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Les collectivités tentées par les applications de dialogue avec leurs habitants | Cap'Com, Le réseau de la communication publique et territoriale

Les collectivités tentées par les applications de dialogue avec leurs habitants

créé le : 
11/05/2017

Les sondages d’opinion ont rythmé la présidentielle. Mais à leurs côtés, pour la première fois, les technologies digitales ont été utilisées pour recueillir l’opinion des Français. Par exemple, le candidat d’En marche a réalisé son diagnostic sur la France, en octobre dernier, au travers d’un outil numérique de la société Proxem. L’application mobile gratuite Gov a fait aussi parler d’elle en donnant la possibilité aux citoyens de noter chaque jour les propositions des politiques et de réagir en temps réel à des propositions que pouvaient formuler les internautes.

Un engouement pour la démocratie directe digitale

C’est bien avec cette même volonté de développer la démocratie directe digitale que des collectivités locales se penchent aussi sur ces technologies.

Le département de l’Eure a récemment décidé de proposer un nouvel outil de démocratie participative avec l’application L’Eure Opinion. En temps réel et sans formalisme, tous les Eurois peuvent répondre à des questions qui concernent leur quotidien. Ils peuvent aussi amener un sujet, une question dans l’arène des débats et suivre l’évolution des réponses notamment celles apportées par le département. Canal d’information vers les administrés, L’Eure Opinion « permet d’entrer en contact avec le président du Conseil départemental, moins pour régler des problèmes individuels, que pour apporter sa réflexion, sa réaction aux initiatives du département, ses interrogations, ou tout simplement sa contribution de citoyen responsable et soucieux de l’intérêt général ».

Le département de l’Ain, avec son application mobile Ain360 a aussi développé un tel outil de participation citoyenne. Les habitants peuvent, au travers de l’application, interpeller leurs représentants sur toutes les politiques publiques qu’ils gèrent.

Vox91 est l’application de dialogue entre le conseil départemental de l’Essonne et ses administrés. Les Essonniens peuvent s’y exprimer : ils sont interrogés sur des thématiques liées au département, peuvent eux-mêmes ouvrir des débats et interpeller directement les élus sur les sujets qui les touchent.

La région Grand-Est a fait de même à l’échelle de ses 5,5 millions d’habitants. Baptisée Imagin’Est, l’application, développée par Gov, ambitionne de redonner la parole aux citoyens sur les enjeux majeurs de leur quotidien: transports, lycées, formation professionnelle, emploi,… L’application permet aux habitants du territoire d’exprimer leur avis sur un certain nombre de débats initiés par la Région sous forme de questions, de s’informer sur les dispositifs régionaux et de lancer eux-mêmes des discussions. 

Budget, Transports, Culture et sports, Solidarité, Jeunesse, Enseignement, Économie, Tourisme... autant de thématiques sur lesquelles les citoyens peuvent faire ses propositions à leur collectivité ou poster des débats qui sont soumis aux votes de la communauté des utilisateurs. Toutes ces applications sont téléchargeables sur smartphone ou tablette, à partir d’AppleStore ou de PlayStore. L’usage en est simple : après avoir téléchargé l’application, il suffit de créer un compte à partir d’une adresse électronique ainsi qu’un mot de passe. Sur la page d’accueil, les questions déposées par la collectivité et les internautes s’affichent. Après avoir donné son avis, les résultats des votes des autres membres de la communauté s’inscrivent en temps réel.

Les élus se sont engagés à répondre sous 10 à 12 jours

Bien évidemment ces dispositifs doivent faire face à plusieurs défis.
L’application impose que le dialogue proposé soit réel et que les élus et les services prennent le temps de répondre aux questions posées. Dans la région Grand Est, les élus se sont engagés à répondre sous 10 à 12 jours aux citoyens quand ils sont interpellés. Et cela risque de ne pas être simple si l’usage de l’application se développe. De même, les services doivent apporter rapidement les réponses aux questionnements des habitants et savoir tenir compte des propositions formulées par les internautes. Un mode d’organisation interne pas toujours évident.

L’outil nécessite aussi des moyens, au-delà de l’investissement de départ, pour se maintenir dans la durée. Suivre régulièrement les débats, animer la communauté par de nouvelles questions, analyser les informations recueillies, autant de missions confiées au service communication de la collectivité. La limite de l’outil est bien dans sa capacité à maintenir le dialogue. De même, la performance technique de l’outil ne doit pas devenir obsolète. Rien n’indique aujourd’hui qu’après le temps de la nouveauté, les applications seront régulièrement utilisées par les habitants.

Enfin, les communicants savent que recueillir sous cette forme l’avis des citoyens est loin d’être l’équivalent d’un sondage. L’application développée pour la campagne présidentielle donnait François Fillon en tête au premier tour alors que les sondages traditionnels – et les résultats - le donnait éliminé dès le 1er tour.

Pour l’élection municipales prévues en 2020 , l’outil peut toutefois être d’un grand recours. « Nous espérons, indiquent les promoteurs de l’application Gov, que les candidats viendront co-construire leur projet et tester leurs propositions sur l’application. Ce serait un moyen efficace de lutter contre la défiance qui existe entre les citoyens et leurs responsables politiques ».

Auteur: 
Cap'Com