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« Les âmes cassées » : quand la création révèle les blessures invisibles de la Grande Guerre

Publié le : 31 mars 2026 à 07:26
Dernière mise à jour : 2 avril 2026 à 14:05
Par Chantal Lambert

Le musée de la Grande Guerre (Meaux) dévoile « Les âmes cassées », exposition conçue par l’agence BBDO Paris, s'articulant autour de visuels et de vidéos sur les blessures psychiques des soldats. Plus d'un siècle après les faits, cette thématique reste malheureusement d'actualité, avec la santé mentale désignée, pour la seconde année consécutive, grande cause nationale.

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« En 2026, on commémore les 110 ans des grandes batailles de la Première Guerre mondiale, celles de Verdun ou de la Somme. On a choisi d'évoquer les douleurs invisibles des soldats revenus de la guerre avec des blessures physiques, mais aussi psychiques », explique Audrey Chaix, directrice du musée de la Grande Guerre de Meaux, au micro de France 24.

Pour incarner ces « âmes cassées », BBDO a conçu une série d’affiches selon un processus volontairement lent, physique, expérimental. Elles sont visibles au musée de la Grande Guerre, sur les réseaux urbains franciliens (JCDecaux secteur Marne-la-Vallée), en version digitale dans les commerces d’Île-de-France et sur les réseaux sociaux du musée.

Trois métaphores des troubles mentaux

Cette mise en abîme du vécu des poilus nous plonge dans la « Souffrance », avec 1 916 impressions d’un même portrait découpées et superposées pour former une tranchée.
Ensuite dans le « Chagrin », avec un visage exposé à des gouttes de solvant pendant 24 heures (au rythme des bombardements de la Somme).
Et enfin, dans la « Détresse », avec un cliché laissé dix jours au fond d’une véritable tranchée.

« Traiter un sujet aussi sensible demande une grande justesse. Notre rôle a été d’utiliser la création pour rendre perceptible l’indicible. La mémoire se transmet aussi par l’émotion », déclare Alexander Kalchev, CEO/CCO de BBDO Paris.

Destins croisés

S'ajoutent trois minidocumentaires (mis en ligne progressivement) avec trois destins de soldats racontés par des descendants, un historien et des psychiatres, créant un parallèle entre les traumatismes d’hier et la psychiatrie d'aujourd'hui. Ces trois poilus sont Anthelme Mangin, « le soldat inconnu vivant » ; Baptiste Deschamps, « le blessé sans blessure » ; et Ernst Jünger, « le soldat devenu écrivain ».

Le syndrome de stress post-traumatique

Pendant et bien après la fin des combats, des milliers de soldats ont souffert de troubles psychiques. Faute de compréhension médicale, beaucoup ont été accusés de lâcheté, traités de mauviettes, internés ou soumis à des traitements brutaux (électrochocs). Un siècle plus tard, leurs blessures invisibles portent désormais un nom : le syndrome de stress post-traumatique. Difficile de ne pas penser aux conflits actuels et à leurs conséquences visibles... Et encore souvent invisibles, même avec un nom.