Une histoire d’inspiration
On me demande souvent « Mais où vas-tu chercher toutes tes idées ? » (j’ose espérer qu’il s’agit d’une version plus sympa de « Mais où est-ce qu’il trouve toute cette énergie ? ») dans un regard mi-admiratif, mi-incrédule. Je ne sais jamais quoi répondre sur le moment – en général je fais une blague sur la drogue que je ne prends pas. Mais finalement, ça m’a fait réfléchir à mon processus créatif dans son ensemble, et m’interroger sur les éléments-clés qui, me concernant, sont en marche lorsque je cherche l’inspiration.
Par Pauline Moussalli, responsable de la communication interne de la ville de Mulhouse.
Le préalable en ce qui me concerne : la liberté. Ne pas avoir de cadre imposé sur le ton, la forme, le contenu. Je n’ai pas d’angoisse de la page blanche, c’est au contraire une forte motivation de me challenger moi-même à partir d’une commande la plus minimaliste possible. La liberté invite l’imagination, elle la nourrit et lui laisse toute la place pour s’épanouir. Évidemment, une telle liberté implique des risques : décevoir, taper à côté, rater son coup.
C’est pour ça qu’il faut y adjoindre la confiance. Il s’agit d’une source puissante de confort : quand on croit en vous, votre mental est décuplé. Cette confiance doit être tout sauf aveugle, mais s’adosser à des expériences passées l’ayant forgée. Elle agit comme un filet de sécurité bienveillant.
Après, rien ne vient de nulle part. Pour trouver des idées, je cherche. Je lis, j’écoute, je découvre, je regarde, je note les impressions, les couleurs, les phrases. Je cherche quelque chose de précis et je trouve tout à fait autre chose. Je réveille mes madeleines, je teste des intuitions auprès des personnes autour de moi. Dans cette phase-là, mon historique de recherche est si fou que l’algorithme peine à suivre !
Bon, évidemment, j’ai ce fameux grain de folie, cette capacité à réveiller son enfant intérieur avec toute l’intrépidité, la candeur, la passion et même le goût du risque que ça implique. Et ça, c’est très personnel, mais, lorsque l’on travaille dans la communication, a fortiori interne, ça peut aider !
Enfin, n’oublions pas le facteur chance. Le souvenir d’une bribe de rêve qui devient le début d’une idée, la musique écoutée par hasard à la radio qui évoque LA pépite à venir – dans ces cas-là, un seul réflexe : noter immédiatement ! Il n’y a pas plus fugitif qu’une excellente idée !
Bref, mon inspiration, c’est un mélange de tout ça. Parfois, ça ne marche pas, dans ces cas-là je me laisse du temps, sans y penser spécifiquement pour libérer mon esprit et attendre l’épiphanie. Et quand elle est là : bingo ! Pour le reste, pas de miracle : ça s’appelle du boulot !