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La presse interne des collectivités publiques - enquête Cap'Com - Didier Rigaud | Cap'Com

La presse interne des collectivités publiques - enquête Cap'Com - Didier Rigaud

Presse et publications territoriales
Publié le : 
18 mars 2016

L’enquête « La presse interne des collectivités publiques » repose sur l’analyse de 268 réponses au questionnaire adressé aux communicants internes des collectivités publiques.
Elle comprend cinq volets : évolution des journaux internes (nombre, périodicité, pagination, mode de diffusion, personnels et budgets, évaluation….), contenu des journaux internes (thématiques abordées, rubricage….), réalisation des journaux internes (rôle de la direction, des élus, de la communication, place du comité de rédaction, mode de collecte de l’information interne, …), articulation des publications internes avec le numérique (intranet, supports numériques…), place des élus dans les publications internes (édito, présence rédactionnel, place de la parole politique, procédure de validation…)

Date : février 2016
Auteur : Cap'Com, Didier Rigaud, maître de conférence de l’Université Bordeaux Montaigne, et la MNT (partenaire)

Contenu du document :

  • Présentation des résultats
  • Première analyse des résultats "Le journal interne résiste au numérique " parue dans la newsletter Cap'Com n° 416 du 4 mars 2016
  • Deuxième analyse des résultats  "Quel nom pour une publication interne " parue dans la newsletter Cap'Com n° 417 du 17 mars 2016

Présentation des résultats


Télécharger la présentation des résultats

 

Le journal interne résiste au numérique

Article paru dans la newsletter Cap'Com n°416 du 4 mars 2016

Loin d’être dépassé, le journal reste l’outil phare de la communication interne des collectivités territoriales. Une enquête Cap’Com révèle l’importance de ces publications qui vivent en bonne intelligence avec les intranets. Alors que les bouleversements institutionnels déconcertent souvent les agents, les DG des collectivités mesurent l’efficacité de l’outil dont les élus se désintéressent pourtant. Premiers regards sur cette enquête qui sera présentée et analysée lors des 9e Rencontres de la communication interne, les 9 et 10 mars prochain.

Plus de 80 % des collectivités de plus de 350 agents – qui représentent 60 % des agents de la fonction publique territoriale – disposent d’un journal interne. C’est dire qu’à l’ère du numérique et des restrictions budgétaires, le journal interne reste essentiel. Et n’allons pas croire que l’outil est statique, gardant la forme du bon vieux bulletin d’information des agents tel qu’il pouvait exister il y a encore une dizaine d’année. Les journaux internes des collectivités publiques n’ont aujourd’hui presque plus rien à envier à leurs publications externes. Chaque année, le jury du Prix de la presse territoriale, dont une catégorie est dédiée à la presse interne, mesure en effet l’amélioration constante de ces publications.

Premier élément de preuve apporté par l’enquête « La presse interne des collectivités publiques »*, réalisée en février dernier par Cap’Com avec l’expertise de Didier Rigaud, maître de conférence de l’Université Bordeaux Montaigne, et le partenariat de la MNT : la très grande majorité des journaux internes a connu une refonte éditoriale et graphique lors des cinq derniers années et près de 40 % ont réalisé une refonte importante durant les deux dernières années, soit en 2014, année des élections municipales et en 2015 année des élections départementales et régionales.
Observons que ces refontes, si elles confortent les publications, semblent toutefois conduire à une évolution dans leur périodicité. Au regard de l’étude similaire conduite en 2003, « il y a eu un transfert de périodicité de mensuelle à trimestrielle », explique Didier Rigaud. Plusieurs hypothèses pour l’expliquer. Les contraintes budgétaires imposées aux collectivités territoriales ont pu avoir comme conséquence de réduire la périodicité. Mais c’est plus certainement le développement des outils digitaux, notamment des intranets, qui a conduit à revoir le rythme de l’information.

Si la périodicité se réduit, la pagination reste constante et relativement importante. Certes il y a, selon les collectivités, une très grande diversité du nombre de pages de leur publication, du simple recto-verso au bulletin mensuel de 40 pages. Mais rien ne permet de constater que cette pagination se réduit au fil des années. Pour 70 % des répondants, la pagination est restée stable ces deux dernières années et pour 12 %, elle a même augmenté.

La mise en place des intranets au sein des collectivités publiques, phénomène récent que l’on mesure depuis 2003, semble se faire en bonne intelligence avec les publications internes. En effet, la majorité des collectivités interrogées disposent à la fois d’un intranet et d’un journal interne. Une complémentarité qui s’est construite peu à peu mais dont l’articulation semble encore assez hésitante. La communication interne n’apparaît pas encore dans une démarche transmedia. Pour preuve, la déclinaison numérique du journal interne reste très traditionnelle. Les trois quarts se contentent de mettre le journal en PDF dans l’intranet.

Les élus veillent sur la publication externe, le DG sur le journal interne

De plus en plus, la réalisation du journal interne incombe à des communicants. Qu’ils soient au sein d’une direction de la communication en charge de l’interne comme de l’externe, ou qu’il s’agisse d’un service communication interne spécifique rattaché à la direction ou à la DRH, c’est bien des « pros de la com » qui ont la charge du journal interne, dans plus de 90 % des cas, confirme l’enquête.
Mais n’allons pas croire que cela donne les pleins pouvoirs aux communicants. Si les élus portent un regard constant sur les publications externes, c’est le DG qui veille au journal interne. Là aussi, l’enquête apporte des éléments concrets. Qui valide la BAT de la publication interne ? Dans une collectivité sur trois, c’est le seul DG qui donne son imprimatur. Dans les autres, la prise de décision est plus partagée, voire complexe avec un circuit de validation qui peut concerner plus de trois personnes, DG, DRH, élus.

Mais comment ne pas remarquer la faible présence des élus et de leur cabinet. Ils semblent en effet assez peu impliqués dans la publication interne, à la fois en dehors du circuit de validation, mais aussi souvent absents des comités de rédaction lorsqu’ils existent. Même la tribune régulière que peut représenter l’édito n’est utilisée par les élus que dans environ 15 % des publications. La parole publique des élus est manifestement peu portée par la presse interne. « Les agents ont souvent le sentiment de devoir trouver en eux-mêmes et pour eux-mêmes le sens de leur mission et de leur motivation. Ils accomplissent leur mission en construisant son sens en parallèle du discours de l’institution locale », constatait une étude de l’Observatoire social territorial de la MNT. Une raison qui devrait inviter les élus à ne pas négliger les prises de parole auprès de leurs agents. Un questionnement qui fera l’objet d’une réflexion et d’un débat entre les 150 communicants publics qui se retrouveront les 9 et 10 mars prochain lors des 9e Rencontres nationales de la communication interne publique.

Quel nom pour une publication interne ?

Article paru dans la newsletter Cap'Com n°417 du 17 mars 2016

Une analyse de la dénomination des publications internes des collectivités publiques permet de dresser une typologie des noms et d’identifier les univers de sens. Une aide pour trouver un titre.

L’enquête « La presse interne des collectivités publiques » a porté un regard sur la dénomination de plus de 200 publications internes. Réalisée en février 2016 par Cap’Com avec Didier Rigaud, maître de conférence de l’Université Bordeaux Montaigne, et avec le partenariat de la MNT, cette étude repose sur les résultats d’un questionnaire adressé aux communicants internes des collectivités publiques. Analysons ici les titres de cette presse interne qui se professionnalise et évolue grandement depuis quelques années.

1/ Les titres liés à l’univers de la presse

La première fonction d’une publication interne est de porter de l’information. Bien des supports se contentent de se positionnement.
Avec la volonté de créer une identité immédiatement décodable, le titre se veut totalement descriptif de l’objet. Très pragmatiques, les titres se placent donc dans l’univers de l’écrit et du papier. La liste des possibles est longue.  Bien évidemment compte tenu de la modestie de certains supports, des termes comme « lettre » ou «  infos » dominent ceux de « magazine ».
 
Le Journal,
Journal Interne des Municipaux,
Journal de la Mairie,
Journal de Bord,
Le Petit Journal,
La Gazette des Agents,
Le Courrier,
Echo des RH,
Le Canard de l’Ourcq,
Chroniques professionnelles,
Mon Mag,
Le Mag,
Le Magazine,
Les Nouvelles,
Bulletin,
 
Lettre Interne,
La Lettre RH,
La Lettre du mois,
La Lettre des agents,
Infos internes,
 
La Newsletter,
La Brève, 
Breaking News,
 
Texto,
Flash Info,
Flash Info Plus,
Info +,
Nota Bene.

2/ Les sigles et acronymes

Le sigle peut être le résultat d’une difficulté à vouloir mettre dans le titre toute l’information décrivant le support. La publication est entièrement présentée dans le titre ; sa forme « un bulletin », sa cible « personnels » « interne », son contenu « information ».
Sous cet angle c’est une forme aujourd’hui datée de titre de presse. La tendance au sigle des magazines internes des collectivités publiques semble en nette régression par rapport à une étude similaire conduite en 2003.
 
Fort heureusement l’ensemble de lettres peut finir par faire sens. Le sigle devient un acronyme qu’il est possible de prononcer comme un mot. L’intérêt est que le sigle devient plus facilement mémorisable. Mais tous les sigles ne deviennent pas des acronymes dont le développé doit être naturel et explicite. Le sigle acronyme peut parfois aussi devenir un nom signifiant qui perd son développé pour devenir une identité à part entière.
 
BIP (Bulletin Interne du Personnel),
BIP (Bulletin d’Information du Personnel),
JI (Journal Interne),
ICI (Information Communication Interne),
 
BIS (Bulletin interne des services),
JIM (Journal Interne de Massy),
CLIP. (Cahier de liaison et d’information du personnel),
LE FLIP. ( Feuille de liaison interne du personnel).

3/ Les titres qui identifient le public destinataire

Les agents forment une communauté, un collectif. C’est à eux que s’adresse la publication interne. Cette typologie de titres cherche à identifier le destinataire et à illustrer sa spécificité. On est dans l’univers de l’entre nous.
 
Entre Nous,
Com’Vous,
Nous,
100% Nous,
Pour Nous,
C Nous,  
En Commun,
Au fil des Services,
Côté cour Côté jardin,
Equipage,
Message Personnel,
Secrets d’agents,
Acteurs,
Tout Public,.

4/ Les titres patronymiques

Un titre patronymique porte le nom de la collectivité émettrice. Le journal interne est celui d’une communauté d’agents au sein d'une collectivité. Le sentiment d’appartenance s’exprime d’abord dans le nom de la collectivité. De nombreux supports l’intègrent, de manière plus ou moins originale. Pour certains, cela peu aussi être un élément identitaire fort, notamment par l’utilisation de langues régionales. 
 
Moselle et Nous,
Jourpost Aquitaine,
Lorient Agglomération Express,
St Julien Info,
L’Auvergne en Coulisses,
A Trappes l’Info,
Coulaine la lettre interne,
Cergy C Vous,
Dix comme une en Lussacois,
Echos 76,
La COVE votre édition,
Guyancourt Services,
Equi Valence,
Mission Capitale,
Sicovalliens,
Loiret’bdo Combs’Echo,
Bienvenue à l’agglo Seine-Eure,
Le Canard de l’Ourcq,
 
Le Trouz Ti Ker,
Ti Morbihan,
S’Mairie Blattel,…

5/ Dans une relation d’échange.

C’est bien la mission de la communication interne : créer du lien, favoriser les échanges entre les agents. De nombreux titres en appellent à ce positionnement. Cette typologie de titre est davantage portée par des publications relativement élaborées, proche de magazines. Plus difficiles à installer, ces titres peuvent devenir de vraies marques déclinées par la communication interne.
 
Entre Nous,
Tandem,

Synergie.com,
Dialogue,
Le Trait D’Union,
Partageons,
Diapason,
Résonance,
Réseau,
Ensemble,
En Commun,
Point commun,
Equipage,
Le Lien,
Inter’Com,

6 / Une certaine proximité avec son lecteur

Certains titres de publications internes souhaitent exprimer la ligne rédactionnelle du support. La publication interne s’illustre dans son soucis de porter un regard différents sur la vie de la collectivité, marquant une certaine proximité avec les agents.  
 
Bienvenue,
Clin d’œil,
Autrement dit,
Vue d’Ensemble,
Diagonale,
Trait d’Plume,
La Parenthèse,
Quoi de neuf,
En Coulisses.
 
Observons qu’il existe peu de titre qui soient des néologismes c’est à dire des mots inventés, qu’ils soient construits par pure intuition, par métissage de racines, par amalgame de différents mots ou parties de mots ou simplement parce que la sonorité est séduisante.

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