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Qu'est-ce que la communication publique ?

La communication publique est un service public

La communication publique est une communication d'intérêt général émise par les administrations, les collectivités territoriales et les
organismes publics. Prévue par la loi, elle constitue un service public à part entière. Elle s'adresse à l'ensemble de la population : citoyens, habitants, contribuables, usagers des services publics.

Elle se distingue de la communication politique attachée au débat politique et aux élections. Elle touche à tous les domaines de la vie quotidienne. Elle est assurée par des professionnels qui travaillent dans les institutions ou à leur service, et contribuent au bon fonctionnement du service public.

La communication publique en un coup d'oeil
Une infographie qui présente les missions et les outils de la communication publique
Infographie : Qu'est-ce que la communication publique ?

La communication gouvernementale

La première mission de la communication gouvernementale est de faire connaître aux citoyens les politiques publiques conduites par le pouvoir politique dans un contexte où le message de l’État doit s’exprimer au milieu d’une multitude d’autres. Là, la frontière séparant communication publique et communication politique est parfois ténue.

La seconde mission est liée à la volonté de modifier les comportements collectifs des citoyens. Il s’agit à la fois des campagnes de prévention notamment en matière de santé (Sida, alcool, prevention…) ou de sécurité (routière, maltraitance, accidents domestiques…) comme celles liées aux enjeux collectifs (développement durable, civisme, lutte contre les discriminations, …).

Enfin la communication gouvernementale vise aussi à l’information et la valorisation des services et des missions de l’État. C’est l’ensemble de la communication des administrations en direction des usagers des services publics ou la communication plus institutionnelle de certains ministères comme celui de la Défense.

La parole de l’État est souvent portée par une grande diversité d’acteurs. Sa communication passe souvent par le relais d’organismes publics, agences ou organismes (par exemple la Sécurité routière, l’Ademe ou l’Inpes – Institut national de prévention et d’éducation pour la santé). Toutefois ces dernières années on assiste à un retour d’une communication plus identifiée à l’Etat notamment au travers de l’adoption progressive, depuis l’année 2000, d’une charte graphique unique (la Marianne dans le drapeau bleu-blanc-rouge) pour l’ensemble des campagnes portées ou soutenues par les ministères.

La communication territoriale

La communication territoriale est la communication portée par l'ensemble des collectivités locales et des organismes publics locaux. Elle tient une place particulière. Fortement attachée à des territoires et à des institutions, elle a pour mission l’information des habitants sur les services publics, l'animation du territoire et de la vie démocratique. Le développement des outils numériques de concertation et de participation ont renforcé cette fonction. Elle contribue également à la promotion et à l'attractivité des territoires : c'est ce qu'on appelle le marketing territorial.

La communication institutionnelle côtoie la communication électorale des élus locaux à laquelle elle évite d’être assimilée. Elle est aussi partie prenante de la communication locale portée par l’ensemble des médias, presse, radios, sites et télévisions locales. La diversité institutionnelle des collectivités locales n’empêche pas une approche cohérente de leur communication.

La com publique expliquée aux élus

Qui sont les communicants publics

On compte 25 000 communicants publics en France. Ce sont des professionnels de la communication qui exercent leur métier dans les collectivités locales, les administrations et les organismes publics, ou au sein d’agences et prestataires spécialisés en communication publique. La presque totalité des communes de plus de 5 000 habitants et des intercommunalités, les départements et les régions disposent d’un service communication dont l'effectif varie en fonction de la taille de la collectivité. On estime qu’en moyenne le service communication compte 6 à 10 agents dans les communes et agglomérations, et plus d'une vingtaine dans le départements et régions. Au total les communicants publics représentent un peu moins de 1% des effectifs de la fonction publique territoriale.

Le métier de communicant public est un métier à part entière, apparu dans les années 1980 avec les lois de décentralisation. Il a beaucoup évolué avec les missions et les outils de communication. Si à l‘origine la fonction était essentiellement assurée par des collaborateurs d’élus ou par d’anciens journalistes, il s’est professionnalisé. Plusieurs formations universitaires - licences pro ou masters - préparent à l’exercice de la communication dans le secteur public. On constate par ailleurs que les passerelles entre public et privé sont nombreuses. Les communicants publics sont assez mobiles : ils ont en moyenne 5 ans d’ancienneté dans leur fonction.

Tous les 6 ans, Cap’Com conduit une grande étude métier qui permet de mieux connaître qui sont les communicants publics : leurs études, leur parcours, leur mission, leur statut, leur rémunération.

Cap'Com, l'association qui fédére les communicants publics

L'éthique de la communication publique

L’éthique est au coeur de l’exercice du métier de communicant public. Parce que les communicants ont une responsabilité d’information. Parce qu’ils exercent une mission de service public. Depuis près de 30 ans, Cap’Com anime la réflexion autour des enjeux éthiques. Une charte de référence dite Charte de Marseille a été rédigée par les professionnels du réseau en 2002, des ateliers et débats sont régulièrement organisés lors du Forum Cap’Com. Par ailleurs le Comité de pilotage peut être saisi par les communicants publics sur les questions éthiques auxquels ils sont confrontés.

Les travaux conduits avec Pierre-Henri Tavoillot, président du Collège de Philosophie de l’Université Paris-Sorbonne, lors du Forum Cap'Com de Nancy, ont mis à jour la nécessité de poser collectivement les enjeux éthiques. L'important c'est d'en parler et de s'appuyer sur les outils et textes existants, qu'ils concernent spécifiquement la communication publique ou d'autres secteurs.

L'Espace éthique des communicants publics

Une histoire de la communication publique

La communication locale est une communication récente. Pourtant, elle n’est pas née avec les lois de décentralisation. Les premiers bulletins municipaux ont été crées à la fin du 19e siècle. Ils se sont développés avec la loi municipale de 1884 qui pose le principe de l’organisation et des attributions des communes. Dans les années 1930, les bulletins municipaux se sont ouverts à des articles journalistiques qui relataient les débats et l'actualité des territoires. Les lois Defferre de 1982 qui ont permis la création des collectivités locales et l’élection des conseils régionaux au suffrage universel direct à partir de 1986 marquent le début de l'époque moderne de la communication territoriale. L’histoire de la communication locale est marquée par les évolutions institutionnelles, les enjeux sociétaux, les attentes des habitants, et bien entendu le développement des outils de communication, notamment numériques.

On peut raconter cette histoire en cinq décennies :

  • Le temps des précurseurs : les années 1970
  • Le temps de la pub : les année 1980
  • Le temps de la gestion : les années 1990
  • Le temps des territoires durables : les années 2000
  • Le temps des mutations : les années 2010

L'histoire de la communication publique