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Le temps des élus : Entre identités et projets, comment rendre la fierté d'un territoire ? - Plénière Cap'Com 2010 | Cap'Com

Le temps des élus : Entre identités et projets, comment rendre la fierté d'un territoire ? - Plénière Cap'Com 2010

Analyse de la communication publique
Publié le : 
1 février 2011

Dans un contexte d'identités multiples et de singularités, le rapport à l'institution passe par un sentiment d'appartenance commun. Beaucoup d'élus voient dans la notion de fierté un socle fondamental de l'action publique locale. Certains territoires sont dotés de marqueurs identitaires forts, fédérateurs de fait, quelle qu'en soit la nature. D'autres, sous l'effet centrifuge de la mondialisation, des crises industrielles et économiques, ont perdu ce qui faisait le ferment social et partant, leur capacité à se projeter dans l'avenir. D'autres encore, parce qu'ils sont le fruit de pures constructions administratives - c'est le cas de la Champagne-Ardenne - connaissent un déficit du sentiment d'appartenance. Il leur faut donc se donner les moyens de construire cette fierté du territoire, qu'il s'agisse d'une région, d'une ville, d'un quartier ou même d'un immeuble. La valorisation des données objectives, des expériences positives et des réussites, des projets structurants, des engagements prioritaires y contribuent. Parce qu'elles sont signe d'avenir, les démarches de prospective territoriale aussi. L'effet miroir est important : comment renvoyer une image positive d'eux-mêmes aux habitants et aux acteurs ?

La communication joue pleinement son rôle au service de cette construction de la fierté. Mais comment s'articule-t-elle avec le projet politique alors qu'elle représente un levier pour le développement économique, le maintien du lien social et, in fine, l'exercice de la démocratie ?

Plénière proposée le 1er décembre 2010 dans le cadre du Forum Cap'Com à Reims

Débat animé par : Régis de Closets, journaliste

Intervenants : Pierre Rosanvallon, professeur au Collège de France - Vincent Feltesse, président de la Communauté urbaine de Bordeaux, président de la Fédération nationale des agences d'urbanisme - François Cornut-Gentille, maire de Saint-Dizier, député de la Haute-Marne - Adeline Hazan, maire de Reims et présidente de Reims Métropole - René-Paul Savary, président du Conseil général de la Marne.

Contenu du document : interviews des intervenants sur Radio Cap'Com et dans le journal du Forum, retranscription écrite et photos du débat, débat en version audio.

Sommaire :

INTERVIEWS DES INTERVENANTS SUR RADIO CAP'COM

Interview de Pierre Rosanvallon

Interview de Vincent Feltesse

Interview de François Cornut-Gentille

Interview d'Adeline Hazan

Interview de René-Paul Savary

INTERVIEWS DES INTERVENANTS DANS LE JOURNAL DU FORUM CAP'COM

Interview de Pierre Rosanvallon dans le journal du Forum Cap'Com

« La communication ne doit pas se limiter à la transmission d'un message »


Les élus locaux semblent moins touchés par la crise de confiance qui frappe les élites politiques nationales. Est-ce une question de proximité ?

La proximité est devenue une variable décisive de la légitimité politique. Le problème posé est celui de la visibilité de l'action publique. La légitimité est plus forte au niveau local non pas parce que le personnel serait plus vertueux qu'au niveau national mais parce que la visibilité est permanente. Cette permanence est un des attributs matériels des élus locaux.

Pourtant le taux de participation diminue à chaque élection, y compris locale. Pourquoi un tel rejet du processus électoral ?

La crise de la représentation repose sur deux éléments. Un élément classique selon lequel une partie de la population est oubliée par la représentation. Un élément nouveau selon lequel la société actuelle est plus complexe à représenter. Les attentes, les histoires personnelles sont extrêmement diversifiées. La représentation se trouve face à un problème de prise en compte de ces singularités. On doit donc inventer une nouvelle forme de démocratie, au-delà de la démocratie représentative et même de la démocratie participative, et aller vers une démocratie que j'appelle interactive.

Quelle est la place de la communication publique dans cet te démocrat ie interactive ?

La communication est un échange. Elle ne doit pas se limiter à la transmission d'un message des élus aux citoyens. Elle doit s'attacher à faire remonter de manière permanente les attentes des citoyens. Les élus doivent être à l'écoute, ce qui est naturellement plus facile à l'échelon local qu'à l'échelon national. La démocratie se construit comme un mouvement permanent qui ne s'af f irmera pas tant dans la perfection du processus électoral que dans la démultiplication des formes d'expression des citoyens.

On parle beaucoup de la responsabilité des élus et des médias. Quelle est celle des citoyens ?

Les citoyens doivent s'impliquer dans ce processus de communication. Attention, ce n'est pas parce qu'ils boudent les urnes qu'ils ne s'intéressent pas à la chose publique. L'élection ne résume plus la démocratie. L'enjeu réside plutôt dans la curiosité et l'attention que chacun porte à l'information et à la vie publique.

Interview d'Adeline Hazan dans le journal du Forum Cap'Com


Quels sont les grands projets que Reims mène actuellement ?

Reims change. La construction d'une nouvelle ligne de tramway, l'embellissement des quartiers à travers un ambitieux programme de rénovation urbaine, la revalorisation du centre-ville et le contournement de l'autoroute intraurbaine concourent à changer son visage. En 2008, Reims a engagé une nouvelle dynamique : nous avons voulu mobiliser les Rémois dans un débat sur l'avenir de leur agglomération. Depuis des décennies, les projets urbains se succédaient sans vision d'ensemble. Avec la démarche du projet urbain « Reims 2020 », nous avons lancé cette réflexion globale indispensable pour transformer Reims et son agglomération en une ville moderne et attractive, tout en améliorant la qualité de vie des habitants. nous avons fait appel à trois équipes d'urbanistes, sans les mettre en concurrence, en leur demandant de réfléchir librement à l'aménagement de notre territoire. La concertation ouverte qui accompagne le travail des équipes relève de la volonté de créer une dynamique autour du projet, de lui donner du sens et d'en favoriser l'appropriation collective.

Comment associez-vous les habitants à la définition et à la réalisation des projets et quel rôle joue les élus dans la manière de les porter ?

Autour de ce projet « Reims 2020 », nous avons organisé de très nombreux débats thématiques, qui ont réuni 2 000 participants. Le projet urbain a été présenté dans les 12 Conseils de quartier. Des ateliers, des rendez-vous, des balades urbaines ont été organisés. Les propositions des urbanistes se sont nourries de nombreuses consultations avec des élus, des experts et des habitants. Leurs travaux - présentés en 2009 au cours d'un colloque ouvert à tous les Rémois - constituent une véritable mine d'or, à partir de laquelle nous construisons nos décisions. La seconde étape est en cours. Les élus expertisent toutes les pistes, font des choix, interrogent à nouveau la population et bâtissent la stratégie la mieux adaptée, avec le concours des services, qui transforment les visions des urbanistes en chiffres et en calendriers.nous avons mené des concertations dans beaucoup d'autres domaines : les états généraux du sport, la charte de la vie associative, la charte des terrasses. toutes ces réalisations sont des coproductions. nous n'avançons que parce que nous sommes plusieurs à travailler ensemble.Ce dialogue est d'autant plus utile que nous avons besoin de la mobilisation de tous pour conduire nos projets.

On voit se multiplier les démarches de prospective territoriale. Comment ces dispositifs participent-ils à l'image du territoire et au sentiment d'appartenance et de fierté de ses habitants ?

À travers la dynamique collective du G10, qui réunit les 10 principales villes de notre territoire, les nombreuses collectivités avec lesquelles Reims travaille ont fait la démonstration de leur volonté d'agir ensemble et de se doter d'un agenda commun. Des projets partagés et d'éventuelles mutualisations d'équipements coûteux sont mis en débat.Cette ambition commune, cette volonté d'agir ensemble donnent de réelles perspectives d'avenir à notre territoire. Les propositions formulées dans le cadre du projet « Reims 2020 » sont concrètes et visibles. nous les avons présentées aux habitants à travers une exposition publique.
Les Rémois attendaient ce mouvement. Aujourd'hui, ils voient leur ville changer, et dessinent ensemble dès maintenant les grands traits de l'avenir de Reims.

RETRANSCRIPTION DU DÉBAT

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