puissent comprendre et identifier que les délégataires entrent dans la stratégie de développement et d'aménagement de la métropole », explique Frédéric Sanchez, président de la métropole Rouen Normandie. « Nous devons travailler en cohérence la communication publique et la communication commerciale des délégataires », confirme Charles-Éric Lemaignen, président de la communauté d’agglomération de Orléans Val de Loire et président de l’AdCF.

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