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Retour sur le Forum de Nancy et Metz | Cap'Com

Retour sur le Forum de Nancy et Metz

Près de 900 communciants publics de France, de Belgique et du Québec se sont retrouvés en Lorraine du 9 au 11 décembre dernier à l'occation du 26e Forum de la communication publique et territoriale. Le rendez-vous annuel du réseau Cap’Com s'est tenu pour la première fois sur deux villes : Nancy et Metz. Le thème central du programme était l'écoute. Il a permis aux professionnels de partager leurs expériences et leurs réflexions sur les réformes territoriales en cours, les évolutions des techniques de communication et les contraintes budgétaires qui pèsent sur le secteur public local.

1/23 200 communicants publics ont découvert les projets de Nancy et de son agglomération lors des visites professionnelles

Ils sont repartis optimistes. Vu les réformes actuelles et les contraintes budgétaires, les 900 communicants publics qui ont participé au 26e Forum Cap'Com étaient arrivés en Lorraine avec le moral dans les baskets. Le Forum de Nancy et Metz a été l’occasion pour eux de se rassurer. D’abord, en partageant leur quotidien. Ils ont conforté l’idée qu’ils n’étaient pas tous seuls. Ensuite, en écoutant des paroles iconoclastes. Loin de la morosité ambiante, des analyses positives et volontaristes ont renversé une vapeur un peu brumeuse. Enfin, en échangeant des idées et des astuces pour communiquer efficace et moins cher. Retour sur les trois jours qui ont agité le petit monde de la communication publique et fait grandir l’idée que tout n’était pas foutu, bien au contraire.  

Le Forum Cap’Com est chaque année l’occasion de découvrir un nouveau territoire. L’image tristement médiatique de la sidérurgie moribonde n’aura pas résisté à trois jours d’immersion. La « Lorraine sans sabots » titrait le dernier journal de Cap’Com, les communicants ont compris en visitant le territoire que les Lorrains avaient pris leur destin en main. Avec des projets ambitieux propres à créer la fierté des habitants et porter une image lumineuse - d’un parking de centre-ville, Nancy a fait de la Place Stanislas un joyau du classicisme classé à l’Unesco - et moderne grâce au Centre Pompidou à Metz. À travers des démarches qui impliquent les habitants dans la dynamisation de leur quartier. Les participants aux visites professionnelles ont pu mesurer le travail réalisé autour des paysages sur le Plateau de Haye à Nancy ou de l’implantation de la BAM à Borny, un quartier populaire de Metz. À travers l’appropriation de la mémoire par les projets d’avenir. C’est le cas du campus Artem qui projette la tradition de l’École de Nancy dans le rayonnement universitaire du territoire ou du Musée de Gravelotte qui révèle au visiteur que la guerre de 1870 structure encore la vie quotidienne de la Moselle. Les Cap’Comiens ont surtout expérimenté la dynamique métropolitaine du territoire. Le Forum s’est en effet tenu pour la première fois sur deux villes, Metz et Nancy, baladant les communicants des rives de Meurthe à celles de Moselle, sans qu’aucun d’entre eux ne soit oublié, ô prouesse, ni d’un côté ni de l’autre. Il s’est installé dans un équipement phare pour l’activité économique : le tout nouveau Centre de congrès Prouvé, inauguré en juin dernier, et qui a accueilli avec le rendez-vous annuel du réseau l’une de plus importantes manifestations du secteur public en France.

L’optimisme des projets locaux a été conforté par celles des analyses globales. En ouverture du Forum, Bernard Deljarrie a rappelé que ce fut la Lorraine qui installa la décentralisation dans le débat public, en 1865 au travers du Programme de Nancy. Déjà le projet d'une France en 13 régions était élaboré. Dans l'actualité, Géraldine Chavrier a démêlé le maelström territorial en cours, avec une pédagogie remarquable (décryptage à lire dans la prochaine newsletter en janvier). Un exercice de haute voltige que l’Auditorium Van Gogh a salué par une concentration inhabituelle à ce genre de grand messe. Elle a expliqué ce que les textes disaient et ne disaient pas et démontré que les collectivités avaient bien plus d’opportunités à saisir que ce qu’on pensait. Stéphane Rozès a renchéri en rappelant le rôle stratégique des communicants : « Vous vivez un moment rare : vous pouvez aider les élus à construire un message et une vision collective venant du bas.» Les résultats de l’étude réalisée par Cap’Com et Occurrence avec l’AMF et le Courrier des Maires sur « Les maires et la communication locale » renforcent la conviction que les nouveaux élus ont une vision positive et professionnelle de la communication. Si elle est, assez naturellement, vécue comme opérationnelle avant d’être stratégique, la communication est perçue comme indispensable. Les maires ont du mal à envisager de suspendre tel ou tel outil et concèdent des budgets et des effectifs stables, là où ils avaient bien souvent beau jeu de crier haro sur la com « dispendieuse ». Les lignes bougent. Laurent Hénard, le nouveau maire de Nancy, en a fait démonstration en livrant, avec beaucoup de simplicité, ce qu’il attendait d’une communication qui implique les habitants dans le projet municipal : « Nous devons savoir écouter. » La feuille de route a été accueillie de manière très positive et rassurante par les communicants qui l’ont assortie de considérations éthiques. Autour du philosophe Pierre-Henri Tavoillot, ils ont travaillé sur ce que pouvait être l’éthique du métier aujourd'hui. Là encore les échanges, organisés dans le cadre original d’un café philo, ont montré que loin d’être une fin en soi, l’éthique est un « processus partagé » déjà bien intégré par la seule conviction d’intérêt général portée par les communicants publics. Sur ce sujet, le Forum de Nancy aura été un point de départ. Les travaux se poursuivront tout au long de l’année 2015 pour aider les professionnels à se repérer dans un trop plein tout à la fois de valeurs, de morale, de transparence face au cadre et à la nécessité de l’action.

Pendant trois jours, les professionnels ont partagé leurs expériences de communication. D’abord lors de la cérémonie de remise du 26e Grand Prix Cap’Com le 9 décembre à l'Opéra-Théâtre de Metz. Les 400 participants à la soirée ont pu découvrir une dizaine de campagnes lauréates, commentées par Corinne Lepage et par les membres du jury 2014. Un journal spécial reprenant le palmarès et les tendances de l’année, édité pendant la nuit, a été distribué le lendemain à Nancy. Ensuite à travers les présentations organisées dans la trentaine d'ateliers et tables rondes ou lors de temps plus informels comme les « Tapis de paroles » : en chaussettes et en tailleur Jean de Legge y a fait l'éloge des Propagandes nécessaires et des dizaines de communicants y ont discuté de ce qu’ils pourrait bien faire d’autre comme métier. Le coffee camp des carrefours numériques a permis aux participants de co-constuire une feuille de route pour bien diffuser la culture numérique dans son organisation. Un mode de travail tout à fait intéressant sur une question complexe. La synthèse des contributions sera prochainement mise à disposition du public sur le site de Cap’Com. Enfin, les échanges et les débats ont porté au-delà des salles vitrées de commissions, au micro de Radio Cap’Com à travers de nombreuses émissions et interviews podcastables, dans les reportages vidéos, et bien entendu sur Twitter. Le réseau social de prédilection des communicants a permis à ceux qui n’avaient pu se rendre en Lorraine de suivre le Forum en direct et de prendre part aux discussions. Plus de 5 500 tweets ont été échangés pendant l’événement. Le hashtag capcom14 s’est même payé le luxe de détrôner le Père Noël au classement des Twitter Trendies France !

Parce que la convivialité contribue à souffler un vent d’optimisme parmi les communicants, elle a été cultivée tout au long du Forum. Lors de la traversée de Moselle le soir du Grand Prix, au son de la fanfare « Couche tard ». Dans les cars du département de la Moselle qui ont amené 400 participants de Metz à Nancy où ils logeaient. Au moment du traditionnel « Apéro des nouveaux » lorsque les membres du Comité de pilotage ont souhaité la bienvenue aux primo-Cap’Comiens. Lors de la soirée « Du côté de chez Stan » alors que Nicolas Stoufflet présentait une édition spéciale Cap’Com du « Jeu des 1 000 euros » de France Inter et que chacun, cherchant les réponses à des questions improbables, s’émerveillait de voir celui qui se cache derrière le mystérieux « ding ding ». Et plus généralement, dans les couloirs, aux cafés alentours, dans l’espace d’exposition, autour de l’arbre à palabres.

Cette année encore, le Forum a été le rendez-vous des communicants publics, des partenaires de l’action publique, des étudiants, des observateurs. 900 paires d’oreilles venues écouter l’air du temps, recharger les batteries et se promettre collectivement une chose : continuer à œuvrer pour que la communication rapproche les citoyens de leurs institutions, les habitants de leurs territoires, les usagers des services publics.

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