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La concertation, une exigence croissante qui demande une meilleure information | Cap'Com, Le réseau de la communication publique et territoriale

La concertation, une exigence croissante qui demande une meilleure information

créé le : 
31/01/2017

Les Français sont nombreux à ne pas savoir si leur commune mène des démarches de concertation. Un manque d’information criant que révèle le Baromètre de la concertation.

Les démarches de concertation et de participation sont de mieux en mieux comprises et perçues par les Français, selon le Baromètre de la concertation (*). Certes, 68 % des citoyens pensent que la démocratie participative vise souvent à « faire croire qu’on écoute les citoyens tout en décidant sans eux ». Mais ils sont 82 % à estimer qu’elle permet d’associer les citoyens à la vie locale.

Plus significatif encore, en cette période de contraintes budgétaires et de recherche d'efficience dans les services publics, les français sont 64 % à estimer que la participation permet de rendre les décisions publiques plus efficaces. Un chiffre qui n’a jamais été aussi haut depuis la première édition du Baromètre en 2011.

Le sondage révèle aussi que les citoyens souhaitent de plus en plus que les dispositifs de concertation leur offrent la possibilité de contrôler les élus. Ils étaient 40 % à exprimer cet objectif il y a 6 ans, et 55 % aujourd’hui.

Efficacité et contrôle, l’impact des démarches de concertation sur les décisions publiques est donc de plus en plus favorablement perçu. C’est là une évolution positive récente et réconfortante qui peut permettre de retrouver de la confiance envers les élus et de dépasser certains discours populistes.

Manque d’information sur les dispositifs de concertation

Pour les communicants publics, ce baromètre révèle aussi que près d’un Français sur deux ne sait pas si sa commune mène des démarches de concertation. Pire, l’enquête révèle qu’ils sont aussi très nombreux à être persuadé que leur commune ne conduit aucune action en ce domaine, y compris dans les collectivités où des dispositifs sont en place. Près d'un quart des citoyens pensent que leur commune n’a jamais organisé de débats, d’ateliers ou des réunions avec les habitants. Ils étaient que 11% à penser la même chose en 2011 alors même que les dispositifs de concertation se sont plutôt développés ces dernières années.
Comment expliquer cette perception d’une communication insuffisante ?
Première raison, les Français s’intéressent davantage aux démarches de participation. Ils appellent à un développement de la démocratie participative en général (80 %, +4 points) et estiment souvent qu’il n’y en a pas assez dans leur commune (54 %, +11 points). Il cherchent donc à savoir ce qui est fait : l’information est davantage attendue.

Seconde raison, les Français affirment participer davantage aux dispositifs existants. Selon le baromètre, l’indicateur de participation est en hausse depuis 2013, passant de 31 % à 46 %. Le manque d’information sur les possibilités qu’ils ont de participer à la concertation est plus mal ressenti aujourd’hui par les Français.

De nouvelles modalités de démocratie participative.

Réunions, ateliers, instances diverses comme les conseils de quartier ou les conseils de jeunes… la concertation revêt de multiples facettes. Mais les Français attendent là aussi un certain renouvellement.

Une majorité de Français estime que la consultation d’assemblées de citoyens tirés au sort avant de prendre des décisions publiques aurait pour effet d’améliorer les décisions prises. Une idée qui fait son chemin surtout au niveau communale et intercommunal.

L’étude révèle encore l’importance de l’attente des Français en matière de référendum. En effet, une majorité d’entre eux souhaiterait que le prochain Président de la République modifie la Constitution pour développer le recours au référendum : soit à l’initiative de 100 000 citoyens (67 %), soit à l’initiative du Conseil économique, social et environnemental (57 %), soit de sa propre initiative (58%), notamment sur des questions de société ou les grands projets ayant un impact sur l’environnement.

En revanche, le vaste mouvement de la Civic tech, en effervescence partout dans le monde, qui veut mettre les outils numériques au service d’une participation plus large des citoyens à la vie publique, reste encore ignoré. Mais les budgets participatifs, les plateformes de consultation ou de co-construction, les solutions de partage et d’enrichissement de données, les applications d’alerte et d’échanges sont prêts. Faut-il encore que les élus soient suffisamment motivés et que les communicants publics sachent mettre en œuvre ces nouveaux outils.

(*) Enquête conduite par Harris Interactive, l’agence Respublica et l’Institut de la concertation et de la participation. Réalisée en ligne du 6 au 8 décembre et du 13 au 15 décembre 2016. Échantillon de 1 441 personnes résidant dans une commune d’au moins 3 500 habitants, issues d’un échantillon représentatif des Français âgés de 18 ans et plus.

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Auteur: 
Cap'Com