Aix Marseille Université interpelle les candidats aux municipales sur les attentes de ses étudiants
Après avoir incité ses étudiants à voter aux élections locales, Aix Marseille Université (amU) poursuit sa campagne de com citoyenne en relayant les résultats d’un sondage sur leurs attentes.
« Notre jeunesse compte. Écoutez-la », « Nos étudiants ont quelque chose à vous dire. Ce qu’ils veulent ». Sur les visuels de la seconde phase de com de l'amU, les aplats colorés et les gros caractères de la première phase de sa campagne citoyenne sont toujours là, mais les références à Jul, Théodora, ou au parler local ont laissé place à des interpellations plus directes. Car cette fois l’université ne s’adresse pas aux jeunes. Elle s’en fait le porte-voix auprès des candidats aux municipales en s’appuyant sur une enquête réalisée en décembre 2025 avec la Fondation Jean-Jaurès et l’Ifop auprès de plus de 5 000 étudiants. Sur chaque affiche, un QR code renvoie vers le site de la campagne qui présente les principaux enseignements de ce sondage sur l’engagement des jeunes, leurs attentes et leur rapport à la politique. Et rappelle au passage les dispositifs d’engagement de l’université.
La campagne a été déployée sur les réseaux sociaux d’amU et en affichage sur le mobilier urbain aux abords des campus, à Marseille et à Aix-en-Provence et dans le réseau métropolitain jusqu’au 25 février 2026.
À travers cette campagne, Aix Marseille Université « veut porter un projet de réconciliation et de dialogue [...] Face à cette rupture de transmission, nous voulons réaffirmer notre mission et cet impératif : former des citoyens de demain éclairés d’un côté, de l’autre informer les élus locaux avec des données scientifiques sur ce dont a besoin la jeunesse », explique le président de l’université.
Une jeunesse majoritairement engagée, mais qui n’ira pas voter
À quelques semaines des scrutins locaux, les résultats font état de cette rupture entre une jeunesse engagée et des candidats locaux qui n’arrivent pas à la mobiliser. 2 étudiants sur 3 (67 %) se déclarent aujourd’hui personnellement engagés pour une cause. Mais 46 % seulement se disent intéressés par les prochaines élections municipales et 44 % comptent aller voter. Et les communicants ont encore fort à faire : seulement 40 % des étudiants savent que les prochaines élections municipales se tiendront en mars 2026, et 25 % ne sont pas inscrits sur les listes électorales. Pour autant, 73 % des abstentionnistes affirment qu’une offre politique correspondant à leurs attentes pourrait les encourager à aller voter. Des attentes concrètes : parmi les inscrits sur les listes ayant l’intention d’aller voter aux élections municipales, 85 % jugent « l’offre de soins et les services de santé » comme thème prioritaire pour le prochain mandat municipal, devant « la lutte contre la pollution » (69 %) et la « sécurité des biens et des personnes » (69 %).
« L’enjeu pour les acteurs publics n’est donc pas de remobiliser une jeunesse distante, mais de reconstruire un lien de confiance à partir de ses priorités réelles », conclut le rapport complet de la Fondation Jean-Jaurès, qui donne aussi des enseignements sur les valeurs, le ressenti et le rapport des étudiants au territoire – de quoi intéresser les marketeurs territoriaux locaux. Les résultats de l’enquête ont donné lieu le 11 février à une audition des candidats à la mairie de Marseille par les étudiants.