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Réseaux sociaux : et si nous arrêtions de nous éparpiller ?

Publié le : 1 octobre 2018 à 21:32
Dernière mise à jour : 4 octobre 2018 à 16:11
Par Marc Cervennansky

Facebook, Instagram, Twitter, YouTube, Pinterest, Snapchat, Linkedin, Tinder - non, pas Tinder -... Dès qu’un nouveau réseau social rencontre un succès notable, il y a toujours quelqu’un pour nous demander : « Quoi ta collectivité n’a pas encore de compte sur InstatwiTube ? » Devons-nous investir tous les réseaux sociaux du moment, au seul prétexte que cela nous permet de communiquer auprès de plus de monde ?

Par Marc Cervennansky
@Cervasky

Dans le monde magique de notre ville 4.0, la stratégie de communication de notre collectivité nous permet de fixer des objectifs, des moyens et de juger ainsi s’il est pertinent ou non d'investir tel ou tel réseau social. En tenant compte également du niveau de pratique de ces dits réseaux sociaux par nos habitants.

En réalité, cela ne se passe pas toujours comme cela. Vous avez un geek qui trouve que c’est trop cool Facebook et qui va vous monter vite fait mal fait une page ou pire un profil pour son service, un élu qui pense qu’il est indispensable d’ouvrir un compte Twitter, parce que tous les hommes politiques importants en ont un. Et tant pis s’il n’y a que 12 habitants sur les 2 432 de la commune qui tweetent de temps en temps, quand ils parviennent à capter la 3G. Et n’oublions pas la tentation d’ouvrir un compte Snapchat pour s’adresser aux jeunes, parce que les jeunes ils sont sur Snapchat et pas ailleurs. Et que bien sûr, ils n’attendent qu’une chose : c’est que la mairie leur fasse des stories PTDR sur le dernier conseil municipal.

Faire du remplissage pour occuper le terrain

Mais en dehors de ces mauvaises raisons, se pose aussi la question du rythme imposé par chacun des réseaux sociaux pour gagner un peu sur la concurrence de l’attention.

Nos abonnés sont exposés à tellement de messages de part et d’autre, qu’il est nécessaire de déployer une énergie et une créativité, ô combien chronophage, pour avoir une chance d’être vu et mieux, d’être lu.

Si tant est que nous disposons des moyens et du temps nécessaires, être présent sur plusieurs réseaux sociaux conduit inexorablement à faire du remplissage pour occuper le terrain. La tyrannie des algorithmes contraint en effet à publier fréquemment, qui plus est des informations dans un format qui se veut engageant. Il s’agit de"liker", commenter, partager…

D’où la tentation de publier des contenus "faciles" dont nous savons qu’il généreront des "j’aime", même s’ils sont éloignés des sujets que nous sommes censés traiter.

Se concentrer sur la qualité du service public à rendre

Face à des collègues issus de collectivités locales, lors d’une formation sur l’utilisation des réseaux sociaux, je sentais le désarroi de certains d’entre eux, devant faire face à des injonctions parfois contradictoires : la demande ou le besoin d’ouvrir un compte sur Facebook, Twitter, Instagram, YouTube… sans bien mesurer les objectifs, le temps et l’énergie que cela allait demander, peut-être en pure perte.

Être sur plusieurs réseaux sociaux parce que les audiences - potentielles - y sont, ne peut pas être l’argument unique pour s’y lancer. Plutôt que de se disperser, s’épuiser et récolter des résultats décevants, concentrons-nous sur la qualité du service public que nous sommes censés rendre.

Des règles pour bien choisir

Plutôt que d’ouvrir en quelques minutes des comptes sur Instagram, Twitter, Snapchat & cie, vérifions que nous avons rempli quelques conditions essentielles pour communiquer efficacement :

  • choisir le réseau social le plus adapté à sa cible et à ses objectifs,
  • décliner sa stratégie de communication sur le réseau social adéquat,
  • définir une ligne éditoriale cohérente avec sa stratégie,
  • bâtir un calendrier de publication réaliste au regard des moyens disponibles et des objectifs à atteindre,
  • garantir une organisation interne et une autonomie pour communiquer sereinement dans la durée,
  • inscrire son réseau social dans son écosystème d’information existant et jouer la complémentarité des supports,
  • évaluer régulièrement le résultat de ses publications grâce aux données statistiques fournies par le réseau social.

Sinon, qui a essayé Tinder pour sa collectivité ?

Illustration : d’après une photo de Zac Ong - Unsplash