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Les jeunes et l’élection présidentielle : le divorce | Cap'Com, Le réseau de la communication publique et territoriale

Les jeunes et l’élection présidentielle : le divorce

créé le : 
27/03/2017

1 jeune sur 2 n'ira pas voter au 1er tour de l’élection présidentielle, selon une étude de l’Anacej sur le comportement électoral des 18-25 ans à 5 semaines du début du scrutin. Des résultats qui soulignent le désintérêt croissant des jeunes pour le débat électoral, et à travers leur abstention, la recherche d’autres modes de participation à la vie publique.

« Avec un indice de participation à 52 %, l’élection présidentielle ne semble plus représenter l’évènement incontournable de la vie politique française pour les jeunes de 18 à 25 ans », explique l’Anacej en ouverture de la présentation des résultats de son étude, réalisée par l'Ifop. L’intérêt des jeunes est en forte baisse vis-à-vis de la dernière élection présidentielle (70 % en 2012). Les jeunes de 18 à 25 ans représentent aussi une population bien moins mobilisée par le scrutin que l’ensemble du corps électoral français (63 %).

Le non vote est un choix politique et une manière d’exprimer un mécontentement

Mais pour Anne Muxel, sociologue et spécialiste de la participation des jeunes, cela ne signifie pas qu’ils sont dépolitisés. Le non vote est un choix politique et une manière d’exprimer que les discours politiques ne s’adressent pas à eux, des discours dans lesquels ils ne se reconnaissent pas.
Les jeunes interrogés pensent en effet que la principale raison de leur abstention est liée au fait qu’aucun candidat ne représente leurs idées. La présence de leurs idées dans le programme de l’un des candidats est d’ailleurs un élément susceptible de favoriser leur participation électorale. Avec Anne Muxel, on peut souhaiter que le personnel politique fasse de la pédagogie sur ses programmes.

L’envie de manifester son mécontentement vis-à-vis des partis politiques (23 %) montre aussi que le fait de s’abstenir comporte un caractère militant. Trois quarts des jeunes indiquent que la prise en compte du vote blanc dans le décompte des suffrages exprimés serait un élément qui les inciterait à aller voter.

Les jeunes, comme le reste de la population, ont aussi le sentiment que cette élection, et donc leur vote, ne changera rien à leur situation actuelle et celle de la société en général.

La mal inscription touche 25% des jeunes

La mal inscription sur les listes électorales, qui conduit de nombreux jeunes à être dans l’impossibilité d’aller déposer son bulletin de vote (parce qu'ils sont en formation ailleurs, n’habitent plus la ville où ils ont été inscrits, ou parce qu’ils seront en déplacement le week-end du vote) , vient compléter les raisons de l’abstention. 1 jeune sur 4 entre 18 et 25 ans est pas ou mal inscrit sur les listes électorales de sa commune de résidence.

Les jeunes croisent de nombreux supports pour s’informer sur le déroulement de la campagne présidentielle

D’un coté, les médias traditionnels gardent un rôle important, notamment la télévision, média de masse chez les jeunes aussi. Mais la presse nationale et la radio ne sont pas absentes des sources d’information des jeunes. De l’autre, bien évidemment, internet rencontre un vif succès. Facebook et les sites en ligne sont largement utilisés, cités par un jeune sur trois comme étant l’une de ses principales sources d’information. Mais loin d’en rester là, c’est aussi au travers des échanges qu’ils ont avec leur entourage que les jeunes s’informent, auprès de leur famille comme auprès de leurs amis.

Lorsqu’ils votent, les jeunes expriment des choix de moins en moins différents de celui des autres classes d’âges

Cette étude, dans la continuité des précédentes, confirme la tendance à  "l’homogénéisation du vote des jeunes" vis-à-vis du reste de la population française. Lorsqu’ils votent, ils sont à peine plus à gauche que le reste de la population et tout autant, voire davantage, portés vers l’extrême droite. Pas loin d’un jeune votant sur trois apporterait son bulletin au parti lepéniste.

Sur les thématiques placées comme prioritaires dans la campagne par exemple, les jeunes sont plutôt en accord avec l’ensemble de la population - emploi, formation, pouvoir d’achat, éducation, arrivant en tête des préoccupations - à l’exception de la question de la sécurité des biens et des personnes, plus présentes chez leurs aînés. Sur certaines questions précises, ils exprime des opinions tranchées qui différent parfois de la majorité de la population comme par exemple sur la légalisation de la consommation de cannabis (48 % de favorables) ou la fin du remboursement par l’Assurance Maladie de l’IVG (80 % d’opposés).

Auteur: 
Cap'Com