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Le communicant public se forme aux nouveaux outils. Et le management, alors ?

Publié le : 12 février 2026 à 16:25
Dernière mise à jour : 19 février 2026 à 16:46
Par Andréane Lecarpentier

Le communicant public sous pression interne et externe doit se former pour répondre aux évolutions de son métier. C’est ce que souligne l’édition 2025 de la Radioscopie du communicant public. Mais il n'a que trop peu de temps à consacrer à son développement de compétences et un budget formation qui se comprime. Quelles priorités se fixe-t-il alors ?

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La Radioscopie des communicants publics est une étude conduite en septembre 2025 par Cap’Com en partenariat avec l’institut d'études Occurrence et le CNFPT, et auprès d’un échantillon de 946 communicants publics de toutes les régions. 80 % exerçant en collectivités locales et 20 % dans des organismes publics locaux, nationaux ou hospitaliers. Un tiers se situe dans des postes de directeur ou responsable, et deux tiers dans des postes de chargé de communication.

La com est un métier

C’est une confirmation de cette édition de la Radioscopie : les communicants publics ont en point commun un niveau élevé de formation initiale. Plus de la moitié a au moins un master. Et ils sont autant à répondre que leur diplôme le plus élevé relève du domaine de la communication.

86 % ont suivi une formation au cours des trois dernières années, mais surtout 64 % suivent deux jours ou plus de formation par an.

Les communicants publics champions de la formation

Or le communicant public se dit lui-même en surchauffe : c'est le premier frein qu'il cite à sa formation continue. Plus précisément à 62 % « le peu de temps dont il dispose au regard de sa charge de travail » et à 52 % « le prix des formations et le budget limité consacré à la formation ».

Ce qui explique aussi certainement le peu de formations diplômantes suivies : seulement 12 % seulement des répondants de l’étude.

L’opportunité des formations à distance

Depuis 2020, les formations en distanciel n’ont cessé de se développer. À Cap’Com, ces formations – courtes, sur deux à quatre jours consécutifs – représentent désormais plus de 8 sessions sur 10. Le format est plébiscité pour son « agilité » et son accessibilité : de grosses demi-journées qui permettent à la fois de garder le fil de son travail en fin de journée et de mieux progresser par l’alternance de sessions méthodologiques, ou participatives ou pratiques. « Le format en demi-journées en petit groupe est bien pensé. Il favorise l'assimilation des informations. Il n'y a que du positif. »

Les communicants se forment aux innovations technologiques

Les communicants identifient distinctement trois évolutions majeures qui impacteront l’exercice de leur métier dans les années à venir :

  • à 88 % : le développement de nouveaux outils de communication ;
  • à 82 % : la réduction des moyens budgétaires consacrés à la communication ;
  • à 78 % : de nouvelles missions données à la communication.

En réponse logique à ce constat, les premiers choix de formation se portent vers les nouveaux outils numériques et les innovations technologiques.

Une formation continue insuffisamment ciblée face aux enjeux ?

Alors que les communicants publics citent « la vision stratégique » comme la première qualité du responsable ou directeur de communication, et « savoir diriger une équipe » la deuxième, les formations managériales ou de cadres territoriaux semblent peu ancrées dans les pratiques de développement des compétences des communicants. De même, près d’1 communicant sur 2 dit avoir été confronté à un questionnement éthique ou déontologique lié à l’exercice de son métier durant les trois dernières années.

Or les formations priorisées semblent tournées vers des programmes méthodologiques ou des outils très concrets.

Le top 5 des formations Cap’Com

des trois dernières années

  • Intégrer les outils de l’intelligence artificielle dans sa pratique professionnelle
  • Intéresser, argumenter, toucher : le récit pour raconter son territoire et ses projets
  • Concevoir et produire des vidéos avec un smartphone
  • Concevoir une infographie ou une datavisualisation
  • Journal territorial, site web et réseaux sociaux : quelle articulation efficace ?

Nul doute que les communicants publics assument la technologisation de leur fonction, largement poussée par l'intelligence artificielle. Ils se forment, ils échangent en réseaux, ils s'informent, veillent, testent et c'est une part importante de leur activité. En tant que cadres, ils doivent être accompagnés par leurs collectivités territoriales et administrations publiques pour se former plus largement aux enjeux territoriaux et à l'accompagnement des mutations et transitions, en interne comme en externe. C'est un enjeu d'avenir car – même sous pression – 70 % des dircoms interrogés anticipent un renforcement du rôle de la communication publique dans les années à venir.

Un métier de vocation

Trois quarts des communicants exercent leur métier par attachement au service public et à l’intérêt général. En hausse même de 7 points par rapport à 2018. Pour les directeurs et responsables de communication, la deuxième motivation est – non loin de la première – l’intérêt pour les enjeux politiques.

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