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La communication santé change de mains

Publié le : 18 février 2026 à 10:53
Dernière mise à jour : 19 février 2026 à 15:05
Par Bernard Deljarrie

La communication sur la prévention et l’éducation à la santé fait débat. Le gouvernement a annoncé que les campagnes de communication de Santé publique France incomberont dorénavant au ministère de la Santé.

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Depuis 2016, Santé publique France, établissement public administratif sous tutelle du ministre chargé de la Santé, regroupe la surveillance épidémiologique, la veille sanitaire et la prévention pour protéger et améliorer la santé des populations. L’établissement est né de la fusion de plusieurs agences dont l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes). Les campagnes de communication lancées par Santé publique France sont aujourd’hui un des outils privilégiés des politiques de santé publique et d'éducation à la santé. Elles s’appuient sur des études, des recherches, des actions de terrain, des évaluations, en liant l’information sur la prévention à l’offre de soins.

Le gouvernement a annoncé fin janvier le « recentrage stratégique » de Santé publique France, dont plusieurs missions vont être transférées au ministère de la Santé. À partir de 2027, les campagnes de communication de santé publique incomberont au ministère de la Santé et à l'Assurance Maladie.

Cette redéfinition du rôle de l’établissement public suscite des inquiétudes dans le milieu de la santé qui estime que la communication scientifique, sous l’autorité directe du gouvernement, pourrait devenir un outil politique. « Affaiblir ou fragmenter l’outil national de surveillance de la santé des populations et de prévention constituerait une régression », alertent la Société française de santé publique, France Assos Santé, l’association des patients et des usagers du système de santé, ainsi qu’un collectif de plus de 300 acteurs de santé publique.

Un savoir-faire reconnu en matière d’information

Les acteurs de la santé publique, comme ceux de la communication publique, reconnaissent qu’en une décennie Santé publique France a développé des savoir-faire reconnus en matière d’information, de prévention, d’incitation aux dépistages et de promotion de la santé. L’agence a su développer des approches dites de « marketing social en santé », qui encouragent les comportements favorables à la santé, et sont fondées sur les connaissances épidémiologiques et la compréhension de comportements et des déterminants sociaux de la santé.

Les campagnes de prévention contre les infections sexuellement transmissibles, celles autour du « Mois sans tabac » ont eu des résultats positifs. Les actions menées en matière de nutrition, d’alcool ou encore celle sur « 1 000 premiers jours de la vie de l’enfant » ont aussi illustré la capacité de l’agence à traduire efficacement la connaissance scientifique en une communication concrète déployée par de nombreux partenaires qui agissent dans les territoires. Il est à noter que la communication santé se fait encore souvent sous plusieurs signatures, celle du ministère de la Santé, de l’Assurance Maladie ou de Santé publique France.

Depuis les années 1990, le recours à des agences publiques a permis à la communication publique de gagner en souplesse et en expertise. Mais voilà quelque temps que les agences sont sur la sellette sous couvert de difficultés financières de l’État. Et leurs budgets de communication publique ont été fortement réduits cette année.

Le Sénat a mené l’assaut début 2025, souhaitant la fermeture de plusieurs agences de l’État, et pas des moindres, comme l’Ademe ou les ARS. La disparition des agences se ferait au profit direct des ministères ou des préfectures. Le recentrage gouvernemental ne semble pas répondre seulement à un impératif budgétaire alors que les communications santé, depuis le Covid, sont politiquement plus sensibles.

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