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Les dircoms dressent le bilan de la mandature municipale

Publié le : 27 novembre 2019 à 16:37
Dernière mise à jour : 28 novembre 2019 à 13:08
Par Bernard Deljarrie

En vue du Forum de la communication publique, les dircoms des villes et intercommunalités se sont interrogés sur le bilan de la mandature municipale qui prend fin. Ils en identifient les aspects positifs mais n’hésitent pas à révéler les freins et difficultés rencontrés. À quatre mois des élections locales, ils prennent la parole en reconnaissant que leur métier est politique.

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Ils sont directeurs de la communication d’une ville, d’une communauté ou des deux à la fois. Pour la plus grande part, ils sont en place depuis l’installation en 2014 de la nouvelle équipe élue. Ils l’ont accompagnée, ont travaillé dans le cadre de son projet. Et ils portent un regard politique sur ces années de communication au travers des questions qui leur ont été posées pour le Forum Cap’Com de Bordeaux des 4 et 5 décembre 2019.

Les dircoms le reconnaissent. La fonction communication est à la fois technique et politique. Mais pour eux, à la tête du service communication, leur métier est politique.

Un métier politique

C’est sans ambiguïté que 59 % d’entre eux concèdent que leur fonction est principalement ou plutôt politique. Et ils sont moins de 10 % à reconnaître que leur métier est principalement technique. Si la ligne de démarcation entre communication publique et communication politique est aujourd’hui relativement claire, la communication au sein d’une collectivité n’en reste pas moins, pour un dircom, une fonction politique. Sa relation étroite avec les élus tout comme ses missions d’information sur les politiques publiques et de concertation avec les habitants, donnent au métier sa dimension politique.

Ce regard politique permet aux dircoms de dresser un bilan sans concession du mandat. Un bilan en demi-teinte pour la communication.

60 % des dircoms déclarent que le bilan de leur collectivité est plutôt bon

Les dircoms sont 60 % à déclarer que le bilan de leur collectivité par rapport aux engagements pris devant les électeurs est plutôt bon. En revanche, ils ne sont que 23 % à estimer que la perception que les habitants peuvent avoir de ce bilan est plutôt bonne. Un différentiel non négligeable qui révèle toute la difficulté aujourd’hui d’expliquer les politiques publiques.

Mais le bilan de la collectivité est bon, marqué surtout par la réalisation de projets importants, de grands travaux, de nouveaux équipements. Cette réussite tient à deux raisons principales.
D’abord parce que les principaux engagements de la campagne électorale ont été réalisés, constatent les dircoms. Et c’est là l’essentiel que l’on doit aux électeurs. Cette réussite est portée autant par les élus aux commandes de la collectivité que par l’engagement et la compétence des agents. Les moyens humains et financiers sont là, reconnaissent les communicants, et qui sait les mobiliser réussit son mandat.

Seconde raison, le leadership de l’élu, qui contribue à mener la mandature dans un rythme soutenu et qui permet l’incarnation des projets et des choix publics. C’est, pour les dircoms, une nécessité pour réussir un mandat. Ils sont nombreux à confesser cette qualité à leur élu.

Côté plus décevant, les communicants avouent avoir rencontré certaines difficultés de cohésion entre les élus et les directions des services. Et certains déplorent une majorité politique peu soudée et pas assez compétente.

Une mandature marquée par de nouvelles relations avec les habitants

Sans être directement la condition de la réussite du mandat, les communicants placent la concertation avec les habitants comme le fait marquant de la mandature.

On a constaté une montée en puissance de la participation citoyenne.

« Le développement de la concertation, qui a intégré aussi bien les approches politiques de fond et les dispositifs de communication », note un communicant. « La forte démarche de démocratie participative et la concertation des habitants pour de nombreux projets d'aménagement de la ville », déclare un autre. Et nombreux sont ceux qui notent « la place prépondérante de la concertation dans chaque projet », « le développement de la co-construction du projet de ville avec les citoyens » ou encore « la montée en puissance de la participation citoyenne : le dialogue citoyen est devenu la pierre angulaire de l'ensemble de l'action publique ».

Un mandat qui a vu la communication se renforcer

Dans ce cadre, la communication s’est-elle depuis six ans renforcée, a-t-elle gagné en crédibilité ? Oui, sans conteste, affirment 90 % des dircoms. C’est là aussi un fait marquant de ce mandat que partageront le millier de participants du 31e Forum de la communication publique et territoriale. Le Grand Angle du Forum sur « Le rapport de la communication publique au politique », auquel participent Sandrine Javelaud, directrice de la communication de la ville de Limoges, Béatrice Managau, directrice de la communication de la ville de Toulouse et de Toulouse Métropole, et Laurent Riéra, directeur de la communication et de l’information de la ville de Rennes et de Rennes Métropole, pourra considérer ce constat positif qui réjouit le réseau des communicants publics.

Retrouvez dans nos prochaines newsletters d’autres analyses issues de cette enquête et les débats qu’a suscités sa présentation au Forum Cap’Com de Bordeaux.

Enquête réalisée par Cap’Com avec l’expertise de l’institut d’études Occurrence auprès de 113 directeurs de la communication de villes et intercommunalités. Questionnaire en ligne conduit en octobre 2019.

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