Aller au contenu principal
Fermer

Grande cause toi-même !

Publié le : 19 février 2026 à 07:07
Dernière mise à jour : 19 février 2026 à 15:05
Par Cécile Ferrer Staroz

En ce début d'année interrogeons-nous sur le sens de la vie et des grandes campagnes de communication imposées à nos collectivités par un ministère « engagé ». Avec ou sans péremption, votre cause nationale en 2026 ?

Dans les mêmes thématiques :

Par Cécile Ferrer Staroz, responsable de la mission communication interne du département des Pyrénées-Orientales, membre du Comité de pilotage de Cap'Com.

Tendance frangipane revisitée

Il en est des sujets tendance dans la communication publique comme de la mode des galettes des rois que nous avons dégustées sans fin en janvier. Chaque année apporte son lot de nouveauté. En 2026 la frangipane est revenue en force, pimpée par la mandarine ou la praline, l'an dernier on me parlait de pépites de chocolat. De toute façon, en bonne Sudiste, je préfère la légèreté de la brioche aux fruits confits.

Celle qui m'ennuie plus dans ces tendances est celle qui malheureusement fait disparaître de la communication des sujets essentiels, se volatilisant au gré de nouvelles affaires politico-scandaleuses, nouveaux ministres, nouvelle vision, nouveau tout et n'importe quoi en fait.

Quid de la continuité essentielle pour faire changer les comportements et montrer que la suite dans les idées, c'est important. On aura eu depuis deux quinquennats plusieurs grandes causes nationales... qui n'auront pris leur envol que quelques mois pour retomber lourdement au sol.

Des grandes causes pendant 5 minutes

La grande cause de l'égalité entre les femmes et les hommes, lancée en 2018 et portée à son sommet par Marlène Schiappa, n'hésitant pas à donner de sa personne pour faire avancer la cause, a fait flop très vite.

En 2025 les violences sexistes et sexuelles sont toujours en augmentation et, selon le rapport du Haut Conseil à l'égalité de ce début d'année 2026, le sexisme et le masculinisme sont à leur plus haut en France. Quant aux postes en entreprise, peu d'évolution dans la parité aux places les plus prestigieuses et les mieux payées, les « boys bands » décideurs ont de beaux jours devant eux.

Sportif un jour... mais pas toujours

N'oublions pas celle de 2024 – Bâtir la nation sportive –, dans la promotion de l'activité physique et sportive. Las, une fois les JO terminés, que reste-t-il de ces bonnes intentions à part des piscines d'été dans la Seine ? Les clubs continuent de courir après les subventions et les communicants de rester assis sur leurs fauteuils, faute d'incitation en interne et d'équipements à disposition, ne serait-ce qu'une douche pour aller courir sur la pause méridienne et revenir travailler rincé, dans les deux sens du terme.

La communication publique d'ailleurs sur ces sujets est désormais reléguée au niveau du marronnier, quelques campagnes le jour J, le 8 mars ou 25 novembre, à la rentrée scolaire on parle vaguement des forums d'associations sportives... et basta.

Comment rester constant ?

Il faut bien dire qu'à l'allure où nos gouvernements changent, nos ministres valsent et nos collectivités territoriales sont mises en cause sur leurs compétences, il est parfois difficile de rester concentré et sain d'esprit sur la communication à construire. Sans doute un lien avec la cause nationale 2025-2026 centrée sur la santé mentale qui, je l'espère vraiment, fera évoluer ce pan médical délaissé depuis trop longtemps.

J'ajouterai que, noyés sous des informations toutes plus nouvelles et fantaisistes chaque jour, nos concitoyens ne sont pas non plus focus sur ces sujets. Trop d'info tue l'info, on le sait.
Que faire alors ? Comment espérer accompagner nos agents et nos usagers sur le long terme alors que déjà nous peinons parfois à ce qu'ils aient tous et toutes accès à leurs droits ?
Comment vraiment peser sur l'amélioration de la vie en société ?

Vaste question que je laisse ouverte, avec malgré tout un exemple maison.

Chaque année depuis dix ans, mon département, avec l'aide de nombreuses associations et partenaires, consacre deux semaines complètes autour du 8 mars à défendre les droits des femmes – colloques, ateliers, films, rencontres dans les collèges, on ne lâche rien... J'ai UNE présidente, cela doit aider.