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Les télés locales ensemble sur le web | Cap'Com, Le réseau de la communication publique et territoriale

Les télés locales ensemble sur le web

créé le : 
31/08/2015

La disparition cet été de Télé Toulouse marque les difficultés grandissantes des télévisions locales. Leur avenir dépend de leur capacité à travailler en réseau en utilisant le web.

12,9 millions de personnes ont regardé au moins une chaîne locale sur la période septembre 2014-juin 2015 selon la dernière étude « TV Locales » de Médiamétrie. Près de 1,3 million de téléspectateurs regardent chaque jour une de ces chaînes, en moyenne pendant 44 minutes. « Beaucoup de citoyens ont une réelle affection pour leur télé locale. Elle n’a pas ce ton anxiogène propre aux chaînes nationales. On montre les vrais gens, ceux auxquels on ne s’intéresse habituellement pas, c’est ce qui fait sa différence. Les téléspectateurs en ont conscience » explique l’ancien directeur de la rédaction de TV8 Mont-Blanc.

Écran noir à Toulouse

Pourtant les télés locales ne se portent pas bien. Sur les 48 télévisions locales de la TNT, que comptait le CSA en janvier 2013, il n’en reste qu’une trentaine aujourd’hui après la disparition de chaines comme Opal TV à Dunkerque ou Normandie TV. En juillet, c’est Télé Toulouse (TLT) qui a cessé d’émettre, l’une des télés locales des plus anciennes née en 1984 de la volonté du maire de la ville Dominique Baudis. Et l’avenir proche de certains fleurons semble tout aussi menacé comme TV Sud Montpellier ou Angers Télé.

Les télés locales de la TNT vivent sur deux types de recettes qui se contractent fortement. En moyenne, 60 % de leurs ressources proviennent de fonds publics. Des sommes qui peuvent être importantes, à l’exemple de TLT qui percevait de la ville, de l’agglomération et de la région un montant de l’ordre de 1,5 million d’euros par an sur un budget de 2 millions. Ces subventions sont aujourd’hui plus difficiles à voter, les budgets des collectivités locales étant fortement contraints. Et les changements de majorités lors des dernières municipales ont été l’occasion de remettre les choses à plat et de justifier certains désengagements. Quant aux recettes publicitaires, elles souffrent de la conjoncture et de l’audience trop locale de ces chaînes. Car les annonceurs privilégient en local la presse quotidienne régionale ou la diffusion toutes boîtes de prospectus et investissent en publicité télé de préférence sur les chaînes nationales. Et l’émergence de la publicité sur le web est une menace supplémentaire.
 
Une nécessaire solidarité entre les chaînes locales

L’une des solutions serait que les télévisions locales travaillent davantage ensemble. Une solidarité entre les chaînes promue par  Emmanuel de Moutis, patron de Demain TV!. « On pourrait partager plus de ressources, imaginer des programmes communs, allier nos forces », explique-t-il. Et c’est dans cet esprit que Demain TV collabore avec le réseau des communicants publics de Cap’Com afin de favoriser les échanges et les réflexions sur la place des télés locales dans la communication des collectivités et les synergies possibles entre elles. C’est aussi dans cet esprit que le Forum de la communication publique fait chaque année une place à la télévision locale du territoire où il s’implante. Et le prochain Forum à Tours sera l’occasion d’une relation poussée avec TV Tours, la chaîne du Val de Loire.

Pas d’avenir sans le web

L’avenir commun des chaînes locales devrait finalement se jouer avec Internet. Porté par Médias du Sud et la chaîne du Nord- Pas de Calais Weo, le projet My video place est un bon exemple de la recherche de synergies entre les chaînes locales et marque la volonté de trouver de nouvelles recettes. Présenté lors des assises des télévisions locales d’avril dernier organisé à Megève par le groupement TLF Télévisions Locales de France, le projet My vidéo place vise à regrouper l’ensemble des reportages et émissions des télés locales françaises, sur une plate-forme digitale. Ce site, dont la mise en ligne est prévue d'ici la fin de l'année, espère attirer les annonceurs et convaincre la presse régionale, et peut-être les collectivités locales, en leur proposant des contenus originaux à reprendre et diffuser sur leurs sites. Au sein de My vidéo place, les recettes publicitaires de chaque vidéo visionnée sont créditées, grâce à la géolocalisation, au profit de la chaîne locale, conduisant à une optimisation des revenus publicitaires nationaux et locaux. « Le modèle économique traditionnel est à repenser et les chaînes doivent envisager désormais de distribuer leurs contenus sur tous les canaux disponibles », annonce le groupement Télévisions Locales de France. « Les télévisions locales ont mis du temps pour apprivoiser la toile, cela semble chose faite ».
 

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Auteur: 
Bernard Deljarrie