Les services publics, on les adore… mais en soldes !
Comment ça, les Français sont paradoxaux ? Ils adorent leurs services publics mais rêvent de payer moins d’impôts. Un peu comme s’ils voulaient voir « Borgen » sur Netflix, sans payer d’abonnement ! Les résultats du dernier Baromètre, de l’institut Paul Delouvrier, « Les services publics vus par les Français et les usagers » confirment ce grand écart national : on aime, mais on n’aime pas payer.
Par Anne-Caroline Poincaré, directrice de la communication de la ville du Chesnay-Rocquencourt, membre du Comité de pilotage de Cap'Com.
Réjouissons-nous, fonctionnaires : les Français sont très satisfaits de leurs services publics, autour de 75 %, et ce depuis deux décennies. Le contact, le professionnalisme, la présence sur le territoire… bref, tout ce qui fait le quotidien des usagers fonctionne plutôt bien. Et ça compte.
En parallèle, 59 % des Français préfèrent désormais une baisse des impôts, même si cela signifie des prestations de moindre qualité ou à supprimer. Et cette tendance grimpe chaque année. Le fameux « ras-le-bol fiscal » se porte donc très bien.
La fiscalité reste d’ailleurs le point faible de l’action publique : seulement 39 % en ont une perception positive. Je pense que ce sont les mêmes qui repoussent le remplissage de leur déclaration d’impôts jusqu’à la dernière limite.
Donc, les Français veulent des services publics efficaces et payer moins. Payer moins, mais avoir une place en crèche, payer moins mais ne pas avoir froid dans un équipement public, payer moins mais avoir plus de policiers municipaux… Je suis certaine que vous avez autant d’exemples que moi.
Et donc, une fois de plus, les communicants publics doivent expliquer, rassurer, remettre en perspective et parfois désamorcer quelques crispations.
1. Les services publics sont aimés : il faut le dire !
Puisque les usagers sont majoritairement satisfaits, il serait dommage de ne pas mettre en lumière ce qui fonctionne. Valoriser les agents, les réussites, les petites et grandes victoires du quotidien : autant de moyens de renforcer la confiance.
2. L’impôt n’est pas reconnu à sa juste valeur : à nous de le rendre lisible
Si la fiscalité fait grincer des dents, c’est aussi parce qu’elle est complexe. Notre rôle ? Vulgariser : impôt, investissement, service, bénéfice concret. Moins de jargon, plus d’explications simples et utiles, plus d’infographies pédagogiques.
3. Le contexte budgétaire est tendu : expliquer les arbitrages
Les dépenses augmentent, les recettes diminuent et toujours l’exercice d’avoir un budget à l’équilibre. Les besoins des habitants évoluent, les individualités se renforcent. Les choix publics des élus doivent répondre à tous ces enjeux, sans oublier le sens commun. Notre rôle ? Expliquer, sans cacher les contraintes, pourquoi des projets passent avant d’autres. Clarifier aide à apaiser.
Un pays qui veut le beurre, l’argent du beurre… et le sourire des fonctionnaires !
Les Français aiment leurs services publics, mais aimeraient qu’ils coûtent un peu moins cher. Sans baguette magique, la communication publique a alors un rôle essentiel : raconter ce qui est fait, pourquoi, comment, et ce que cela change concrètement.
Et peut-être qu’en racontant mieux l’action publique (on revient encore aux récits du Forum Cap'Com d’Angers), on aidera aussi les Français à ne plus voir les services publics comme une dépense à solder, mais comme une histoire collective à poursuivre.
Baromètre « Les services publics vus par les Français et les usagers », édition décembre 2025 – Toluna et Harris Interactive pour l’institut Paul Delouvrier.
Je confesse que je ne l’ai pas lu en entier, mais tous les journaux en font une très bonne synthèse !