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Des agents de la région Bourgogne-Franche-Comté se mobilisent contre les infox

Publié le : 19 janvier 2026 à 20:12
Dernière mise à jour : 22 janvier 2026 à 13:50
Par Yves Charmont

Une journée organisée par la direction « de la communication et de la relation citoyenne » de la région Bourgogne-Franche-Comté et le pôle « éducation et vivre ensemble » s’est tenue à Dole pour 150 de leurs agents. Cap’Com était invité : le thème en était « Les décodeurs du vrai ».

Parmi les intervenants de cette journée du 8 janvier, deux ont apporté des éclairages qui peuvent intéresser au premier chef les communicants publics : Michel Pretalli, professeur à l’université de Franche-Comté, et Olivier Martin, expert, chargé de mission gouvernance des données, IA et usages numériques pour la région. Ils ont apporté un éclairage et une analyse sur les questions de la désinformation (et ce depuis l’Antiquité !) jusqu’au « digital slop » en passant par l’infobésité. Des notions qu’ils ont définies (voir encadré) en s’appuyant sur leurs travaux universitaires. Du côté de Cap’Com, le délégué général et Marie Cailleaud, la directrice de la communication de la région et également membre du Comité de pilotage et coopératrice, ont d’abord replacé le cadre de la communication publique et les points de vigilance sur le sujet des infox (lorsqu’elles sont organisées et caractérisées). Dans la foulée, furent évoqués le devoir de transparence et les responsabilités des communicants publics (mais aussi de tous les agents du service public) face au slop. Puis la question de la mésinformation par la masse d’informations reproduites bêtement par l’IA a été identifiée comme une menace à part entière. Et les manières dont la communication publique s’organise pour lutter ont été détaillées, en s’appuyant sur des retours récents du réseau. Sans surprise, c’est l’éducation aux médias qui est le principal remède.

Désinformation : une forme de manipulation rusée, réalisée à travers la diffusion d'informations fausses, altérées ou décontextualisées, dans le but d'induire ses victimes à se faire une représentation erronée de la réalité et par conséquent d'influencer leurs décisions et leurs actions.
Digital slop : le successeur spirituel du spam. Un contenu de faible qualité tel que des images virales nulles ou des articles d'actualité régurgités créés par l'intelligence artificielle qui remplit les réseaux sociaux, les résultats de recherche et partout où vous pourriez chercher de l’information.

À ce sujet, Olivier Martin proposait notamment trois principes pour faire face.

  1. Développer les compétences nécessaires pour identifier le slop et endiguer sa propagation. L'action commence par notre propre littératie numérique (ou nos habileté et capacité d'utiliser les outils et applications numériques).
  2. Voir comment les plateformes, les éditeurs et les créateurs peuvent mettre en place des barrières techniques et éthiques pour privilégier la qualité et l'authenticité.
  3. Explorer des solutions juridiques et économiques pour créer des incitations durables à la production de contenu humain de haute qualité, et assurer une juste rémunération aux ayants droit.

Des interventions ont suivi, avec un jeu sérieux destiné aux élèves sur la question de fausses nouvelles et du cyber-harcèlement. L’ensemble des débats a montré une vraie prise en compte de ces dangers à l’échelle du territoire et la volonté de resserrer les rangs, au-delà des frontières disciplinaires, pour œuvrer afin de maintenir un bon niveau de discernement. À suivre !

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