webleads-tracker

Travailler la communication avec et sur les quartiers sensibles - Table ronde Cap'Com 2010 | Cap'Com

Travailler la communication avec et sur les quartiers sensibles - Table ronde Cap'Com 2010

Analyse de la communication publique
Publié le : 
17 mars 2011

Quelle image des quartiers en difficulté la communication de la ville renvoie-t-elle ? Le chemin est difficile entre la nécessité de porter la demande sociale des quartiers et la dévalorisation de la ville, entre la dénonciation de la ghettoïsation et le risque permanent de discriminer davantage les habitants. Enfin, un facteur externe compte plus qu'ailleurs : les médias. Comment résister aux feux médiatiques qu'un fait divers attire irrémédiablement ? Une image au 20 heures peut anéantir des années de travail en quelques secondes. Comment lutter contre la stigmatisation qui en résulte ? Comment reconstruire l'image interne et externe des quartiers sensibles ?

Table ronde proposée le 2 décembre 2010 dans le cadre du Forum Cap'Com à Reims

Intervenants : Yves Charmont, directeur de la communication de la ville de Saint-Priest - Jérémy Robine, enseignant en géopolitique à l'Institut Français de Géopolitique et Sciences-po Paris - Claude Dilain, maire de Clichy-sous-Bois, président de l’association Villes et banlieues - Khalid Ida Ali, chef de projet Contrat urbain de cohésion sociale à la ville de Vitry-le-François - Nadia Baghdadi-Sousane, directrice de la Communication de la direction départementale de Seine-Saint-Denis de la Poste - Karima El Khaldi, coordinatrice de proximité de Grand Lyon Habitat .

Contenu du document : supports de présentation des interventions, article paru dans le journal du forum, retranscription écrite, table ronde en version audio.

Sommaire :

SUPPORT DE PRÉSENTATION DES INTERVENTIONS

ARTICLE PARU DANS LE JOURNAL DU FORUM

Banlieues, Les voies du dialogue

Depuis les émeutes de novembre 2005 jusqu'aux récents événements de la Villeneuve à Grenoble, les banlieues ne quittent plus l'actualité. Or si les médias parlent régulièrement des quartiers sensibles, qui s'adressent réellement à ces territoires ? Et quelle parole en émerge ?

Aux dernières élections régionales, dans certains quartiers de nos villes, moins de 10 % des habitants ont participé au scrutin ! 11,8 % de votants parmi les inscrits - ceux-ci ne représentant pas la moitié de la population - dans un quartier des Mureaux.

Ces banlieues dites en difficulté seraient-elles devenues définitivement des « territoires à part, avec leurs propres lois, leurs langages, leurs hiérarchies, leurs frontières » comme l'explique Luc Bronner, auteur de La Loi du ghetto : enquête sur les banlieues françaises (Éditions Calmann Lévy) ? « Une partie de la population vit en autarcie par rapport au reste de la société. Elle considère que les institutions ne méritent pas qu'on s'y intéresse. Ces quartiers ont leur vie à eux, réglée par d'autres codes », confirme Xavier Lemoine, maire UMP de Montfermeil. « On ne peut pas traiter, toute l'année, les gens comme s'ils étaient à part de la société et imaginer leur faire croire, uniquement le jour des élections, qu'ils font à nouveau partie de la société », répond Morad Aggoun, porte-parole du quartier du Mas-du-taureau, à Vaulx-en-Velin, lorsque la cité s'est embrasée en 2005, aujourd'hui conseiller municipal. Depuis 2005, des initiatives sont pourtant nées pour redonner la parole aux banlieues. C'est le cas du Bondyblog, média en ligne né sur la commune de Bondy, dans le 9-3, et maintenant présent sur Marseille et Lyon. Certains médias alternatifs ont tenté d'ouvrir leur rédaction et leurs pages à cette parole, non seulement pour raconter la vie de ces quartiers mais aussi faire voir comment le monde y est perçu. Ces initiatives restent très marginales et confinées aux banlieues qui parlent des banlieues.

Comme dans un Zoo

Pourquoi cette incapacité de la presse à parler de ces territoires ? Et pourquoi un tel fossé entre les jeunes de ces quartiers et les journalistes qui, selon Jérôme Bouvier, président de Journalisme et citoyen, « ont maintenant une image détestable. Les jeunes ont l'impression qu'on vient les filmer comme au zoo » ?

Et dans la ville, la communication publique porte-t-elle une image différente de ses propres quartiers en difficulté ? Peut-elle encore s'y faire entendre alors même que les institutions les désertent ? sait-elle propager la parole des jeunes au-delà des murs de la cité ? L'exercice semble difficile. Des villes s'y sont essayées comme Clichy-sous-Bois, devenue l'emblème médiatique de la banlieue abandonnée, ou la Courneuve, symbole rebelle depuis qu'un ministre de l'Intérieur y a lancé sa campagne qui devait le conduire à l'Élysée. Comment être le reflet d'une réalité difficile, tenter d'en rendre compte pour alerter la société, sans risquer de stigmatiser davantage la ville, le quartier, et d'accentuer ce sentiment d'abandon sans oublier le regard destructeur des médias...

RETRANSCRIPTION DE LA TABLE RONDE

Évaluer ce document: 
0