webleads-tracker

Inscription sur les listes électorales : une communication à repenser | Cap'Com, Le réseau de la communication publique et territoriale

Inscription sur les listes électorales : une communication à repenser

créé le : 
01/06/2016

Pour promouvoir l’inscription sur les listes électorales, l’AMF et Cap’Com ont présenté lors du Congrès des maires 2016 un dispositif de soutien aux communes. En prévision des élections présidentielle et législatives de 2017 et alors que la réforme des modalités d’inscription est engagée, une meilleure information doit être assurée notamment auprès des publics mal inscrits. Un kit et un clip à découvrir.

Un électeur sur quatre risque de ne pas pouvoir voter aux élections présidentielle et législatives de 2017. Face à ce constat, l’Association des maires de France et le réseau Cap’Com des communicants publics et territoriaux ont décidé de mobiliser les élus et d’aider les communes à assurer une information favorisant l’inscription sur les listes électorales.
 
Avec l’appui de l’Institut d’études politiques de Saint-Germain-en-Laye, dirigé par Céline Braconnier, sociologue, spécialiste de la participation électorale, et avec le soutien de JCDecaux, les maires et leurs services communication disposeront d’une aide pratique pour construire une communication efficace et ciblée afin de toucher les personnes mal ou pas inscrites sur les listes électorales et les inciter à faire la démarche nécessaire. Une incitation qui va accompagner l’adoption de la proposition de loi rénovant les modalités d’inscription sur les listes électorales. Le texte actuellement examiné par l’Assemblée Nationale prévoit que l’inscription pourra se faire non plus dans la limite du 31 décembre de chaque année mais jusqu’à 30 jours avant chaque scrutin.

Un clip numérique et un kit de communication

Le dispositif de mobilisation comprend un clip numérique et un kit de communication. Le clip, lancé à l’occasion du Congrès des maires le 1er juin et déjà repris sur les réseaux sociaux, vise à expliquer aux élus et aux acteurs publics la problématique de la mal-inscription et à les inciter à conduire des actions de communication plus efficaces. Le kit, disponible en septembre sur le site de Cap’Com, comprendra un argumentaire, des recommandations, des propositions de messages et des visuels librement réutilisables par les collectivités pour informer le grand public.
 


« L’éloignement du processus électoral concerne 25 % du corps électoral, soit 11 millions d’électeurs potentiels qui ne sont plus inscrits ou qui restent inscrits dans une autre commune que celle de leur résidence », explique Céline Braconnier. L'inscription sur les listes électorales est, pour chaque citoyen, une obligation posée par l’article L. 9 du code électoral. L’inscription est automatique à la majorité, depuis 1997, ce qui permet une première inscription de près de 90 % des jeunes. Mais ensuite, dès qu’il y a un changement de domiciliation, la procédure d’inscription est volontaire. Chaque année, La Poste recense près de 3 millions de foyers qui emménagent dans une nouvelle commune et seul un électeur sur cinq se réinscrit dans l’année.

La proposition de loi rénovant les modalités d’inscription sur les listes électorales (N° 3336), actuellement examinée par l’Assemblée nationale dans le cadre d’une procédure accélérée engagée par le Gouvernement, confie au maire la compétence de l’inscription et de la radiation des électeurs sur la liste électorale de sa commune. Elle supprime le caractère annuel de la révision de la liste, qui oblige aujourd’hui à s’inscrire au plus tard le 31 décembre de chaque année. Le texte instaure à la place une révision permanente des listes électorales et permet à tout électeur de s’inscrire au plus tard 30 jours avant chaque scrutin.
 
Cette modernisation de la procédure d’inscription va permettre de conduire des actions de communication dans des délais moins contraints et de mieux informer pour s’attaquer à l’abstention des mal-inscrits.
  
Beaucoup d’électeurs, parmi lesquels sont surreprésentées les personnes les plus mobiles - jeunes, cadres, urbains, familles dont la composition évolue - ne se réinscrivent pas sur la commune de leur nouveau lieu de résidence car ils pensent être automatiquement réinscrits. Ils n’ont pas connaissance ou pas compris la procédure de réinscription, ils sont freinés par une démarche spécifique en mairie, ils ont raté la date de clôture des inscriptions ou ils estiment n’être que provisoirement installés. Cela concerne 11 millions de citoyens.
 
Au-delà de la campagne nationale, c’est principalement l’information que les communes diffusent qui appelle les électeurs à s’inscrire sur les listes électorales.

Mieux informer les habitants, plus systématiquement

L’information diffusée dans les bulletins municipaux et par affichage sur les panneaux municipaux et le mobilier urbain peut être davantage compréhensible et plus mobilisatrice. « Mais surtout, constate Bernard Deljarrie, délégué général de Cap’Com, l’information peut s’accompagner d’une aide à l’inscription donnée en amont et systématiquement dans tous les contacts et lieux d’accueil du public ».
Les nouveaux habitants doivent être systématiquement informés lors de leur venue en mairie, mais aussi lors de leurs diverses démarches à l’école, à l’université, dans les services publics et sociaux, en préfecture… Des actions ciblées et personnalisées peuvent être initiées notamment auprès des publics ayant signalé leur déménagement à La Poste. L’efficacité de la communication peut être renforcée en allant au devant des nouveaux habitants, par exemple dans les lieux de consommation, marchés, grandes surfaces, les lieux culturels et sportifs, notamment ceux fréquentés par les étudiants. Il est possible aussi de s’appuyer sur les relais associatifs qui peuvent toucher très directement les habitants.
 
« Informons mieux sur la nécessité d’être inscrit et bien inscrit sur les listes électorales pour faciliter la participation électorale de 25 % des citoyens », tel est le mot d’ordre lancé par l’AMF et par Cap’Com.

Auteur: 
Bernard Deljarrie