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La campagne interne "coup de poing" de Strasbourg lutte contre le sexisme ordinaire | Cap'Com, Le réseau de la communication publique et territoriale

La campagne interne "coup de poing" de Strasbourg lutte contre le sexisme ordinaire

créé le : 
04/01/2017

"Affichage sauvage" dans les locaux de la collectivité, visuels flashy et accroches sexistes. Pour mettre en lumière la réalité du sexisme ordinaire au travail, la ville et l’eurométropole de Strasbourg ont mené une campagne coup de poing. Le dispositif, récompensée par un Cap’Com d’argent dans la catégorie Communication interne en décembre dernier, a permis de libérer la parole des agents sur un sujet souvent passé sous silence.

Strasbourg, une collectivité employeur engagée pour l’égalité.

Intitulée « Stop Sexisme » la campagne de la ville et de l’eurométropole strasbourgeoise s’inscrit dans un engagement au long cours de la collectivité en faveur de l’égalité des genres et des droits des femmes. Signataire depuis 2010 de la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale, Strasbourg a en effet élaboré un plan d’action externe et interne afin de promouvoir une société plus juste et plus égalitaire. C’est dans ce cadre que la collectivité a mené la campagne « Stop Sexisme », une démarche largement soutenue par les élus et la direction générale.

Ainsi Strasbourg fait parti des rares employeurs – qu’ils soient privés ou publics – à s’être saisis de cette thématique du sexisme au travail. Un sujet difficile à cerner car souvent constitué d’actes ou de paroles peu visibles qui ont fini par faire partie du quotidien. « Le sexisme au travail, tout le monde sait ce que c’est ce que c’est à priori, et tout le monde l’ignore à priori aussi », explique Bernadette Geisler, chargée de mission aux droits des femmes et à l’égalité de genre à la ville de Strasbourg au micro de radio Cap’Com. « Des femme venaient me parler assez régulièrement de leurs difficultés. On se rendait compte que ces difficultés étaient liées à du sexisme ambiant dont personne n’avait bien conscience, ni elles victimes, ni les hommes, ou ceux qui étaient les auteurs de ces actes sexistes. C’est passé dans l’ordre naturel des choses. » La collectivité constate que de plus en plus d’actions de ce type là sont signalées par des agentes et décide de travailler sur ces questions-là. « On a essayé de reprendre les phrases qui étaient dites par les agentes pour les mettre en exergue dans une campagne particulière. »

Accroches authentiques, rose fluo et affichage sauvage pour une campagne « coup de poing »

Pour montrer le sexisme dans sa réalité la plus insidieuse, la campagne prend en effet appui sur la réalité constatée ou vécue par des agentes de la collectivité. Elle décline quatre exemples de phrases réellement entendues qui illustrent bien le sexisme « ordinaire ».

Ces quatre accroches sont mises en valeur par un graphisme flashy et provoquant qui fait le parallèle avec la vulgarité du sexisme. « On a utilisé le rose, un rose flashy extrêmement voyant qui sort des sentiers battus. Le rose est assez régulièrement lié au féminisme, au féminin. Pour le coup, ça devenait un argument de féminisme et de demande de recherche d’égalité », explique la chargée de mission. Pour renforcer son impact visuel, la campagne a été diffusée en mode "affichage sauvage" avec la complicité de 43 agents. 350 affiches et 2 500 accroches portes sont installés massivement le 9 mai 2016 en soirée en dehors des heures de travail, sur 13 principaux sites de la collectivité.
« On a affiché partout au même moment dans tous les endroits pour qu’il y ait un vrai coup de poing qui soit donné aux agents et aux agentes au moment où ils arrivaient dans leur bureau un matin du mois de mai. »

Interpeller pour libérer la parole

Un effet coup de poing qui a fait réagir et a réussi à libérer la parole. En interne la collectivité a recensé des centaines de réactions .Des propos violents, de l’incompréhension, ou encore un soulagement, autant de réaction qui ont conduit au dialogue. « On a tous pendant un moment parlé de la question du sexisme », ajoute Bernadette Bernadette Geisler. La campagne s’inscrivait en effet dans un dispositif plus large. Avant sa diffusion, un mail a été envoyé à tous-tes les agents-es pour inviter les femmes à un atelier d’expression et convier l’ensemble des collègues à une conférence exceptionnelle « Sexisme au travail et égalité professionnelle » animés par Brigitte Gresy (secrétaire générale du conseil supérieur à l’égalité professionnelle, membre du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, autrice notamment d’un rapport remis au gouvernement  sur le sujet) le 10 mai, le jour même de la révélation des affiches.

La campagne s’est prolongée par une exposition sur le plateau d’accueil du centre administratif, un retour via l’édito de la lettre d’information interne mensuelle, la diffusion du flyer avec les bulletins de paie et la mise en place d’un groupe de travail à la demande des agents-es pour imaginer collectivement les prochaines actions. En externe, le relais par les réseaux sociaux a donné rapidement un écho important à la campagne « On a été contacté par d’autres collectivités, d’autres structures ou d’autres entreprises, à tel point qu’on a élaboré avec l’agence un tuto mis à disposition gratuitement pour leur expliquer comment ils pouvaient reprendre une partie de nos éléments pour les décliner à leur propre manière. »

Auteur: 
Cap'Com