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Les collectivités investissent le financement participatif | Cap'Com, Le réseau de la communication publique et territoriale

Les collectivités investissent le financement participatif

créé le : 
17/09/2014

Le financement participatif est un moyen de mobilisation locale mais aussi une source de financements complémentaires. Certaines collectivités créent leur propre dispositif pour contribuer à des projets locaux, d’autres utilisent des plateformes existantes pour financer leurs projets. Découvrons le crowdfunding dont la réussite dépend de la communication qui l’accompagne.

Le financement participatif commence à intéresser les collectivités locales. Ce mode de financement, connu aussi sous le terme anglo-saxon de crowdfunding, permettrait de soutenir, toutes initiatives confondues, plus de 60 000 projets et de récolter près de 150 millions d’euros par an.
Mécanisme de financement innovant, il permet de récolter des fonds auprès d’un large public en vue de financer un projet via Internet. Il existe trois grandes catégories de plateformes de financement selon que celles-ci sont basées sur des dons, des prêts ou des investissements en fonds propres.
En juin dernier, l’Autorité des marchés financiers et l’Autorité de contrôle prudentiel ont édité un guide du financement participatif en France. L’ordonnance 2014-559 publiée au Journal Officiel du 31 mai 2014 est venue conforter ce nouveau mode de financement en protégeant les épargnants.

Les collectivités se mettent timidement au financement participatif, généralement avec deux objectifs qui mobilisent le service communication.

Aider au financement d’initiatives locales en mobilisant les habitants

Premier objectif : aider au financement d’initiatives locales en s’appuyant sur l’implication des habitants du territoire. Un moyen de soutenir les porteurs de projets, d’animer le territoire et de renvoyer une image valorisante de la collectivité. Dès lors, la communication de la collectivité doit assurer la promotion du dispositif, faire connaître les projets et valoriser les résultats dus à l’investissement des habitants.
Le Conseil régional d’Auvergne par exemple, soutient le dispositif “Et pour preuves”, qui a permis de faire éclore une trentaine de projets portés par des Auvergnats. Les projets sont variés mais valorisent tous le patrimoine ou l’identité auvergnate. Sur l’année 2013, près de 50 000 euros ont été collectés via la plateforme Ulule. La région Rhône-Alpes et Grand Roanne Agglomération ont lancé cette année une plateforme de finance participative avec l’ambition de financer des « projets locaux à caractère social, culturel ou environnemental ». Les porteurs de projets peuvent disposer d’un prêt grâce à l’épargne des Rhônalpins qui soutiennent les projets. En mars dernier, la région Poitou-Charentes a également lancé son dispositif en s’appuyant sur la FinPart, collectif de promotion de la finance participative en France.

Faire financer les projets de la collectivité par les habitants

Second objectif pour les collectivités locales : faire financer leurs propres projets. Le crowdfunding ouvre en effet des perspectives intéressantes même si les collectivités ne peuvent pas directement en profiter du fait des règles de la comptabilité publique.

Le financement participatif est possible dans le domaine du patrimoine où il s’apparente à une nouvelle forme de mécénat. Si les montants collectés restent modestes avec moins de 100 euros par don et environ 1 500 euros par projet en moyenne selon l’étude de Clic France, ce système permet de démocratiser le mécénat à un spectre beaucoup plus large de biens culturels.

Par exemple le financement participatif a permis la restauration du dôme du Panthéon à Paris, géré par le Centre des monuments nationaux (CMN). La collecte a atteint 68 565 euros apportés par plus de 1 100 donateurs. De la même manière la rénovation des anciens avions de la Patrouille de France du musée de l'Air du Bourget, a été rendue possible grâce à 25 000 euros de dons. Plus modestement pour récolter moins de 3 000 euros, Ladevèze-Rivière, petit village gersois a fait appel au crowdfunding  pour le financement de la dernière tranche de travaux de son église. La nouvelle municipalité de Cazalrenoux, dans l’Aude, a fait de même pour sauver son clocher.

Le financement participatif se propage aussi dans le domaine de l’aménagement urbain. De nombreuses initiatives originales ont vu le jour à travers le monde. Le phénomène s’est développé en lien avec la crise économique, apparaissant comme un moyen de pallier le manque de financements publics.
À New York, un projet de piscine flottante et auto-filtrante sur l’East River a vu le jour grâce à ses quelques 4 500 donateurs qui ont apporté près de 250 000 euros en échange d’une plaque nominative dans la future piscine. En France, la commune de Chevry-Cossigny, en Seine-et-Marne, a utilisé ce dispositif pour accélérer le déploiement de réseaux très haut débit par des délégataires dans des zones peu denses. Un projet porté et valorisé par la municipalité. À Rotterdam, pour désenclaver les quartiers nord, un appel aux dons a été lancé sur une plateforme de crowdfunding pour pallier le manque de moyens de la municipalité : « Plus vous donnez, plus long est le pont ». Un pont aérien en bois a ainsi amorcé sa construction en 2012, grâce à la générosité des habitants et les 390 mètres ont été terminés cette année.
Les collectivités peuvent s’appuyer sur les plates-formes dédiées aux projets urbains qui existent dans leur pays, à l’image d’Urbankit au Chili ou de Spacehive au Royaume-Uni. Mais c’est souvent sur les plates- formes traditionnelles que se retrouvent les projets urbains.

Quelques conseils de communication pour assurer le succès
 

Bien évidemment, l’implication des citoyens dans le financement d’un projet ne fonctionne que si la collectivité sait mobiliser sa communication. D’autant plus que la finalité de l’appel à la foule n’est pas seulement de trouver des financements complémentaires, mais c’est aussi de valoriser le dynamisme du territoire.

Pour cela, il faut savoir utiliser au mieux internet et les réseaux sociaux. D’abord rechercher un public passionné et un réseau initial de contacts prêts à ouvrir le bal en donnant et en exhortant les autres à donner. Ensuite faire vivre le projet en créant une page Facebook, Pinterest ou Twitter dédiée, dans laquelle sont annoncés les échéances, l’évolution des contributions, l’état d’avancement du projet. Il faut aussi entretenir une communauté d’internautes relais, blogueurs, journalistes, associatifs, qui peuvent s’intéresser au projet et le relayer une fois qu’il a pris un peu d’ampleur. Enfin, c’est toute la communication de la collectivité qui peut porter le projet, si nécessaire, pour le faire exister et animer le territoire autour de cette initiative.

Auteur: 
Bernard Deljarrie

Commentaires

Bonjour, 

Tout d'abord merci pour votre article.

Etant convaincue que l'union fait la force, je suis une adepte du financement participatif.

En revanche, concernant le financement participatif qui s'adresse aux administrés pour des projets à l'initiative des collectivités territoriales, je le perçois mal : cela me donnerait l'impression que l'argent, déjà versé aux collectivités sous forme d'impôts, ne serait pas bien géré par celles-ci. 

D'autre part, j'appréhenderais une certaine forme de corruption.

Que les collectivités soutiennent des projets qui font appel au crowdfounding c'est une chose. Mais qu'elles quémandent elles-mêmes de l'argent, pour des projets précis au sein de leur territoire et dans le cadre de leurs compétences, c'en est une autre que j'assimile à une antinomie (et à de l'abus).

Néanmoins, je suis persuadée que ce genre d'initiative permet de rapprocher les citoyens et de les fédérer autour de beaux projets.