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Réunion de crise pour le métier d’attaché de presse

Publié le : 13 juin 2019 à 08:30
Dernière mise à jour : 14 juin 2019 à 11:22

Les représentants du métier d’attaché de presse dans les grandes collectivités de France se sont donnés rendez-vous à Strasbourg pour échanger sur une profession qui évolue et qui est bousculée. Ariane Laffon, responsable du service presse à la Ville et à l’Eurométropole de Strasbourg, l'une des organisatrices de cette journée, nous en dit un peu plus sur les défis qui attendent sa profession.

Les attachés de presse du secteur public se donnent rendez-vous

La réunion nationale sur l’avenir du métier d’attaché de presse se tiendra à l'hôtel de ville de Strasbourg, mardi 1er octobre 2019 de 8 h 30 à 17 h 30. Au programme : plénière d’ouverture, travail en ateliers dynamiques, restitution. Cette journée se poursuivra par un atelier et un temps d'échange "tapis de parole" lors du Forum de la communication publique de Bordeaux les 4 et 5 décembre.

Pourquoi organiserez-vous ce rendez-vous professionnel ?

Ariane Laffon : Parce que ce métier est à la croisée des chemins. Il y a vingt ans, l’attachée de presse était la porte d’entrée unique pour la presse, les élus prenaient conseil et chaque opération de presse relevait d’une stratégie. La personne qui s’occupait des relations de presse rédigeait des dossiers de 20 pages ou plus, sans les annexes, qui étaient l’aboutissement d’un travail de synthèse et de vérifications, qui fourmillaient de références et d’illustrations, et qui, et c’est là le plus important, étaient le plus souvent lus par les journalistes.

Aujourd’hui, on évolue dans un système d’information qui obéit à une nouvelle temporalité : l’immédiateté ! Cette évolution a largement été renforcée par l’apparition des réseaux sociaux, mais elle est le fruit de beaucoup de facteurs complexes dépendant du digital. Le constat que l’on peut faire, c’est que notre métier peine à conserver une plus-value à l’heure où l’information se banalise, se combine, dans un enchevêtrement de diffusions multi-canaux. L’attaché de presse est désormais, on pourrait presque le dire, à « la traîne » de sa propre information. Les élus communiquent souvent de manière autonome et, de fait, les journalistes peuvent avoir tendance à nous contourner, pour des questions de délais essentiellement.

Ariane Laffon, responsable du service presse à la Ville et à l’Eurométropole de Strasbourg (crédit : Eurométropole de Strasbourg)

De ce constat est née l’idée de réfléchir avec vos pairs.

A. L. : Exactement. Parce que l’on est toujours plus intelligents à plusieurs. De façon informelle, entre collègues, nous avons eu envie de faire converger nos expériences, quitte à noter des divergences de point de vue, des appréciations différentes. Est-ce qu’on peut sauver ce métier et faire qu’il conserve une plus-value à la fois pour les élus et pour les journalistes ? Nous n’avons pas peur de poser cette question. Et nous n’excluons pas que nous arrivions à un constat amer ! Cette fonction sera peut-être répartie différemment dans les organigrammes, dans les services. Nous n’en savons rien aujourd’hui. Mais ce qui est certain, c’est que, si nous ne bougeons pas, nous serons dans l’impasse. Il y a une absolue nécessité de réinventer ce métier.

Pourquoi ce choix de viser les grandes collectivités ?

A. L. : Concrètement, cette réflexion entre en résonance dans les 20 plus grandes villes de France, les métropoles, les régions et les départements. A priori nous sommes confrontés aux mêmes réalités. À ce contingent professionnel viendront s’ajouter des journalistes, des blogueurs et des élus. C’est le croisement des profils et des expériences qui permettra d’avancer.

Quels résultats en attendez-vous ?

A. L. : De cette rencontre naîtra un constat collectif, nous prendrons acte et dresserons un bilan. Mais l’enjeu principal, c’est insuffler une dynamique, un questionnement sur l’avenir du métier d’attaché de presse. Ce n'est pas une formation. On ne livrera pas de « boîte à outils » et on ne proposera pas de « solution miracle » en une journée ! Mais on œuvrera ensemble dès que l’on aura dégagé l’horizon et mené cette réflexion lucide. Il faut considérer ce rendez-vous comme un point de départ pour construire une communauté de réflexion et repartir avec des pistes. Puis nous nous reverrons, notamment au Forum Cap’Com de Bordeaux, et nous continuerons d’échanger sur ce sujet passionnant et qui concerne, au-delà de notre cercle, des milliers de professionnels.

Mais vous, personnellement, avez-vous une intuition concernant l’avenir de ce métier ?

A. L. : Je n’ai évidemment pas de certitudes. Mon intuition est que le périmètre du métier doit radicalement changer. Cette profession doit retrouver une plus-value de conseil, d’accompagnement ; et elle changera profondément.

Aujourd’hui (12 juin 2019 – ndlr), vous êtes justement sur le pont professionnellement avec la première place de Strasbourg sur le podium des villes les plus attractives de France !

A. L. : Oui ! Effectivement. C’est l’occasion pour moi de retrouver les plaisirs élémentaires de notre travail en collectivité. Il a fallu œuvrer vite et sous embargo ! J’ai pu maîtriser « ma temporalité » d’intervention, avec le maire, avec les partenaires. Mais c’est un cas devenu rare.

RENDEZ-VOUS AVEC CAP'COM

À l’occasion de cette journée de réflexion à laquelle il apporte son soutien, Cap’Com donnera rendez-vous à l’ensemble des communicants de la région Grand-Est pour une réunion régionale qui se tiendra à Strasbourg la veille, le lundi 30 septembre après-midi, avec, au programme, la présentation d’une étude, un échange sur la communication publique locale et la vie du réseau.