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À toi mon·ma chèr·e collègue

Publié le : 1 avril 2021 à 07:07
Dernière mise à jour : 1 avril 2021 à 13:38
Par Vanessa Gotti

Je suis seule face à mon écran, France Info en fond sonore et un mug de café à mon côté. La journée commence. Je t’imagine chez toi – peut-être encore en bas de pyjama – te connectant en parallèle. Un ding maintenant familier retentit, puis un « Bonjour tout le monde » s’affiche dans une fenêtre de discussion comme rituel du matin, nous voilà fins prêt·e·s pour notre première réunion. Nous sommes là mais éloigné·e·s, connecté·e·s mais séparé·e·s. Notre tandem me manque, sans toi je ne roule plus droit.

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Par Vanessa Gotti, chargée de communication interne à la ville de Chatou.

Parce que ça fait plus d’1 an que nos ragots à la machine à café me font défaut, parce que ça fait plus de 12 mois qu’aucune soirée interne ne nous rassemble sur la piste pour nous déhancher et nous bidonner au son de Crazy in Love de Beyoncé, parce que ça fait plus de 365 jours que la grisaille a pris le pas sur l’humour, parce que ça fait plus de 8 760 heures que nos écrans d’ordinateurs sont le reflet de notre vie sociale et parce que ça fait plus de 525 600 minutes que le protocole sanitaire aseptise nos vies… tu me manques !

En temps normal, tu serais arrivé·e ce matin comme un courant d’air, me racontant avec foule de détails ton périple sur la ligne du RER A. Et après avoir posé ton manteau, tu aurais su me résumer en moins de 5 minutes l’épisode de Koh-Lanta de la veille, la nuit blanche que tu avais passée à cause des poussées dentaires de ton petit dernier et les points-clés de notre prochaine campagne, le tout en faisant infuser ton thé.

Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin (proverbe africain)

Je pense à toi, chèr·e collègue, avec envie et nostalgie. Le 1er avril vient de passer, assurément je sais que ça aurait été animé. J’aurais certainement été victime d’un de tes canulars dans le couloir ou retrouvé un poisson accroché dans mon dos. Moi je t’aurais bien sûr fait croire que le japonais du coin avait rouvert pendant l’heure du déjeuner ou aurais mis du Scotch sous le capteur optique de ta souris à pas feutrés ! Bref, on aurait bien ri.

Mais on aurait surtout bien phosphoré, bien brainstormé, bien réfléchi, bien échangé… Bref, bien travaillé.
Comme le rebond de la balle de ping-pong ou le reflet du miroir, tes remarques auraient nourri les miennes. Pris·e·s dans nos urgences, dans nos livrables, nous aurions malgré tout trouvé – toujours – le temps de nous poser pour improviser et collaborer sur un coin de bureau, entre deux coups de fourchette à la cantine ou même dans les escaliers menant au parking.
Chez nous la complémentarité est une religion.

Te rappelles-tu nos idées folles et incongrues à partir desquelles ont germé nos plus beaux projets ! L’ivresse de nos échanges débordants, cet effet Cocotte-Minute où tout s’affole, où l’inventivité chauffe, où l’émulation est telle que les esprits s’entrechoquent, les idées fusent.
Quand on a du mal à rester assis·e sur notre chaise, quand on est debout, écarlate, avec la pensée qui éclate. Quand, le sourire imprimé et les yeux qui brillent, les idées vont plus vite que notre faculté à les dire. Quand les tiennes, les miennes, celles de nos collègues, se répondent et rebondissent.
Quand tout est évident, quand tout se tricote sans fausse note. Quand on tient une pépite, un projet brillant. Quand tout va droit devant. Quand on tient le feu sacré de la créativité et quand l’alchimie prend.

Qu’on la nomme collaboration, co-construction, intelligence collective ou tout autre joli mot à la mode, tout repose pour moi sur un seul principe : l’équipe.
Ces moments sont puissants et stimulants. Grâce à eux, les journées ont ce petit plus qui donne envie d’aller plus loin. Ce petit sel qui donne du goût au quotidien, l’envie de s’investir encore. Ils incarnent la magie qui opère quand à deux, à trois… à plusieurs, ce que l’on touche se transforme en or, quand on y arrive mieux, quand on apprend d’autrui et qu’on est plus fort.

Ma connexion

Mon·ma chèr·e collègue, depuis des mois je bénis mon VPN et mon wifi. Grâce à eux tu es quand même là. Grâce à eux, avec toi – et toute l’équipe –, on réussit malgré tout à ne former qu’un.
De cette connexion, presque sans aucun hic – merci le service informatique ! –, nous poursuivons notre chemin et assurons la continuité du service public. À renfort de visios, de mails, de messages instantanés, notre lien se maintient et notre activité se poursuit. C’est aussi une nouvelle façon de fonctionner ensemble et de se dépasser. De faire d’un caillou dans la chaussure, une nouvelle corde à notre arc car cela renforce notre façon de collaborer, de nous adapter, pousse encore plus loin nos capacités.

Même si je préfère nos blagues potaches et nos jeux de mots à la volée, nos combinaisons d’émoticônes bien senties et échangées peuvent aussi déclencher chez moi l’hilarité !
Même si je ne vois plus tes grimaces, tes yeux levés au ciel ou tes regards pleins d’ironie en réaction à la vie du bureau, notre complicité demeure grâce au clavier de nos ordinateurs.
Même si je ne t’entends plus fredonner, je vibre en stéréo avec toi sur nos playlists partagées.
Même si je te vois moins, je te sais près de moi.

À toi mon·a chèr·e collègue, mon binôme, mon·a partenaire, comme Rachel et Monica, Starsky et Hutch, Mulder et Scully ou bien encore Tic et Tac, nous sommes lié·e·s.
Qu’importe le télétravail, cette covid, tous ses variants et la morosité… je n’ai qu’à me connecter pour te retrouver et bien travailler. Mais je rêve bientôt de te revoir pour de vrai, de t’offrir un café et de tout rattraper.

#BinomeDeChoc
#JaimeMesCollegues
#TeamForEver

Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs (ou presque), toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite (ou presque).