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Travailler la communication avec et sur les quartiers sensibles - Conférence Cap'Com 2010 | Cap'Com

Travailler la communication avec et sur les quartiers sensibles - Conférence Cap'Com 2010

Analyse de la communication publique
Publié le : 
17 mars 2011

Les élections régionales ont montré des taux de participation inférieurs à 10 % dans les quartiers sensibles. Le lien entre les institutions et les habitants des quartiers semble rompu, qui ne saurait être rétabli les seuls jours d'élection. Comment la communication publique s'adresse-t-elle aux habitants de ces quartiers ? Les perceptions et les attentes en matière d'action publique sont spécifiques. Comment peut-on mieux communiquer avec les habitants, notamment en direction des jeunes, dans des territoires souvent inaccessibles aux journaux municipaux, où une partie de la population ne lit pas le français, où l'attention à la chose publique est détournée par un profond sentiment d'abandon ? Comment dire aux habitants que la collectivité fait des choses pour eux, alors que cela ne se voit pas ou peu ?

Et au-delà, quelle image des quartiers en difficultés la communication de la ville renvoie-t-elle ? Le chemin est difficile entre la nécessité de porter la demande sociale des quartiers et la dévalorisation de la ville, entre la dénonciation de la ghettoïsation et le risque permanent de discriminer davantage les habitants.

Enfin, un facteur externe compte plus qu'ailleurs : les médias. Comment résister aux feux médiatiques qu'un fait divers attirent irrémédiablement ? Une image au 20 heures peut anéantir des années de travail en quelques secondes. Comment lutter contre la stigmatisation qui en résulte ? Comment reconstruire l'image interne et externe des quartiers sensibles ?

Conférence proposée le 2 décembre 2010 dans le cadre du Forum Cap'Com à Reims

Intervenants : Christian de la Guéronnière, directeur d'IDcommunes et Claude Dilain, maire de Clichy-sous-Bois, président de l'association des maires Villes et Banlieues.

Contenu du document : supports vidéos et de présentation de l'intervention, interviews de Claude Dilain sur Radio Cap'Com et sur plusieurs autres médias, enquête, retranscription écrite et photos, conférence en version audio.

Sommaire :

INTERVIEWS DE CLAUDE DILAIN SUR RADIO CAP'COM ET AUTRES MEDIAS

Interview sur Radio Cap'Com:

Luc Bronner et Claude Dilain - les Matins par franceculture

ITV : Claude Dilain par lagazettefr


Claude Dilain
par franceinter

ARTICLE PARU DANS LA NEWSLETTER CAP'COM

Communiquer dans les quartiers sensibles : un exercice difficile

« Il faut tenir compte des attentes spécifiques des habitants des quartiers sensibles, mais il faut aussi veiller à ne pas différencier la communication qui doit rester celle de toute la ville ». Ainsi s'exprime la très grande majorité des maires et des directeurs de la communication qui ont participé à l'étude, présentée dans quelques jours au Forum Cap'Com de Reims, sur les problématiques de communication spécifiques des villes de banlieue et des communes comportant des Zones urbaines sensibles. Réalisée par Cap'Com, Ville et banlieue et IDcommunes auprès d'une centaine d'élus et de dir'coms, cette étude révèle aussi que la communication de proximité, fortement portée par la personne du maire, ne prend racine dans les quartiers que lors qu'elle est conduite en bonne articulation avec la communication plus institutionnelle de la ville. Premiers enseignements tirés de cette étude en attendant la présentation qui en sera faite le 2 décembre dans le cadre d'un grand débat du Forum de Reims.

L'étude, réalisée par l'Association des maires Ville & Banlieue de France et le réseau Cap'Com, en partenariat avec l'agence IDcommunes, ne dresse pas un tableau sombre de la communication dans les quartiers en difficultés. Avec l'objectif de cerner la problématique de communication des villes comptant des quartiers en difficulté en analysant de façon conjointe les registres politique et institutionnel de cette communication, cette étude invite surtout à de vraies pistes de réflexion et d'amélioration. Car pour une majorité de maires et de dir'coms, la communication qui est conduite dans ces quartiers est plutôt satisfaisante. Et tous en conviennent, cette communication revêt un enjeu politique primordial non seulement vis à vis des habitants de ces quartiers mais aussi au regard de la ville toute entière. Ce n'est pas la moindre des difficultés pour une communication qui est confrontée à une pédagogie particulière et concerne et mobilise aussi un bon nombre d'acteurs institutionnels, au premier rang desquels les bailleurs sociaux.

Deux questions pourtant émergent et montrent les spécificités et les difficultés de cette communication.

Dans les quartiers en difficulté plus qu'ailleurs la communication est portée par le maire. Le besoin de relations de proximité, la nécessité d'échanges oraux comme l'éloignement face aux institutions imposent l'omniprésence du maire. L'implication forte des élus sur le terrain et dans la durée apparait comme un élément déterminant et positif, souvent rempart contre la dislocation du lien social. Mais les élus portent en priorité des questions politiques et sociales (solidarité, sécurité, citoyenneté, éducation), alors que la communication de la ville privilégie souvent les projets urbains, le cadre de vie et la politique de la ville. Apparaissent deux registres différents. Le premier s'expliquant par la nécessité de s'adresser aux habitants sur leurs problèmes quotidiens, dans une relation humaine de proximité. Le second influencé par la prégnance des dispositifs institutionnels (Anru, Politique de la ville...) dont le jeu des acteurs impose une communication plus formelle et placée dans des échéances plus longues. Rien à redire sur cette répartition des rôles pourvu que l'articulation en soit bien faite. Mais ce n'est pas toujours le cas. L'articulation formelle entre la communication des élus dans ces quartiers et celle des directions de la communication destinée à toute la ville n'existe que dans moins 1/3 des situations observées. Il y a là très certainement matière à amélioration pour tirer un meilleur profit du professionnalisme des services et rendre la communication plus performante et cohérente.

Mais une meilleure articulation peut mener à concevoir et mettre en œuvre une politique de communication spécifique pour les quartiers en difficulté. Là est le second enjeux.

Le constat de départ, pour plus des deux tiers des élus et des dir'coms, est qu'il faut tenir compte dans la communication des attentes spécifiques des habitants des quartiers en difficulté. Et c'est souvent le cas en effet pour des politiques sectorielles ou en direction de publics selon les tranches d'âge. Mais jusqu'où adapter les outils de communication aux spécificités de ces habitants ? Si la majorité des élus déclarent avoir un discours spécifique à leur attention, moins de 1/5 des dir'coms reconnaissent adapter leurs outils.

La nécessaire adaptation de la communication aux publics de ces quartiers se heurte au refus de la spécialisation de la communication, « l'action publique doit être indifférenciée pour tout le monde ». Ainsi les difficultés particulières liées aux origines ethniques et religieuses de certaines communautés ne semblent pas pouvoir être prises en compte dans la communication. Par exemple, dans aucune des villes interrogées des outils de communication sont conçus dans des langues autres que le Français, ce qui aurait pu permettre de mieux toucher certains publics qui le maitriseraient mal. Au final, peu d'outils de communication spécifiques sont développés pour les habitants de ces quartiers et lorsqu'il y en a, dans moins de la moitié des villes, c'est souvent au coup par coup et ponctuellement. Une crainte est sous jacente à ce choix de communication. Plus de moitié des élus et des dir'coms pensent que les habitants des autres quartiers de la ville estiment qu'on en fait trop pour ceux qui sont dans les quartiers en difficulté... Aussi, faut-il vraiment lever le tabou d'une communication républicaine indifférenciée pour tous les habitants de la ville ?

Dès lors, comment la communication publique peut-elle mieux s'adresser aux habitants de ces quartiers ? Quelle parole et quelle image peut-elle porter de - et sur - ces quartiers ? Comment peut-elle relayer la demande sociale sans discriminer davantage les habitants ? Autant de questions qui seront débattues à partir de cette étude, en présence de Claude Dilain, président de Ville et banlieue, lors du débat du Forum Cap'Com de Reims, jeudi 2 décembre en matinée.

ENQUÊTE : LA COMMUNICATION PUBLIQUE FACE AUX QUARTIERS EN DIFFICULTÉ

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