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Ni print ni web, bien au contraire ! - 8e Rencontres nationales de la presse territoriale | Cap'Com

Ni print ni web, bien au contraire ! - 8e Rencontres nationales de la presse territoriale

Presse et publications territoriales
Publié le : 
26 juin 2017

La presse territoriale s'adapte avec agilité à notre monde connecté.  Les rédactions se réorganisent et pensent les différents supports - papiers et numériques - comme faisant partie d'un seul et même écosystème d'information territoriale. Et le journal y trouve une place spécifique, moins hégémonique mais renforcée dans sa légitimité. Comment penser sa stratégie globale d'information et faire évoluer ses pratiques de manière à avoir un traitement cohérent sur les différents supports ? Comment faire évoluer sa publication et s'adresser efficacement au lecteur ?

Avec la présentation et l'analyse des résultats de l'étude 2017, ces Rencontres ont fait le point sur l'état de la presse territoriale. Ateliers méthodologiques, conférences d'experts et retours d'expériences ont permis d'aborder des questions concrètes, de peaufiner ses méthodes et d'envisager l'avenir de sa publication.

8e Rencontres nationales de la presse territoriale sur le thème « Ni print ni web, bien au contraire ! » organisé par Cap'Com les 22 et 23 juin 2017 à Paris

Retrouvez les photos de l'évènement sur Flickr

Sommaire :

PROGRAMME COMPLET DES RENCONTRES

Consultez le programme des 8e Rencontres nationales de la presse territoriale
 

Presse territoriale : état des lieux d'un support en pleine transformation

Intervenants : Bernard Deljarrie, délégué général de Cap'Com et Karine Berthelot-Guiet, directrice du Celsa

Réalisée tous les 6 ans, l’étude sur la presse des collectivités territoriales met en lumière les évolutions du premier support d’information locale. Quel est l’état de la presse territoriale aujourd’hui et comment les collectivités ont-elles fait évoluer leurs publications ?

 

Focus sur des enjeux spécifiques soulevés par l'étude

Mettre en place un dispositif global d'information

Intervenants : Corinne Da Costa, consultante, CdesEtudesetduConseil - Bruno Lafosse, directeur de la communication de la ville de Dieppe

La dématérialisation des supports d’information semble de plus en plus courante. Mais les publications papier jouent néanmoins un rôle important dans l’écosystème d’information territoriale. Comment mettre en place un dispositif global et traiter l’information en fonction des différents supports, et de leur périodicité ?

Échanges avec la salle
 
En tant que dircab-dircom, votre réflexion éditoriale a-t-elle été guidée par une commande politique ?
Le choix de l’hebdo a d’abord été issu d’une réflexion de communication institutionnelle : un support qualitatif qui vient traiter l’information différemment des groupes de presse locaux. Il n’y a pas eu volonté de tuer la concurrence. Paris-Normandie a même reconnu la qualité et la valeur ajoutée du support. Les Informations dieppoises ont moins bien accepté la proposition.
Dans l’hebdo, il n’y a pas d’édito du maire mais un billet d’humeur. Signé parfois par moi-même. Il n’est pas distribué toute boite mais sur des points relais de proximité.
 
Comment faites-vous pour administrer les 7 pages Facebook ? Y’a-t-il un planning partagé ? Et est-ce articulé entre les différents supports ?
 
Non il n’y a pas d’articulation. D’abord parce que nous avons aussi récupéré des coups partis : des pages déjà existantes. Mais l’hebdo est aussi un levier interne pour forcer l’échange et une planification en interne.
 
L’hebdo ne laisse pas la place à l’expression de l’oppositions car on l’a laissé prioritairement au mensuel.
 
Pour l’articulation print-web, nous n’avons pas de technologie particulière. Le QR-code ne génère pas de trafic. Ce qui marche reste la qualité éditoriale : la véracité de nos informations, le service à la population, des modes de traitement qualitatifs.

Repenser les modes de diffusion

Intervenants : Karine Portrait, responsable du service web et éditions de la métropole de Lyon - Gaëlle Payet, directrice appui, vente, communication du centre expertise Île-de-France, La Poste

L’accès des habitants aux supports d’information reste une préoccupation importante pour les collectivités locales. Entre contraintes budgétaires et dématérialisation de l’information, quelles solutions pour assurer une meilleure diffusion de son magazine ?

Échanges avec la salle

Quelles étaient les insatisfactions constatées sur Grand Lyon Magazine, prédécesseur du MET?
·       Sur les 650 000 toutes-boites, deux tiers n’étaient pas pris pas les gens (perdus dans les publicités, des Unes insuffisantes..)
·       Nous n’étions pas visibles dans l’espace public et dans les déplacements des habitants.
·       La diffusion était passive, déléguée, confiée à des prestataires.
 
Aujourd’hui, grâce à nos études externes, on sait que l’imprimé publicitaire est lu et dans une bonne mesure conservé. Le journal est cité comme la première source d’information locale. La Poste commercialise des « carto » qui mesurent les appétences média des populations cible : imprimé, texto, télé, radio…
 
Dans le cas du Met, nous voulions produire une autre relation au citoyen que celle portée par la ville de Lyon et la ville de Villeurbanne qui distribuent en toute-boite.
A la refonte, nous sommes passé de 650 00 ex à 200 000. Aujourd’hui nous sommes à 250 000 exemplaires suite à une analyse de terrain forte et des focus pour chaque diffusion. 40 000 à 50 000 exemplaires sont distribués en street-média. C’est peu mais parce que c’est cher.
 
Un poste est-il dédié à l’analyse des performances du MET? Comment s’organise l’évaluation ?
Dans le temps du lancement, c’est moi-même qui porte cette fonction. Mais nous sommes aussi soutenus par un poste dans une direction promotion des événements de la métropole. Ce poste porte la responsabilité de l’amélioration de la diffusion. Il s’agit d’une mission à part entière.

Arbitrer entre city mag et journal institutionnel

Intervenants : Corinne Da Costa, consultante, CdesEtudesetduConseil - Yann Lalande, rédacteur en chef des périodiques de Plaine Commune

Les évolutions de la presse territoriale laissent apparaître un retour vers des contenus plus institutionnels et à la fois plus participatifs. Face aux nouvelles attentes des citoyens, quelle est la vocation des publications locales entre relais de l’actualité des territoires et information sur les politiques publiques ?

Conférence : La presse et les médias à l'heure des fake news

Intervenant : Nicolas Vanderbiest, docteur en e-réputation des organisations, assistant en relations publiques à l'Université Catholique de Louvain et auteur du blog Reputatio Lab

Les fake news se développent dans un contexte où la presse et les médias connaissent une crise profonde. Ils se développent aussi sur la méfiance que nourrit la population envers les médias. Qu’est-ce que les fake news et comment se développent-ils ? Comment les contrer ? La presse écrite, y compris la territoriale, est-elle plus crédible que les réseaux sociaux ?


Compte-rendu de la présentation

Éléments de méthodologie
·       L’algorihtme de modularité : il symbolise les interactions entre des influenceurs.
·       Le paradoxe réactionnel : X envoie un contenu qui déplait à une communauté. La communauté réagit, crée du bruit et des réactions. Cela nourrit sa visibilité. Exemple : campagne de Donald trump, EI qui décapite un occidental…
·       L’infiltration : on crée un compte d’une cible à abattre. On recrute des infleunceurs de la cible. Puis on répand des fake news.
·       Les équipes de riposte : diffusion d’une information avec pour objectif d’atteindre les trendies topics.
·       Les faux comptes. Exemple : Philippe Platteau : 110 000 followers. Il est favorisé par l’algorithme de Twitter qui met en avant les gros comptes avec activité importante et beaucoup de followers.
·       Le cheval de Troie et la société écran.
·       L’influence étrangère
 
Techniques de faux
L’astroturfing : c’est une technique de propagande qui a pour but de donner une fausse impression d’un comportement spontané ou d’une opinion populaire. Cette tentative de manipulation fait référence à la pelouse artificielle de la marque Astro Turf utilisée dans les stades de foot. Elle consiste à simuler un mouvement citoyen, venu de la base. C’est du faut mais ça ressemble fortement à du vrai
L’achat de faux fans ou de followers
Le trucage de sondages
Le sockpuppet : c’est la création d’une identité en ligne utilisée à des fins de déception. Le terme fait référence à la manipulation d’une marionnette. Il se référait à l’origine à une fausse identité assumée par le membre d’une communauté internet. Aujourd’hui, il inclut d’autres utilisations trompeuses d’identités telles que celles créées pour louer / défendre ou appuyer une personne ou une organisation, pour manipuler l’opinion publique ou pour contourner l’interdiction d’un site web. La différence entre un sockpuppet et l’utilisation d’un pseudonyme est que le sockpuppet se pose en tant que tiers indépendant, non affilié au marionnettiste.
Les campagnes social média
 
Quelques conseils
On ne fait pas tous du fact checking. Mais on peut faire du sourcing, dès son émission en temps réel.
Ne pas donner de pouvoir à ceux qui n’en ont pas : le devoir de vérité doit-il l’emporter au bien le devoir de salubrité publique ?
Des vrais journalistes peuvent aussi être à l’origine de fake news. Mais la différence entre des journalistes et des imposteurs, c’est la capacité à infirmer un fake news.
 
Questions-réponses
Quelle différence entre fake news et hoax des années 2000 ?
Fake news est le mot à la mode mais c’est bien la même chose, avec une propagande politique en plus.
Le fact-checking est trop long. Il vaut mieux donner des sources pour éviter la polémique.
 

Décryptage du Grand Prix 2017 de la presse territoriale

Retour sur le Grand Prix 2017 de la presse territorial. Décryptage de la stratégie éditoriale de ce journal exemplaire et analyse des moyens mis en oeuvre pour sa réalisation.

 

Ateliers méthodologiques et retours d'expériences

Créer des infographies pédagogiques et attractives

Intervenant : Jean de Saint Blanquat, infographe, journaliste et responsable éditorial de Rokovoko

À l’heure de l’open data, le data journalisme exploite les données disponibles et les restitue au public sous forme graphique. Comment utiliser ces données et créer des infographies à la fois pédagogiques et attractives ?

Écouter l'intervention :

 

S'adresser aux jeunes

Intervenants : Antoine Dellac, directeur adjoint de la communication de la ville de Clermont-Ferrand - Nicolas Queugnet, directeur conseil de Scoop communication

Pour apprendre aux enfants à décrypter et comprendre l’information, et pour contribuer à susciter les vocations citoyennes, la ville de Clermont-Ferrand fait le pari de l’innovation avec le Petit Demain, support municipal d’information à destination des 8 – 11 ans. Comment sont conçus les contenus, quelle maquette et conception graphique pour s’adresser aux enfants, quelle stratégie de diffusion, etc ? Décryptage de ce support audacieux.

 

Compte-rendu de la présentation

Le Petit demain émane de l’une des priorités du mandat 2014 – 2020 : le maire souhaite placer l’enfant au centre des préoccupations de la ville. Plus de 5 000 personnes (parents, enfants, équipes pédagogique) ont été consultées en amont du projet.

L’objectif de ce journal est d’aider les enfants à décrypter l’actualité avec deux enjeux principaux :
•  Assurer un rôle éducatif et pédagogique,
•  Travailler de manière collaborative avec l’éducation nationale pour chaque numéro
Le petit demain est  ainsi un vrai support d’information adapté aux enfants du primaire. Il est ouvert pendant la classe. Durant ½ journée l’enseignant travaille avec la classe sur le journal et les professeurs font ensuite leurs retours auprès de la rédaction. La distribution est faite dans les écoles publiques et privées. C'est une demande du maire de ne pas exclure les enfants du privé.
Au départ, la cible était celle des 6-10 ans. Puis, afin d’être plus adapté aux enfant qui savent lire, la cible a été ré-évaluée à destination des 8-11 ans.

Choix et ligne graphique
L’agence Scoop s’occupe déjà du journal de la ville. La demande de la ville était de faire un magazine pour les enfants dans le style de la presse pour enfants. D’un point de vue graphique, la ligne graphique est classique, elle marque l’identité de la ville, les personnages sont récurrents, une diversité de personnages a été créée pour être représentatifs de la cible. Le personnage du gaulois (Vercingétorix) est le fil rouge de ces magazines et permet aux enfants de s’identifier dans la continuité avec le personnage qui fût fort apprécié par les enfants et devient une mascotte.

Ligne éditoriale : le journal marque un rendez-vous, c’est un temps d’échanges

Parutions
Le Petit Demain paraît 5 fois dans l’année : durant les vacances d’automne, de Noël, d’hiver, de printemps et d’été. Compte-tenu des retours, une évolution est possible vers un magazine tous les 2 mois. La fréquence devait être en lien avec l’école, avec le temps de production et le budget. Les congés sont des temps forts de l’année scolaire, structurants et les enfants attendent leurs numéros à chaque vacance.

Les thèmes abordés 
Des thèmes classiques qui sont traités aussi bien dans le magazine de la ville que dans Le petit demain : culture, sport, histoire, patrimoine, agenda des événements.
Le petit demain s’inscrit dans une longue liste de projets à destination des enfants : un pass musée, etc. Le magazine est là pour créer du lien avec le territoire.

Maquette
Une maquette ludique, le visuel joue un rôle primordial dans la lecture. Un univers de personnages créés sur illustrator, ce qui permet de faire évoluer facilement les personnages au fil des numéros. Un code couleur pêchu et moderne.

Rubricage
Le rubricage est simplifé et très souple pour un support de 8 pages : l’actu chaude au début, une thématique approfondie au milieu et les sujets loisirs, sport, culture, événement en fin de journal.

Rédactionnel
Pour l’écriture, la rédaction s’est rapprochée de l’école de la presse : les écrits sont adaptés au lectorat jeune, réduire les quantités de texte pour un lecteur « zapping », intégration du tutoiement, jeux sur le ton et le style (vocabulaire simple, phrase courtes) et ça a été compliqué pour l’équipe de rédaction habituée à écrire des textes plus longs. Jeux sur la titraille avec un code graphique fort pour marquer les entrées d’article, une police de caractère lisible.
Un numéro 0 a été lancé auprès des enfants et de l’éducation nationale pour tester le fond et la forme et récolter les avis de chacun afin d’améliorer le journal et lancer le numéro 1.
La ville a inscrit le journal dans un dispositif global. Il est sorti en même temps que la refonte du site interne. Création d’un mini site pour les enfants pour une version du Petit demain sur internet avec des actualités à la une, les dossiers du journal approfondis, des jeux qui changent chaque mois, des vidéos, un agenda > le ton et les sujets adaptés aux enfants. Le site est mis à jour chaque semaine. Réexploitation des personnages du journal. Les enseignants se servent aussi bien du support papier, que du support web, qui vient apporter du contenu supplémentaire.
Pour la suite : création d’une page facebook pour les collégiens ? Ne pas lâcher les enfants à la fin du primaire, créer un outil qui prendrait la suite du Petit demain pour les 12-16 ans.

Échanges avec la salle :
-        Le partenariat avec l’éducation nationale, s’applique dans chaque numéro ?
Oui ils sont consultés pour chaque numéro. La question s’est posée sur le mode distribution (envoyé chez les parents ?) mais le meilleur moyen de pas avoir de perdition, c’était la distribution à l’école. La distribution de contenus auprès des enfants à l’école est très réglementée. La ville a appelé le rectorat qui a approuvé. Chaque numéro est validé par eux.
-        Les enfants sont-ils impliqués dans le comité de rédaction ?
Non ils ne sont pas impliqués. Seuls le service communication et le rectorat le sont. Le temps de réalisation n’est pas le même si les enfants interviennent dans le processus de fabrication.
-        Quel est le temps passé à construire le petit demain ?
Pour un numéro c’est 3 à 4 semaines de travail
-        Quels sont les coûts ?
3000 euros le numéro soit 0,50 cts par numéro. Ce sont seulement des frais de production, il n’y a pas de de frais de livraison qui est faite par les agents sur leur temps de travail.
-        La presse locale propose t-elle des choses similaires ?
Rien sur Clermont. La veille n’a pas permis de trouver des exemples similaires dans d’autres collectivités. Le lien créé avec le rectorat est unique ainsi que la démarche de distribution directe auprès des écoles. 

Travailler ses titres et son secrétariat de rédaction

Intervenant : Alain Gilbert, journaliste et éditeur, directeur de la rédaction d’interaction

Des titres bien travaillés et accrocheurs sont comme une grande porte ouverte qui invite le lecteur à s’attarder sur un article. Qu’il soit informatif ou incitatif, comment écrire des titres percutants ? Alain Gilbert vous livres les secrets des titrailles bien soignés.

Écouter l'intervention :


Compte-rendu de la présentation

Les secrétaires de rédaction ne sont plus des chefs de gare mais des aiguilleurs du ciel. Ils sont des journalistes qui ont une carte de presse. Ils ont pratiquement disparus sauf dans les grands journaux et magazines. Ils font l’habillage du texte qui est livré « nu » par le journaliste. C’est ce qui donne de la cohérence du support, avec un style. 

Le premier souci d’une secrétaire de rédaction c’est la longueur des textes : il faut que ça rentre. Il définit la distance : le nombre de signes. Il définit l’iconographie.
Son travail est d'enrichir, de donner un sens au texte pour que le lecteur comprenne. C’est de la préhension : c’est la manière dont le chien mord son os ; il faut que le lecteur morde dans l’article. 

Les journaux de collectivités ont fait un effort étonnant que la presse généraliste n’a pas fait. Ils sont très appréciés pour le fond et pour la forme. 

Dans les radios comme France Info il y’a  beaucoup de secrétaires de rédaction qui ne disent pas leur nom. Ça fait partie de la communication.
Quand on communique sur le web on fait du secrétariat de rédaction : le cas typique c’est un post Facebook, il est travaillé en secrétariat de rédaction.

Les niveaux de lecture sont très important parce qu'ils structurent l’information. C’est lié à la construction de la page. 

Il y a trois types de titres 
• informatif  
• incitatif : Libé.
• synthétique : il résume.

Quand et comment titrer ?
En général à la fin, c’est bien d’en discuter, c’est un travail d’équipe. 

Ce qu'il ne faut pas faire dans les titres ?
Pas d’infinitif, éviter le passe-partout, éviter le succès temporaire, les titres qui se comprennent au 3e degré, pas d’abréviation ni de sigle si on peut éviter

Un bon titre ?
• Doit bien sonner : il est important de le prononcer à voix haute (on minimise souvent le rôle de la lecture à voix haute, alors que cela aide beaucoup)
• Il y a un impact graphique,
• Les titres courts avec des verbes actifs et des substantifs,
• Il faut provoquer de la réaction, avoir de la résonance, faire travailler l’esprit.
• Dans le cadre d'un portrait ou d'une interview par exemple : une citation bien choisie et bien mise en exergue peut faire l'objet d'un bon titre

Il n’y aucune technique spécifique pour faire des titres, c’est assez spontané, mais c’est essentiel, tout le papier vient derrière. 

Connaître les principes et méthodes de l'écriture inclusive

Intervenant : Chloé Sebagh, cheffe de projets, agence Mots clés

L’écriture inclusive désigne l’ensemble des attentions graphiques et syntaxiques permettant d’assurer une égalité des représentations entre les femmes et les hommes. Quelles sont les conventions rédactionnelles de base de l’écriture inclusive ? Comment accompagner les changements de mentalités à travers le langage et l’écriture ?

 

Témoignage : Confessions d'une dompteuse des mots : témoignage de Muriel Gilbert, correctrice au journal Le Monde

Intervenante : Muriel Gilbert, correctrice au journal Le Monde

Qui n'a pas constaté - une fois publiée - une effroyable faute passée à la trappe des relectures multiples ? Le métier de correcteur n'existe pas dans les collectivités territoriales car son rôle est assumé collectivement entre les journalistes, le rédacteur en chef, le responsable de la publication. Mais on devine son utilité pour la presse territoriale ! Dans "Au bonheur des fautes", Muriel Gilbert raconte son quotidien de correctrice au journal Le Monde. Elle viendra témoigner de son métier et nous livrer ses quelques astuces à destination des rédactions ! Témoignage suivi d'une séance de dédicaces.

Écouter l'intervention :

Quelques conseils de Muriel Gilbert

Dans le castin des correcteurs du Monde, nous comptons sur de nombreux profils, plutôt seniors, issus de tout bord, qui aiment les mots. Initialement la formation passait par le « nourrissonnage » des anciens. Désormais il existe un diplôme d’Etat de correcteurs à l’école des correcteurs.
 
La correction est une démarche ingrate car elle doit se faire avec discrétion vis-à-vis du rédacteur. Et que l’absence de faute est la règle. Le travail du correcteur ne se voit que quand il est mal fait.
 
« Embauchez un correcteur. Et si vous n’avez pas les moyens, embauchez un dictionnaire. »
Au Monde, c’est le Larousse qui fait foi plus que Le Robert. Et ce choix se fait aussi pour assurer la marche du journal (ie l’ensemble des codes typographiques d’un media).
Au Monde, on estime qu’il faut deux correcteurs, surtout pour l’actualité froide.
 
Un gros chantier à venir porte sur la féminisation des noms de métier.  De Madame le ministre (Edith Cresson) à Madame la maire (Anne Hidalgo).
 
Les fautes que l’on observe le plus couramment :
-        le choix du bon genre,
-        l’accord des participes passés.
 
Le conjugueur du Figaro est une excellente ressource non seulement pour conjuguer des verbes mais aussi pour traduire des chiffres en lettres.

Conférence-débat: Organiser sa rédaction multimédia

Intervenants : Estelle Dumout, directrice formation et Mooc à L'Obs / Rue89 - Benjamin Teitgen, responsable du service information (web, print et éditions) de la ville et de la métropole de Rennes

Parce que la presse territoriale s'adapte aux nouveaux usages, les services se réorganisent pour tendre vers de vraies rédactions multimédias. Comment s'organiser pour traiter un même sujet de manière cohérente sur l'ensemble des supports : print, du web, voire des réseaux sociaux ? Comment accompagner les équipes dans un tel changement ?

Écouter l'intervention :


Compte-rendu de la présentation 

Travailler sur le numérique, dans un processus bimedia, c’est intégrer les contraintes et les atouts du numérique : une info partagée sur les réseaux sociaux, mobile, anticipée.
 
Les enseignements :
Faire en sorte qu’il n’y ai pas plusieurs personnes qui créent des contenus : l’une pour le print, l’autre pour le web. Il est nécessaire de définir sa politique éditoriales intégrée sur le web, en changeant ses pratiques et en se formant.
 
Le reverse publishing, c’est publier d’abord pour le web avant de décliner pour le print. C’est l’expérience vécue à Rue89 à budget et équipe contant. Le travail a porté d’abord sur la planification éditoriale et la temporalité des publications.
 
Les modes de traitement, les sujets, les angles doivent se répondre pour animer soit le direct, soit les actus chaudes soit les actus froides.
 
Le mot clé, c’est animer l’écosystème numérique. Sans se disperser.
 
Les journalistes doivent alors avoir des profils pluri-media : publier sur le papier, le web et en multimédia. Il faut aussi savoir parler avec les éditeurs, les web développeurs, les web designers, les infographistes, dans une logique de production à flux tendu.
 
Le responsable éditorial est à la fois un chef de projet (communication) et un rédacteur en chef. La newsroom doit pouvoir être organisée afin de traiter l’information de manière réactive, mobile et sociale. Ce qui implique aussi des circuits de validation ralentis.
 


Compte-rendu de la présentation 

À Rennes et Rennes métropole, on s’est organisés en rédaction multimédia.
Le service INFOcom est l’un des 7 services de la direction de la communication de Rennes et Rennes métropole. Il est composé de 15 personnes. Nous n’avons pas de community manager car nous sommes tous community managers.
 
Les principes qui prévalent dans notre organisation :
• plurimedia : un même sujet sera traité de manière multiple pour diffusion multiple
• web first et social first : pour assurer l’actualité chaude et l’audience.
• complémentarité : nous sommes persuadés qu’en réservant les réactions sur les réseaux sociaux, on va pouvoir redonner au print son rôle de pédagogie distanciée.
• polyvalence : par agilité et pour éviter la standardisation des traitements
 
Depuis quelques mois, l’organisation du service veut que chaque journaliste soit en charge de telle ou telle thématique. Et le journaliste en charge de telle ou telle thématique doit travailler avec son équivalent au sein des 7 services de la direction de la communication : graphiste, attaché de presse, chef de projet…
 
Les circuits de validation sont trop courts puisque c’est le responsable du service INFOcom qui prend la responsabilité :
• Le cadrage et la feuille de route sont validés avec la hiérarchie
• Les publications sont validées par le seul responsable de service
• Le reporting et l’évaluation sont partagés en comité de pilotage communication tous les 15 jours. Le comité de direction communication est hebdomadaire. Il existe également une réunion de rédaction hebdomadaire.

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