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Pour une communication européenne plus pédagogique et moins marketée

Publié le : 11 juin 2019 à 14:21
Dernière mise à jour : 14 juin 2019 à 11:22
Par Cap'Com

Le taux de participation aux élections européennes, un peu plus élevé que lors des derniers scrutins, doit-il être mis au crédit de la communication des institutions, Parlement et Commission, cette fois-ci plus efficace ?

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Pour Éric Dacheux, professeur en information et communication à l’université Clermont Auvergne, cette communication reste dramatiquement inefficace. Dans un article publié sur le site The conversation, il prône une autre communication institutionnelle qui déconstruit certaines idées reçues qui perdurent ausi dans la communication publique territoriale.

« En démocratie, la communication est un enjeu central », rappelle-t-il en préalable. « En effet, communication et démocratie poursuivent, par des voies différentes, le même objectif : construire du sens commun entre êtres humains égaux, libres et radicalement différents les uns des autres. »

La pédagogie civique reste essentielle

L’Union ne souffre pas d’un déficit d’information, mais d’un manque de culture civique, d’un déficit de connaissances civiques sur les institutions européennes, explique-t-il. Moins de 15 % de la population européenne est capable de répondre à des questions précises sur le fonctionnement de l’UE alors que l’Union européenne diffuse plus de 40 000 communiqués de presse (toutes langues confondues) par an, fabrique plus de 1 500 brochures papier et possède l’un des plus gros serveurs internet d’Europe.

Stop au marketing qui segmente à l’encontre du vivre-ensemble

La communication européenne, comme toute communication publique, ne devrait pas chercher à segmenter, à transformer la masse informe des consommateurs en cibles ayant des attentes spécifiques, mais au contraire à forger du commun à partir de la singularité des individus. « Le marketing n’est pas un outil de communication, c’est une recette persuasive, avance Éric Dacheux, or la persuasion vise à convaincre, à faire penser comme le persuadeur, alors que la communication vise à maintenir la différence dans l’égalité et la liberté. »

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