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La com’ publique laisse parler les jeux de mots | Cap'Com, Le réseau de la communication publique et territoriale

La com’ publique laisse parler les jeux de mots

créé le : 
02/10/2014

Pratique de plus en plus courante dans les campagnes de com’ publique, l’appel à la créativité des internautes sur les réseaux sociaux de plusieurs collectivités et organismes publics a récemment remis au goût du jour un basique : le jeu de mots. Un concept simple et ludique qui, appliqué aux noms de communes ou lieux, favorise leur appropriation par les internautes invités à les détourner. Exemple de trois opérations qui incitent à jouer le jeu…

« Laissez parler les petits papiers » en Ardèche

Présente depuis 6 ans sur Facebook, l’Agence de Développement Touristique (ADT) de l’Ardèche essaie chaque année d’animer sa communauté de fans (plus de 92 000 actuellement) en organisant une opération évènementielle. Ainsi pour 2014, elle a choisi de surfer sur la vague du phénomène « Laissez parler les petits papiers » qui a envahi les réseaux sociaux depuis quelques mois. Le principe de départ : prendre en photo le logo d’une marque connue après lui avoir ajouté un ou plusieurs mots écrits sur des bouts de papier pour créer au final un jeu de mots rigolo. D’abord échangés sous forme de tweets par @Samparlebien et @TommeBlur avec le hashtag #lplpp (Laissez Parler Les Petits Papiers), les photos de ces jeux de mots avec des papiers ont reçu un tel écho sur le réseau social que les deux tweetos ont créé un Tumblr pour les rassembler. Aux côtés des nombreuses contributions des internautes, on y retrouve celles des marques qui se sont prêtées au jeu avec leurs propres logos, ainsi que celles de certaines collectivités détournant leur nom.

L’Agence de Développement Touristique de l’Ardèche a élargi ce principe du détournement à l’ensemble des noms des communes et des sites touristiques de son territoire en proposant le Concours créatif Laissez parler les petits papiers sur sa page Facebook. Les internautes peuvent y poster la photo de leur jeu de mots composé de bouts de papiers accolés aux pancartes des villeset autres lieux. Ceux qui obtiendront le plus de like gagneront un séjour en Ardèche et des pass culture ou festival.

Ouvert depuis mai et jusqu’à fin novembre, le concours a été relancé à la rentrée. 150 personnes ont déjà participé et de nouvelles propositions de jeu de mots arrivent tous les 2 ou 3 jours avec une démultiplication très rapide une fois les photos partagées. L’opération imaginée avec l’agence spécialisée dans les réseaux sociaux Fruits des bois a coûté environ 6000 euros. Moyens mis en œuvre pour faire connaître le concours : des relations presses et des bannières sur des sites de blogueurs, des actualités sur le site et surtout le « bouche à oreille » des nombreux fans de la page Facebook de l’ADT de l’Ardèche d’ailleurs souvent plus fréquentée que le site web. « On voulait faire quelque chose sans prétention, simple, qui mettent en valeur les noms de communes » explique Nathalie Sisteron, responsable promotion et communication à l’ADT de l’Ardèche. « L’idée est de garder l’esprit "des petits papiers", pas de faire une exposition de noms de villages. Cette opération permet de faire émerger les petites communes dont on ne parle jamais. Ça suscite la curiosité ». Après la fin du concours, les photos des jeux de mots devraient être réutilisées sous forme de diaporamas.
 
La SNCF incite aux « calembours visuels »
 
Pour la deuxième édition de son concours photos Instantsvoyageurs, la SNCF incite les internautes à jouer avec le nom des gares SNCF Transilien. Du 10 septembre au 12 octobre 2014, ils sont invités à se mettre en scène, seuls ou entre amis, déguisés ou non, devant le panneau de la gare de leur choix, et à publier leur photo avec leur compte Instagram en mentionnant @SNCF_Officiel et le hashtag #Instantsvoyageurs et #Transilien.

Pour imaginer ce concours la SNCF s’est largement inspirée de la série de "calembours visuels" du photographe Janol Apin, des photos prises dans le métro dans les années 90 et publiées dans Métropolisson. Il mettait alors en scène avec humour des personnages illustrant les noms de 120 stations de métro de Paris : à Dupleix, une personne est assise sur les épaules d’une autre, à Chemin Vert, des extra-terrestres attendant le métro et à Hôtel de Ville, un homme dormant à même le quai. L’artiste fait d’ailleurs partie du jury qui déterminera les trois premiers gagnants du concours avec Bénédicte Tilloy (Directrice Générale de SNCF Transilien), Anne Philippot (Directrice de la marque SNCF) et @gaga_one du collectif de photographes Igers Paris, (instagramers France). Un 4ème lauréat sera désigné directement par le public, à partir du nombre de like récoltés. À la clef : des pass Navigo et des bons voyages et l’exposition des photos à la gare de Paris-Nord. L'opération permet à la SNCF de cultiver son image tout en augmentant son nombre de followers.
 
Les jeux de mots s’affichent dans les transports lyonnais

Tout comme la SNCF, le réseau de transport en commun lyonnais (TCL) a incité les internautes à jouer avec le nom des stations mais après avoir d’abord donné l’exemple. Pendant l’été 2014, la société de transport a d’abord lancé une campagne d’affichage « jeu de mots » : huit noms de stations (en blanc) détournés.

Puis elle a sollicité ses usagers pour poursuivre sa campagne. Sur sa page Facebook, ils pouvaient laisser leur jeux de mots en commentaires. Sur plus de 700 participations environ 85 ont été mis en forme dans le style de la nouvelle campagne TCL, et les plus réussies ont été affichées à bord des bus, tramways, et dans certains stations de métro. Les plus likées ont également gagnées des abonnements de transport. Le principe du détournement a lui même été « détourné » Ainsi sur Facebook, mais surtout sur Twitter, des internautes ont utilisé les jeux de mots pour dénoncer l’absence de réseau téléphonique et de wifi dans le métro lyonnais : « Hénon, je n’ai toujours pas de réseau ».

Auteur: 
Anne Revol