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L’attachement des Français aux services publics de proximité enfin mesuré | Cap'Com, Le réseau de la communication publique et territoriale

L’attachement des Français aux services publics de proximité enfin mesuré

créé le : 
11/04/2017

Les Français apprécient-ils leurs services publics de proximité ? En cette période électorale qui voit fleurir des propositions sur le nombre des fonctionnaires, sur les impôts locaux ou les dotations aux collectivités locales, les discours politiques pourraient nous faire croire que les Français estiment de moins en moins leurs services publics.

Pour le savoir, la MNT et la Smacl ont souhaité mesurer l’attachement des Français aux services que leur rendent les collectivités locales. L’enquête nationale « Les Français et les services publics de proximité » réalisée par l'Ifop auprès d’un échantillon de 4 000 personnes et présentée lors des Rencontres nationales de la communication interne confirme heureusement l’image très largement positive des services publics de proximité mais révèle aussi des disparités et des points faibles qu’il faut prendre en compte.

Les retraités plus favorables, les travailleurs indépendants moins convaincus

Sans contestation, les Français ont une bonne image de leurs services publics locaux (SPL). Ainsi 4 des 6 termes proposés affichent des réponses très majoritairement positives : les services publics de proximité sont jugés à la fois « au service des citoyens » (73 %), « de qualité » (67 %), « efficaces » (62 %) et « en adéquation avec les besoins réels des citoyens » (62 %). Toutefois sur deux points, le jugement est moins positif : seulement une personne sur deux considère que les SPL sont bien gérés. Et 43 % estiment qu’ils sont innovants.
En terme d’âge, ce sont les retraités qui sont le plus favorables aux SPL. De même - et c’est plus surprenant - pour les 18-24ans. En revanche ce sont les cadres supérieurs, les professions intermédiaires, les travailleurs indépendants qui ont l’image la moins positive de SPL. L’appréciation de « bonne gestion », notamment, est négative pour ces catégories sociales.

Propreté, sécurité environnement : les services les plus appréciés

On pourrait dresser la liste des différents SPL selon le degré d’appréciation qu’en ont les Français. Mais d’une manière générale, ils sont tous très largement appréciés, par aux moins trois quarts des répondants. Sans surprise, les services propreté sont en tête du classement pour toutes les catégories d’habitants. La sécurité vient ensuite. « Une préoccupation que l’on retrouve dans toutes les enquêtes sur cette question. La police municipale joue le rôle de la police de proximité, sacrifiée au niveau national ». De manière surprenante, les moins attachés à cette sécurité de proximité (police municipale et pompiers) sont les personnes les plus proches de l’extrême droite. Inversement les plus attachés se situent à l’autre extrémité de l’échiquier politique. Puis vient dans la liste des services l’environnement, à un niveau toujours très élevé. Ce qui témoigne à la fois de l’appréciation de l’action locale de ce service (eau, assainissement…) et d’une sensibilité environnementale de plus en plus partagée.
Bien évidemment l’attachement aux services est souvent lié à leur usage : personnes âgés attachées aux maisons de retraite, familles aux écoles et à la petite enfance…

Faut-il confier la gestion des SPL au secteur privé ? 50 % des Français y sont franchement opposés. Un quart est favorable à une part minoritaire au privé. En clair, les trois quarts sont favorables à un contrôle public. Restent 20 % favorables au transfert d’une part majoritaire des SPL au privé. Cette appréciation du mode de gestion par le secteur public explique que pour financer les SPL l’acceptation de la dépense via l’impôt reste élevée (voir graphique ci-dessous).

Penser l’amélioration continue du service public

Pour Philippe Laurent, président du Conseil supérieur de la Fonction publique territoriale, ces résultats sont représentatifs de l’enjeu de la fonction publique. Lors des Rencontres de la communication interne, il a rappelé que « la France a choisi à la Libération de faire exercer les fonctions collectives de la société par le service public. Ce n’est pas le cas dans tous les pays. Or dans les pays qui font appel au secteur privé, on est en réalité dans les mêmes niveaux de coût et de qualité ».

« Le secteur public ne se vend pas très bien », poursuit Philippe Laurent par ailleurs maire et secrétaire général de l’AMF. « On entend dire que le secteur public est moins bien géré que le secteur privé, mais dans nos communes, les habitants demandent que les fonctions collectives soient gérées par le service public confié aux collectivités locales ».

Il reste toutefois deux impératifs pour garantir les services publics de proximité. D’abord penser en permanence à l’amélioration continue du service public. L’innovation doit être mieux intégrée. Ensuite, associer plus étroitement l’usager à la définition du service, garantie de son efficacité.

source infographie d'illustration : http://utiledemain.fr/enquete-nationale/

Auteur: 
Cap'Com