Quand tout devient communication : se faire entendre dans le bruit
Messages omniprésents, notifications incessantes, campagnes à outrance… Dans un monde hyperconnecté, la communication est partout. Mais trop de communication tue la communication. Alors, comment se démarquer et faire passer ses messages ?
Par Laura Scarceriaux, directrice de la communication de la ville de L’Isle-d’Abeau.
Le défi de la saturation
Chaque jour, nous sommes exposés à des milliers de messages, entre réseaux sociaux, newsletters, campagnes d’affichage et publicités. Face à cette « infobésité » l’attention est devenue une ressource rare, parfois plus précieuse que le temps. Pour les communicants publics, le vrai défi n’est pas de parler plus fort, mais de parler mieux.
Cela suppose de sortir d’une logique de quantité : moins de messages, mais des messages plus utiles, porteurs d’un vrai contenu. L’information utile, le point de vue original ou l’invitation à agir priment le simple fait d’occuper l’espace. La pertinence devient plus forte que la présence.
Donner du sens
Dans un monde saturé, ce ne sont pas les messages les plus bruyants qui marquent les esprits, mais ceux qui touchent juste. Une vidéo courte, un visuel marquant, une histoire bien racontée peuvent avoir plus d’impact qu’une avalanche de contenus. La créativité, la capacité à surprendre et à émouvoir transforment un message en expérience mémorable.
Le ton compte aussi : l’humour, l’audace ou l’authenticité restent gravés, là où le discours convenu s’oublie aussitôt. La communication publique gagne à s’inspirer de ces leviers, tout en gardant une exigence de clarté et d’accessibilité.
Écouter pour mieux communiquer
Communiquer n’est pas seulement parler, c’est aussi dialoguer. L’écoute active est essentielle pour comprendre les attentes, les inquiétudes et les besoins du public. Elle permet de créer des messages plus ciblés, d’éviter les redondances et de répondre réellement aux préoccupations des citoyens.
Dans le champ de la communication publique, cette écoute est une responsabilité démocratique : elle ne se réduit pas à sonder, mais implique de prendre en compte et d’ajuster. Si tout le monde parle en même temps, qui écoute ?
La confiance comme clé
À l’heure où la défiance vis-à-vis des institutions est forte, la communication publique doit plus que jamais miser sur la transparence et l’éthique. Les messages trompeurs ou opportunistes sont sanctionnés, tandis qu’un discours honnête, clair et cohérent devient un véritable atout.
La confiance ne se gagne pas en un slogan percutant : elle se construit pas à pas, par des prises de parole constantes, cohérentes et assumées. Montrer les réussites, mais aussi reconnaître les limites ou les difficultés, cela renforce la crédibilité. Le public accepte mieux une vérité nuancée qu’un message trop lisse.
Naviguer dans le brouhaha
Se démarquer n’est donc pas une question de volume, mais de pertinence. Écoute, qualité, créativité et éthique sont les clés pour naviguer avec succès dans la saturation informationnelle et renforcer la confiance du public.
Et vous, quelles sont vos astuces pour capter l’attention dans ce brouhaha incessant ?