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Carte blanche à Pierre Rosanvallon - Conférence d'ouverture Cap'Com 2010 | Cap'Com

Carte blanche à Pierre Rosanvallon - Conférence d'ouverture Cap'Com 2010

Analyse de la communication publique
Publié le : 
17 mars 2011

La représentation se trouve face à un problème de prise en compte des singularités. Il faut donc inventer une nouvelle forme de démocratie, au delà de la démocratie représentative et même de la démocratie participative, et aller vers une démocratie interactive. En ce sens, la communication est un échange. Elle ne doit pas se limiter à la transmission d'un message des élus aux citoyens. Elle doit s'attacher à faire remonter de manière permanente les attentes des citoyens. Les élus doivent être à l'écoute, ce qui est naturellement plus facile à l'échelon local qu'à l'échelon national. La démocratie se construit comme un mouvement permanent qui ne s'affirmera pas tant dans la perfection du processus électoral que dans la démultiplication des formes d'expression des citoyens.

Conférence d'ouverture proposée le 1er décembre 2010 en ouverture du Forum Cap'Com à Reims

Intervenants : Pierre Rosanvallon, professeur au Collège de France, directeur d’études à l’EHESS, fondateur de « la République des Idées »..

Contenu du document : interviews de Pierre Rosanvallon sur Radio Cap'Com et dans le journal du forum, retranscription écrite et photos, conférence en version audio.

Sommaire :

INTERVIEWS DE PIERRE ROSANVALLON

Interview sur Radio Cap'Com:

Interview dans le journal du Forum :

« La communication ne doit pas se limiter à la transmission d'un message »

Les élus locaux semblent moins touchés par la crise de confiance qui frappe les élites politiques nationales. Est-ce une question de proximité ?

La proximité est devenue une variable décisive de la légitimité politique. Le problème posé est celui de la visibilité de l'action publique. La légitimité est plus forte au niveau local non pas parce que le personnel serait plus vertueux qu'au niveau national mais parce que la visibilité est permanente. Cette permanence est un des attributs matériels des élus locaux.

Pourtant le taux de participation diminue à chaque élection, y compris locale. Pourquoi un tel rejet du processus électoral ?

La crise de la représentation repose sur deux éléments. Un élément classique selon lequel une partie de la population est oubliée par la représentation. Un élément nouveau selon lequel la société actuelle est plus complexe à représenter. Les attentes, les histoires personnelles sont extrêmement diversifiées. La représentation se trouve face à un problème de prise en compte de ces singularités. On doit donc inventer une nouvelle forme de démocratie, au-delà de la démocratie représentative et même de la démocratie participative, et aller vers une démocratie que j'appelle interactive.

Quelle est la place de la communication publique dans cet te démocrat ie interactive ?

La communication est un échange. Elle ne doit pas se limiter à la transmission d'un message des élus aux citoyens. Elle doit s'attacher à faire remonter de manière permanente les attentes des citoyens. Les élus doivent être à l'écoute, ce qui est naturellement plus facile à l'échelon local qu'à l'échelon national. La démocratie se construit comme un mouvement permanent qui ne s'af f irmera pas tant dans la perfection du processus électoral que dans la démultiplication des formes d'expression des citoyens.

On parle beaucoup de la responsabilité des élus et des médias. Quelle est celle des citoyens ?

Les citoyens doivent s'impliquer dans ce processus de communication. Attention, ce n'est pas parce qu'ils boudent les urnes qu'ils ne s'intéressent pas à la chose publique. L'élection ne résume plus la démocratie. L'enjeu réside plutôt dans la curiosité et l'attention que chacun porte à l'information et à la vie publique.

La bibliographie de Pierre Rosanvallon

  • L'âge de l'autogestion, Le Seuil, coll. Points politique, 1976, 246 p.
  • Pour une nouvelle culture politique (avec Patrick Viveret), Le Seuil, coll. Intervention, 1977.
  • Le Capitalisme utopique. Histoire de l'idée de marché, Le Seuil, coll. Sociologie politique, 1979 ; coll. Points Politique, n° 134, 1989 (sous le titre Le Libéralisme économique) ; nouvelle édition sous le titre initial, Points Essais, n° 385, 1999.
  • La Crise de l'État-providence,Le Seuil, 1981 ; Coll. Points Politique, 1984 ; Points Essais, n° 243, 1992.
  • Misère de l'économie, Le Seuil, 1983.
  • Le Moment Guizot, , Gallimard, Bibliothèque des sciences humaines, 1985.
  • La Question syndicale. Histoire et avenir d'une forme sociale, Calmann-Lévy, coll. Liberté de l'esprit, 1988 ; Nouvelle édition, coll. Pluriel, 1990 et 1998.
  • La République du centre. La fin de l'exception française, avec François Furet et Jacques Juilliard, Calmann-Lévy, coll. Liberté de l'esprit, 1988 ; nouvelle édition, Pluriel, 1989.
  • L'État en France de 1789 à nos jours, Le Seuil, L'Univers historique, 1990 ; coll. Points Histoire, 1993 et 1998.
  • Le Sacre du citoyen. Histoire du suffrage universel en France, Gallimard, Bibliothèque des histoires, 1992 ; Folio-Histoire, 2001.
  • La Monarchie impossible. Histoire des Chartes de 1814 et 1830, Fayard, Histoire des constitutions de la France, 1994.
  • Le Nouvel Âge des inégalités (avec Jean-Paul Fitoussi), Le Seuil, 1996 ; Points Essais, n° 376, 1998.
  • La nouvelle question sociale. Repenser l'État-providence, Le Seuil, 1995. Coll. Points essais, 1998 (2 éditions), ISBN 2-02-022030-X
  • Le Peuple introuvable. Histoire de la représentation démocratique en France, Gallimard, Bibliothèque des histoires, 1998 ; Folio-Histoire, 2002.
  • La Démocratie inachevée. Histoire de la souveraineté du peuple en France, Gallimard, Bibliothèque des histoires, 2000, Folio Histoire 2003es
  • Pour une histoire conceptuelle du politique, Le Seuil, 2003
  • Le Modèle politique français. La société civile contre le jacobinisme de 1789 à nos jours, Le Seuil, 2004 ; Points-Histoire, n° 354, 2006.
  • La contre-démocratie. La politique à l'âge de la défiance, Seuil, 2006 ; Points-Essais, n° 598, 2008.
  • La Légitimité démocratique. Impartialité, réflexivité, proximité, Le Seuil, 2008

RETRANSCRIPTION DE LA CONFÉRENCE

 

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