webleads-tracker

Des solutions pour une presse territoriale en mutation - 6e Rencontres nationales de la presse territoriale | Cap'Com

Des solutions pour une presse territoriale en mutation - 6e Rencontres nationales de la presse territoriale

Presse et publications territoriales
Publié le : 
11 juin 2015
Dans un contexte marqué par la réforme territoriale, les débuts de mandats, les contraintes budgétaires et l’évolution des outils numériques, la presse des collectivités territoriale est en mouvement. Véritables journées de formation et d'échanges entre professionnels, ces journées ont permisde prendre la mesure des changements que connaît actuellement la presse territoriale et de travailler à l'évolution de sa publication.

6e Rencontres nationales de la presse territoriale sur le thème « Des solutions pour une presse territoriale en mutation » organisé par Cap'Com les 18 et 19 juin 2015 à Metz

Voir les photos des Rencontre sur Flikr

Sommaire :

PROGRAMME COMPLET DES RENCONTRES

Consultez le programme des 6e Rencontres nationales de la presse territoriale
 

Analyse : Les grandes tendances de la presse territoriale

Intervenant : Bernard Deljarrie, délégué général de Cap’Com

Un regard sur les évolutions actuelles des journaux de collectivités à partir des dernières enquêtes Cap’Com et d’un questionnaire mené auprès de 40 responsables communication et rédacteurs en chef.
 

Écouter l'analyse :

 

Bien articuler le journal papier et sa déclinaison web

Conférence : Le journal en ligne : quelles formes pour quels objectifs ?

Intervenants : Thomas Nardone, directeur associé de l’agence Ultramédia, consultant éditorial et Camille Nagyos, directeur associé de l'agence Ultramédia

La mise en ligne du journal est incontournable. Mais sous quelle forme ? E-magazine, PDF feuilletable, articles sur le site web… quels sont les dispositifs possibles ? À quels objectifs répondent-ils ?
 

 

Écouter la conférence :

Compte-rendu de la conférence d'ouverture

85 % des français utilisent la presse territoriale pour s’informer au niveau local. Si celle-ci représente 10 % des tirages de la presse française, c’est aussi un média en pleine mutation. Retour sur les tendances et les pratiques à adopter pour communiquer sur supports numériques.
L’ère des nouvelles technologies amène les collectivités locales à s’interroger sur les moyens à mettre en œuvre pour développer leur présence sur le web. Si la plupart se sont d’ores et déjà orientées vers une communication cross média en dupliquant l’information territoriale papier au format numérique, toutes se questionnent encore sur les façons d’adapter leur contenu sur la toile afin d’en tirer une réelle valeur ajoutée. Un enjeu qui s’inscrit dans une problématique d’ordres technique et organisationnel.
Afin d’apporter les solutions à cette mutation, l’agence de conseil en communication éditoriale Ultramédia présente les raisons de s’orienter vers le web ainsi que les pratiques dont il faut user pour réussir son magazine territorial en ligne.

Une consommation croissante sur supports mobiles
C’est un fait, aujourd’hui plus d’un français sur deux est équipé d’un smartphone. Une statistique en pleine croissance qui prévoit que 75% de la population de l’hexagone sera à même de consommer de l’information sur support mobile en 2018. Thomas Nardone et Camille Nagyos, directeurs associés d’Ultramédia encouragent « la presse territoriale à s’adapter en créant des conditions favorables à cette mutation, tout en réfléchissant à une stratégie d’information plus générale qui prenne en compte les atouts de chaque support de communication. »
 

Adapter son contenu pour le web : mode d’emploi
Pour ce faire deux options s’offrent aux collectivités. Elles peuvent choisir d’adapter leur contenu papier sur le net, ou bien de créer leur propre magazine 100% digital.

  • Capter l’attention des internautes

« Les lecteurs ne lisent pas les articles sur le web, ils les scannent »
Ce constat de Jakob Nielsen, chercheur américain dans le domaine de l'ergonomie informatique et de l'utilisabilité des sites web amène à se familiariser avec des pratiques destinées à favoriser la lecture de contenus sur le web. Il s’agira de mettre en avant les mots clés en gras, d’user de listes à puces et de titres « accrocheurs ».

  • Tirer profit des atouts du digital :
    • Le web va permettre de développer une richesse éditoriale en variant les types de contenu afin d’illustrer les articles publiés avec des vidéos ou des contenus sonores.
    • L’instantanéité est un atout irrévocable du web. Les collectivités peuvent ainsi publier des contenus en temps réel grâce à une mise à jour de l’actualité récurrente.
    • En créant des espaces d’expression ou d’engagement (forums, tribunes libres ou commentaires) les collectivités peuvent favoriser la participation des internautes et susciter leur intérêt pour les actions menées sur le territoire. Il faut néanmoins être prudent en mettant cet outil à disposition, avec la mise en place d’une modération.
    • Inciter les lecteurs à partager et recommander des contenus par le biais des réseaux sociaux augmente la viralité des contenus de la presse territoriale.

Adapter son organisation
Envisager de diffuser l’information territoriale sur le web c’est aussi savoir :

  • Formaliser le rôle de chacun

En amont d’une stratégie éditoriale sur le web il est primordial de se demander et de préciser qui conçoit, qui produit, qui valide et qui diffuse l’information.

  • Anticiper les traitements des sujets

Le comité éditorial des collectivités doit prendre en compte la diffusion des contenus sur les supports print et web en établissant une liste des sujets en fonction des canaux de diffusion. Certains contenus seront peut-être diffusés sur le web mais pas sur papier et inversement.

  • S’adapter sur le terrain

Les journalistes territoriaux doivent optimiser le recueil de l’information en prévoyant le matériel adéquat permettant de recueillir des écrits, du son et des vidéos.

Optimiser son contenu en ligne
Selon les intervenants de l’agence Ultramédia « Le format pdf n’est pas faire pour la lecture sur le web ». Il faut donc innover et :

  • Adapter son contenu aux différents supports web

L’utilisation et l’affichage d’une interface sur le web n’est pas la même selon la taille des écrans. Un lecteur appréciera que l’information soit adaptée selon le support utilisé que ce soit un écran d’ordinateur, un smartphone ou une tablette.

  • Des interfaces ludiques et interactives
    • Selon le principe de sérendipité, les informations qui paraissent sur un même site web doivent être liées entre elles afin d’amener les lecteurs venus chercher une information d’en consulter une autre.
    • La valorisation l’image et des vidéos permettra d’attirer l’œil du lecteur et de rendre le contenu plus vivant.

Une stratégie de promotion efficace
Afin de diffuser au mieux son contenu sur la toile il est primordial d’adopter quelques outils et pratiques que sont :

  • Les réseaux sociaux en publiant soi-même les contenus d’information sur son propre réseau (Facebook, Twitter…), ou en intégrant des boutons de partage en annexe des articles publiés sur son site.
  • Les newsletters permettent d’informer régulièrement les lecteurs abonnés des dernières actualités publiées sur le site. Il est conseillé de donner la possibilité aux internautes de s’abonner aux newsletters en prenant en compte leurs centres d’intérêt.
  • Les sites web des collectivités doivent permettre de faire la promotion des contenus en les mettant en exergue sur la page d’accueil.
  • Une stratégie de webmarketing permet de référencer au mieux son webzine sur les moteurs de recherche (Google, Bing…) en sélectionnant les mots-clés les plus efficaces pour les intégrer au cœur des contenus.

Les avantages du magazine en ligne
L’efficacité du magazine en ligne peut être mesurée statistiquement en évaluant la popularité des contenus publiés en temps réel, la fidélisation des lecteurs ou le nombre de pages vues.
Une chose est sûre, la mutation du print vers le numérique est bien en marche, encore faut-il savoir quelles pratiques seront le plus adaptées aux communications publiques.

Compte-rendu rédigé par Romain Gouleau
Etudiant en Master Création de projets numériques, Université Lorraine de Metz

 

Expérience : Gre.mag le magazine bi-média de la ville de Grenoble

Intervenant : Isabelle Touchard, rédactrice en chef du magazine de la ville de Grenoble

Complémentaires, Gre.mag et Gre-mag.fr sont les deux nouveaux supports d’information de la ville de Grenoble. Comment s’articulent les contenus entre la publication papier et le webzine ? Comment Gre-mag.fr est-il pensé à côté du site institutionnel ?
 

Un site web grenoblois dédié à l’actualité territoriale

La Ville de Grenoble a bien saisi l’intérêt de publier l’information sur le web et, dans ce cadre, fait appel à des journalistes et rédacteurs indépendants. Sa communication est orientée sur 3 supports multimédias. Gre.mag est un magazine territorial papier et bimestriel « que l’on a voulu complètement décalé avec des parties information, décryptage et découverte, alimentées par des articles courts n’excédant pas 3 600 signes » précise la rédactrice en chef Isabelle Touchard. gre-mag.fr se présente comme un webzine dédié à l’actualité grenobloise visant à mettre en avant les acteurs de la vie de la ville de Grenoble. Les articles du support papier y sont davantage développés. Le site est alimenté par différents médias que sont des vidéos, des contenus audios, des diaporamas, des dessins ou des infographies, chaque magazine papier y est également téléchargeable au format numérique. La Ville de Grenoble a fait le choix de favoriser les interactions avec les citoyens en leur permettant de publier des commentaires modérés par le webmaster du webzine. À ces deux supports s’ajoute grenoble.fr, site web institutionnel renvoyant vers l’actualité de gre-mag.fr en complément des rubriques consacrées à la vie quotidienne et à la vie municipale. « grenoble.fr a permis de développer la notoriété de notre webzine, c’est un moyen d’établir une passerelle entre le site institutionnel et celui dédié à l’information. Notre stratégie de communication sur le web nous a permis de cibler une population de moins de 25 ans » souligne Isabelle Touchard.

Compte-rendu rédigé par Romain GouleauCompte-rendu rédigé par Romain Gouleau
Etudiant en Master Création de projets numériques, Université Lorraine de Metz

Écouter l'intervention :

 

Expérience : Le système d'information de la ville de Metz : fusion des rédactions print et web

Intervenant : Pierre Logette, directeur de la communication de la ville de Metz

Malgré l’essor du numérique, de nombreuses rédactions traitent séparément le print et le web. À l’occasion de la refonte de son magazine, la ville de Metz a mis en place une redaction unique. Comment s’organise-t-elle et comment traite-t-elle l’information multicanale ?
 

Une organisation adaptée au web à Metz

De son côté la Ville de Metz établit sa stratégie de communication sur le web en interne. Afin de diffuser son information sur le magazine municipal Metz’Mag, un journaliste a été embauché en 2014. « Il est le numéro 2 à la direction de la communication en étant responsable et chargé de la diffusion des contenus d’informations publiés sur papier et sur le site web metz.fr » indique Pierre Logette le directeur de la communication de la Ville de Metz. En interne, une réunion éditoriale a lieu chaque semaine entre le rédacteur en chef et les chefs de projets de la direction de la communication qui eux, rédigent des articles pour chaque support. Cette réunion détermine les contenus à mettre en ligne sur le site web municipal. Une réunion mensuelle planifie quant à elle le sommaire de Metz’Mag et les articles qui paraîtront sur chaque support.

Si l’information publiée sur le magazine papier traite des évènements, de l’actualité des quartiers, des services publics et d’informations pratiques, le site web municipal, en pleine refonte, est davantage consacré à guider les Messins dans les services publics proposés par la Ville. Et ce en conservant un intérêt pour la diffusion de l’information territoriale, avec la duplication des articles parus dans le magazine et la diffusion d’une actualité territoriale pérenne. Il met également à disposition des outils numériques adaptés à la découverte de la ville comme la rubrique Webcams qui permet aux internautes de visionner en temps réel les points stratégiques de la ville Metz. L’application web Infos Travaux vise à informer les usagers de l’état travaux effectués sur la voirie en temps réel. Le site web de la Ville de Metz détient aussi la particularité de mettre en ligne les contenus audios des séances de conseils municipaux.

Compte-rendu rédigé par Romain Gouleau
Etudiant en Master Création de projets numériques, Université Lorraine de Metz

Écouter l'intervention :

Décryptages d'expériences

Expérience 1 : Comprendre le systèmes de lecture pour mieux construire sa maquette

Intervenants : Corinne Da Costa, directrice Conseil et Etudes des médias et Johan Claire, ingénieur d'études à l'ERPI - Université de Lorraine, proposera une démonstration d'eye tracking en fin d'atelier

Que ce soit pour la presse magazine générale ou pour la presse des collectivités, les habitudes de lecture sont les mêmes. Comment en tenir compte ? Une analyse des journaux apportés par les participants et les lauréats du Prix de la presse territoriale, pour mieux saisir le fonctionnement des lecteurs et assurer une mise en page impactante de son journal.

Quelques conseils donnés par Corinne Da Costa lors des échanges avec la salle :
 
La couverture est importante : il ne suffit pas que le journal posé sur la table de salon, il faut donner envie de l’ouvrir. Il importe de donner à ses équipes des instructions de mise en forme des contenus afin de s’assurer qu’ils atteignent leurs cibles.
 
Le rubricage est souvent mouvant d’un numéro à l’autre. Conserver les grandes lignes et les mêmes noms de rubriques est une bonne chose, même si on se permet les « accidents de contenu ». Il est important d’avoir une ligne éditoriale qui rassure le lecteur. Dans les news magazines, ce sont les rubriques fortes ou les signatures qui fidélisent le lecteur, notamment l’été quand l’actu est moins présente.
 
Il y a un rythme dans la lecture du magazine. L’idéal c’est d’avoir un rythme fort / faible – fort / faible. Par exemple, il faut avoir en tête le fait que plus de 40 % des gens commencent par la fin. Il y a toujours des rubriques assez fortes en fin de magazine, et l’on ne peut donc pas se permettre d’être trop faible en fin de magazine.
 
Concernant le changement de titre, il faut du temps pour que cela s’installe. Aussi, il est important de laisser le temps de la mémorisation avant d’en faire d’éventuelles déclinaisons.
 
On est actuellement sur une tendance qui joue sur les typographies, les corps, le surlignage et la graisse. La typographie doit rompre la monotonie.

 

Expérience 2 : Coordonner les publications d'un même territoire : est-ce possible ?

Intervenants : Bernard Deljarrie, délégué général de Cap'Com - Anne Premel, directrice de la communication de Metz Métropole - Pierre Logette, directeur de la communication de la ville de Metz

Un seul et même habitant reçoit plusieurs journaux de collectivités : ville, agglomération, départements, région ... Quand bien même les institutions et leurs supports reflètent des projets différents, n’y aurait-il pas des modes d’organisation et de coordination à mettre en place pour mutualiser certaines prestation et faire des économies ? Réflexion collective.

 

Expérience 3 : Ouvrir son journal à la publicité

Ouvrir son journal à la publicité permet d’en financer une partie. Comment s’y prendre ? Faut-il gérer la publicité en interne ou externaliser ? Quels sont les avantages et les risques d’une régie publicitaire ? Au delà des questions financières, la publicité n’est-elle pas un moyen de valoriser le territoire et ses acteurs ?

Depuis 2014, parmi les objectifs de la nouvelle majorité on retrouve :
- Des impératifs budgétaires
- Une nouvelle ligne éditoriale de proximité
- Des relations à développer avec les commerçants de la ville

En matière de financement des publications territoriales, la ville de Vernouillet dans les Yvelines illustre bien l’articulation entre nécessité et volonté politique. Le choix d’ouvrir le magazine à la pub n’est jamais simple. Les élus sont souvent réticents. « Nous avons donc accueilli - le mot est important - la publicité dans notre support, raconte Clémentine De Layre, responsable de la communication de la ville. Notre trimestriel est entièrement financé de cette manière, soit un budget de 14 000 € pour 4 numéros par an. » Mais si l’impact se révèle vertueux pour les finances locales, la démarche a d’abord été pensée comme un moyen de renforcer une ligne éditoriale axée sur la proximité et de développer de meilleures relations entre la ville et les commerçants. « La pub a été une manière de les valoriser. Du coup ils acceptent de diffuser Le Vernolitain dans leur commerce. Nous avons même créé une semaine des commerçants pour établir une relation suivie avec eux. »
 

Quant à la question du financement des publications territoriales, c’est la ville de Vernouillet dans les Yvelines qui illustre le mieux l’articulation entre nécessité et volonté politique. Le choix d’ouvrir le magazine à la pub n’est jamais simple. Les élus sont souvent réticents. « Nous avons donc accueilli - le mot est important - la publicité dans notre support, raconte Clémentine De Layre, responsable de la communication de la ville. Notre trimestriel est entièrement financé de cette manière, soit un budget de 14 000 € pour 4 numéros par an. » Mais si l’impact se révèle vertueux pour les finances locales, la démarche a d’abord été pensée comme un moyen de renforcer une ligne éditoriale axée sur la proximité et de développer de meilleures relations entre la ville et les commerçants. « La pub a été une manière de les valoriser. Du coup ils acceptent de diffuser Le Vernolitain dans leur commerce. Nous avons même créé une semaine des commerçants pour établir une relation suivie avec eux. » - See more at: http://www.cap-com.org/content/la-presse-territoriale-reaffirme-son-posi...
Quant à la question du financement des publications territoriales, c’est la ville de Vernouillet dans les Yvelines qui illustre le mieux l’articulation entre nécessité et volonté politique. Le choix d’ouvrir le magazine à la pub n’est jamais simple. Les élus sont souvent réticents. « Nous avons donc accueilli - le mot est important - la publicité dans notre support, raconte Clémentine De Layre, responsable de la communication de la ville. Notre trimestriel est entièrement financé de cette manière, soit un budget de 14 000 € pour 4 numéros par an. » Mais si l’impact se révèle vertueux pour les finances locales, la démarche a d’abord été pensée comme un moyen de renforcer une ligne éditoriale axée sur la proximité et de développer de meilleures relations entre la ville et les commerçants. « La pub a été une manière de les valoriser. Du coup ils acceptent de diffuser Le Vernolitain dans leur commerce. Nous avons même créé une semaine des commerçants pour établir une relation suivie avec eux. » - See more at: http://www.cap-com.org/content/la-presse-territoriale-reaffirme-son-posi...

Expérience 4 : À contre-courant : le nouveau magazine de la ville de Mulhouse

Intervenants : Orlane Jauregui, directrice de la communication de Mulhouse Alsace et Marc-Antoine Vallori, responsable de la rédaction du magazine M+

À contre-courant des tendances actuelles, le nouveau journal de la ville de Mulhouse augmente sa périodicité, change son mode de distribution et fournit une information produite par des contributeurs extérieurs à la municipalité. Décryptage de ce projet innovant.

Écouter l'intervention :

Visionnez M+ ici ou retrouvez toutes les informations sur mplusinfo.fr

Expérience 5 : Articuler les publications internes et externes

Intervenants : Olivier Claye, rédacteur en chef du magazine "six-deux coeur" et Sylvia Grandgirard, chef de projet chez Magazine

Pour la majorité des collectivités, les publications internes et externes sont dissociées. Or la communication commence par l’interne. Pour mieux coordonner ses communications, le Département du Pas-de-Calais a choisi d’articuler les contenus de ses publications.

Petites communes : dépasser la feuille de chou

La majorité des collectivités, même les plus petites, sont dotées d’un journal d’information. Comment réaliser, choisir et traiter les contenus avec peu de moyens humains et financiers ? Imaginatif et professionnel, Tam Tam, le bulletin de la commune d’Andelot-Morval, invite à repenser les choses et montre qu'il est possible de faire de sa "feuille de chou" un outil de communication structurant avec peu de moyens humains et financiers. À l'unanimité, les membres du jury du 17e Prix de la presse territoriale ont salué cette démarche qui éclaire celles de bien d'autres collectivités. Décryptage de Tam Tam, le lauréat du Grand Prix 2015 de la presse territoriale avec Pierre Gilbert, maire de la commune d'Andelot - Morval, les rédacteurs bénévoles du journal et Didier Rigaud, rapporteur général des jurys du Prix de la presse territoriale.

>> Fiche détaillée de la publication

Écouter l'intervention :

 

Article de la newsletter Cap'Com : La presse territoriale réaffirme son positionnement politique (25 juin 2015)

Les solutions proposées par les communicants pour faire évoluer les magazines territoriaux étonnent par leur diversité. Très liées à la réalité de chaque territoire, elles traduisent des choix de communication structurants et ancrent fermement la presse territoriale dans la stratégie politique de la collectivité. Retour sur deux jours de débats aux Rencontres de la presse territoriale 2015 de Metz.

Face aux contraintes qui sont les mêmes pour tout le monde, les solutions sont multiples. On pourrait même dire que ça part dans tous les sens. Loin de conforter les tendances attendues - toujours moins de texte et plus d’images, moins de papier et plus de web - les échanges qui se sont tenus à Metz lors des Rencontres nationales de la presse territoriale ont montré une diversité d’approches pour satisfaire à l'équation budgétaire tout en répondant aux attentes d’information des habitants. La centaine de communicants publics, rédacteurs en chefs et journalistes territoriaux réunis pour réfléchir aux mutations de la presse des collectivités locales ont présenté des approches ancrées dans des réalités territoriales. L’articulation entre journaux municipaux et intercommunaux en est un exemple frappant. Lorsque les collectivités sont très intégrées, les publications peuvent être fusionnées. Moins évidente mais astucieuse est la solution présentée par Orléans : l’agglomération produit un 4 pages encarté dans le magazine de la ville centre et diffusé en libre service dans les autres communes. Dans de nombreux cas où les publications sont distinctes, au même titre que les projets politiques des exécutifs, l’ordre des choses veut qu’on ne diffuse pas les magazines au même moment. Des fois qu’on les confonde. Mais réflexion faite, ce souverain poncif pourrait bien abdiquer. La rationalité économique y est pour beaucoup - mutualiser la distribution réduirait significativement le second poste de dépense après l’impression - mais le facteur clé est plus indigène : il faut que les dircoms locaux s’entendent bien.
 

Le politique au cœur du projet éditorial

L’enseignement principal des rencontres de Metz se trouve être un mouvement de fond qui traverse la presse territoriale depuis les dernières élections. Le magazine de la collectivité se positionne comme l’outil structurant d’une stratégie globale de communication, un outil plus que jamais conçu au service d’un projet politique, au sens noble du terme s’entend. Trois exemples illustrent ce constat. Tam Tam, le nouveau journal d’Andelot-Morval, une commune de 90 habitants dans le Jura, sacré Grand Prix de la presse territoriale 2015, est un outil au service de l’engagement citoyen. Les habitants sont partie prenante de la pédagogie de l’action municipale à travers un comité de rédaction ouvert : les apéros Tam Tam. Et le journal crée une dynamique participative qui se décline dans des rendez-vous citoyens. « Je souhaite que la vie du village soit une construction collective, a expliqué le maire, Pierre Gilbert, en recevant son trophée, et Tam Tam a pour vocation de porter ce projet. C’est aussi un moyen de matérialiser l’identité de notre commune et de porter l’image de la ruralité positive, de l’action de proximité, de l’énergie qu'investissent les gens dans la vie locale. C’est important à un moment où la réforme territoriale tend à nous effacer dans de grands ensembles. »
 
À une autre échelle, Grenoble a repensé son magazine Gre-Mag dans un stratégie bi-média : un bimestriel papier complété par un webzine porté par un site dédié gre-mag.fr complémentaire au site institutionnel. Plus dense que la précédente publication, il donne la parole à part égale aux élus et aux habitants. Le projet éditorial porte le projet politique participatif d’Éric Piolle, le maire écologiste élu en 2014. La place du débat au sein du journal devrait se renforcer : l’édito pourrait bientôt être signé par les adjoints et les colonnes devraient être ouvertes à l’expression contradictoire. « Nous assumons l’expérimentation, a expliqué Isabelle Touchard, rédactrice en chef du magazine, ancienne et nouvelle formule. Nous adaptons la maquette au fil des numéros et faisons évoluer le projet éditorial au fur et à mesure. » À noter que la rupture a été symboliquement marquée avec le mandat précédent : la numérotation est repartie de zéro.
 
Quant à la question du financement des publications territoriales, c’est la ville de Vernouillet dans les Yvelines qui illustre le mieux l’articulation entre nécessité et volonté politique. Le choix d’ouvrir le magazine à la pub n’est jamais simple. Les élus sont souvent réticents. « Nous avons donc accueilli - le mot est important - la publicité dans notre support, raconte Clémentine De Layre, responsable de la communication de la ville. Notre trimestriel est entièrement financé de cette manière, soit un budget de 14 000 € pour 4 numéros par an. » Mais si l’impact se révèle vertueux pour les finances locales, la démarche a d’abord été pensée comme un moyen de renforcer une ligne éditoriale axée sur la proximité et de développer de meilleures relations entre la ville et les commerçants. « La pub a été une manière de les valoriser. Du coup ils acceptent de diffuser Le Vernolitain dans leur commerce. Nous avons même créé une semaine des commerçants pour établir une relation suivie avec eux. »
 

Une dynamique à contre courant

Lorsque la réflexion est poussée au bout, le résultat peut être tout à fait déroutant. M+ le nouveau magazine de Mulhouse, dont le premier numéro est sorti le 11 juin dernier, prend à revers toutes les tendances actuelles de la presse territoriale. Un hebdo de 16 pages, conçu comme un gratuit type 20 Minutes, appuyé sur un site dédié mplusinfo.fr. Il se consacre à l’actu du territoire, donne la parole aux habitants mais pas aux élus. Commun à la ville et à l’agglomération, il est diffusé en libre service dans 90 points du territoire. « Nous avons renoncé au toutes boîtes, qui n’est plus adapté à la demande d’information des habitants, au profit d’un dispositif plus dynamique, précise Orlane Jauregui, dircom de Mulhouse, qui a porté le projet avec les élus. Et nous l’avons fait à budget constant entre l’ancien et le nouveau dispositif. » L’expérience sera suivie de près. Elle prouve déjà que la presse territoriale, loin de se perdre dans des archétypes poussiéreux, reste un secteur dynamique et, à en croire les participants aux rencontres de Metz, stimulant.

Article rédigé par Florent Bonnetain

Évaluer ce document: 
0