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Des hackathons pour dynamiser l‘open data | Cap'Com, Le réseau de la communication publique et territoriale

Des hackathons pour dynamiser l‘open data

Départements, régions, intercommunalités, en quelques mois plusieurs collectivités engagées dans l’ouverture de leurs données ont organisé leur hackathon. Ce marathons de la programmation informatique permet à des équipes pluridisciplinaires de concevoir des applications à partir des jeux de données publiques. Des évènements qui favorisent la créativité numérique et une acculturation à l’open data.

Les hackathons réunissent des équipes pluridisciplinaires de développeurs, porteurs de projets, graphistes et autres profils en fonction de la thématique de l’évènement autour d’un objectif : réaliser un prototype d’application à partir des jeux de données publics libérées en avant première par les collectivités en un temps limité, le plus souvent le temps d’un week-end.

Ainsi, il y a quelques semaines, le Conseil général du Calvados, qui entreprend une démarche d’open data a eu l’idée d’organiser un hackathon sur le thème des 70 ans du débarquement et de la bataille de Normandie dans le cadre du forum de l’E-Tourisme de Deauville. Lors de ce « 70thBDayHackathon » les 16 et 17 mars derniers, développeurs, techniciens SIG, marketeurs et communicants et designer-graphiste rassemblés en 5 équipes ont eu accès à des jeux de données du Comité départemental du tourisme, des archives départementales de la direction des affaires culturelles et du SIG pour créer et présenter à un jury un prototype d’application touristique. A la clef : 2 prix de 5000 € et 3000 €. Des récompenses remises quelques jours plus tard par le président du Conseil général et le président du Comité départemental du tourisme à l’occasion du Forum de l’e-tourisme. Les lauréats : les concepteurs de Neptune 1944 (1er prix) une application qui mêle, entre autre, géolocalisation et réalité augmentée et permet au touriste de composer son carnet de voyage, et ceux de Normandy 70th (2ème prix) qui mixe les sites et évènements en lien avec le débarquement et la Bataille de Normandie à des informations pratiques tout en proposant de collecter de badges transformés ensuite en récompenses.

L’opération organisé au Rond point numérique, un observatoire des usages numériques du département ouvert depuis le début de l’année, a nécessité un peu moins de 10 000 euros (coût des récompenses compris) de budget essentiellement liés au frais de nourriture et d’hébergement.  Car le concours était ouvert aux « hackeurs »  venus de toute la France qui pouvaient s’incrire depuis le site du conseil général sur le service en ligne gratuit d’organisation d’évènement eventbrite. Le Pôle TES et le Forum Digital de la région Haute-Normandie partenaires de l’évènement ont été sollicités pour toucher étudiants et entreprises et attirer les participants en plus de l’envoi d’un communiqué de presse en local. Les comptes facebook et twitter du rond point numérique et du département et des partenaires de l’évènement ont également été animés avant, pendant et après l’évènement.

La suite ? « L’objectif du hackathon était de développer un prototype, dont les sources appartiennent aux équipes conceptrices. On étudie d’un point de vue juridique, comment faire travailler l’équipe gagnante pour sortir une application en faisant évoluer leur prototype en 2014 » explique Sophie Zerr, Chargée de mission Modernisation au Conseil général du Calvados et organisatrice du hackathon.

« 48h pour remixer le futur de l’Île-de-France »

En Île-de-France, c’est autour de l’aménagement urbain, que la Région a organisé Hack Data Week-end « Ile-de-France 2030 » les  22, 23 et 24 mars dernier. Un évènement au croisement du projet de Schéma directeur régional, Ile-de-France 2030 et de la démarche d’ouverture des données publiques. La Région, qui devrait ouvrir sa plateforme numérique opendata en juin 2013, a d’ailleurs missionné la Fonderie, agence numérique Île-de-France, pour que tous les organismes publics associés ouvrent leur données avec l’objectif de renseigner complétement la plateforme d’ici la fin 2013. Dans ce cadre, l’agence numérique a co-organisé avec l’IAU, Institut d’aménagement et d’urbanisme d'Île-de-France, un hackathon au cours duquel des jeux de données et documents utilisés ou produits lors de l’élaboration du schéma directeur Île-de-France 2030 (SDRIF) ont été mises à disposition. Des données de « première main » qui ont attirés plus de monde que de places disponibles après promotion de l’évènement par la Fonderie auprès de réseaux spécifiques. 10 équipes composées de développeurs, de designes graphistes, d’architectes et d’urbanistes, et de cartographes, secondées par des mentors, ont planché pendant deux jours dans les locaux de l’Institut d’aménagement et  d’urbanisme (IAU), pour rendre plus concrets les aménagements urbains de la métropole francilienne à l’horizon 2030. Au bout du week-end, 3 projets ont été récompensés par le jury parmi lesquels Brigand Fûté une application qui réutilise et détourne certaines données du SDRIF pour aider les franciliens à se débarrasser d’un cadavre, et SIM SDRIF qui permet à l’utilisateur de jouer l'apprenti urbaniste à l'échelle de la région en prenant en compte tous les éléments interagissant dans un projet d’aménagement (logement, transport, démographie et économie). Des prototypes que la Région pourrait bien avoir envie de faire passer du stade de projet à celui d’application concrète.

L’organisation de l’évènement a mobilisé une dizaine de personne de l’IAU et cinq de la Fonderie. Location de salle, sécurité des lieux, buffets, prix pour les lauréats… le budget pour ce type d’évènement se situe entre 10 et15000 euros mais la plupart du temps les collectivités ne louent pas de salles et organisent dans leur locaux comme ce fût le cas à l'IAU. Côté communication, tout comme dans le Calvados, un site internet dédié, les réseaux sociaux et quelques actions de relations presse ont été utilisés.

Valorisation des données et acculturation à l’opendata

L’organisation d’un hackathon a permis à l’IAU d’intéresser de nouveaux publics au SDRIF. Pour Frédéric Theulé Directeur de la communication de l’IAU île-de-France « c’est une opération de com qui dit "nous avons un SRDIF qui vous concerne tous, venez vous en saisir" ». « On se pose beaucoup de questions sur la manière d’exprimer notre expertise » ajoute le dir' com. Pour l’Institut d’Urbanisme francilien, un tel événement qui favorise l’émergence de nouvelles façons de représenter le projet urbain fait également écho à la question de la valorisation et de la vulgarisation d’un savoir auprès de personnes, notamment des élus, qui ne sont pas tous des spécialistes de l’urbanisme. Il a aussi permis une acculturation des organismes associés de la Région à l’open data. « On a compris ce qu’est l’opendata » précise Frédéric Theulé, le hackhathon a aussi permis de créer une dynamique et une organisation pour les organismes associés entre-eux et avec la région. « Ça dynamise beaucoup. On réfléchit à ouvrir de nouvelles données. Un événement comme cela remet sur le dessus de la pile la question de l’application numérique » Une question qui pour Frédéric Theulé se pose plus largement aux communicants publics. « On sait que les supports traditionnels tels que le site, le journal municipal ne touche qu’une partie des gens, des citoyens "éclairés", c’est ce que Pierre Rosanvallon appelle "la démocratie de notabilité". Une application qui s’inscrit dans l’immédiateté pourrait intéresser d’autres publics. Un petit hackahton par, pour et sur le territoire pourrait permettre de développer ce type d’application… »

Auteur: 
Anne Revol

Commentaires

… et surtout n'oublions pas l'essentiel : le hachathon c'est un moyen gratuit de faire la promotion de sa structure en s’appuyant sur le travail bénévole d'une bande de nazes facilement manipulés avec quelques leviers émotionnels. Promettez-leur une petite visibilité locale et une gloire éphémère, ils ne demandent que ça.

Faire leur miroiter des « gains » ou des « lots », car ils sont non imposables, non déclarables et non assujettis aux cotisations sociales, à la TVA, etc.... on ne va pas non plus se lancer dans la paperasse pour ça. Non, il vaut mieux exploiter le travail de jeunes naifs sans statut professionnel, voire de mineurs plutôt que celui des agences locales. L'argent de la collectivité sert à payer votre salaire, pas pour payer des jeunes crétins ou ces loosers de prestataires locaux.

Attention, il faut ne faut pas que les gains proposés vous coûtent l'équivalent de ce qu'une commande publique aurait coûté pour répondre à votre besoin. Non, ça serait dommage d'organiser des concours et de faire bosser tous ces bénévoles si au final ça devait coûter le même prix qu'une procédure légale. Il faut rester malin.

Sinon pour le Code des Marchés publics et toutes ces lois casse-pied sensées gérer les achats publiques … faites comme tout le monde : fermez les yeux. Vous n'allez tout de même pas vous emmerder avec ces lois qui prétendent garantir l'équité et l’honnêteté dans les commandes publiques.

Et si quelqu'un un jour vous interrogeait sur la légalité de tout ça, ne vous inquiétez pas : tout le monde se fout de ce que vous faites de l'argent public.

Voilà, à vous de jouer.