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Lorsque les jeunes sont associés à la réflexion, la communication gagne en justesse

Publié le : 12 octobre 2026 à 17:56
Dernière mise à jour : 15 octobre 2026 à 15:59
Par Mary Mackay

Et si les meilleures idées pour parler aux jeunes venaient d’abord des jeunes eux-mêmes ? À l’occasion de la cérémonie de remise des prix Anacej des jeunes citoyens 2026, les organisations de jeunesse ont une nouvelle fois démontré leur capacité à concevoir des actions de communication utiles, créatives et proches des réalités du terrain.

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Par Mary Mackay, responsable communication et événementiel à l’IUT Nord Franche-Comté, université Marie & Louis Pasteur, membre du Comité de pilotage de Cap'Com et représentante du réseau Cap'Com au sein du jury des prix Anacej 2026.

La soixantaine de dossiers étudiés dans le cadre des prix de l’Association nationale citoyenneté enfance jeunesse (Anacej) plonge dans un univers foisonnant de projets, d’événements, de formations et d’actions, bien souvent à l’initiative des jeunes eux-mêmes, répondant à des besoins identifiés et à des enjeux actuels. L’Europe, le développement durable, la participation à la décision, la lutte pour l’égalité, l’engagement citoyen, la mémoire et aussi la communication. Si elle est souvent présente tel un fil rouge dans chaque catégorie, lui attribuer un prix spécifique, c’est valoriser une dimension essentielle à tout projet de qualité.

La communication des jeunes sur les discriminations primée

Décerné le mercredi 7 octobre 2026, le prix de la communication publique, dont Cap’Com est partenaire, revient au conseil municipal d'enfants de Libourne pour son action « L’autre, c’est moi & Extraordinaires », une double campagne portée par des enfants de 9 à 13 ans.

Cette démarche citoyenne visait à lutter contre les discriminations, à valoriser les singularités et à promouvoir le vivre-ensemble. La campagne « L’autre, c’est moi », composée de neuf affiches et de cartes postales, aborde différentes formes de discrimination (origine, apparence, handicap, genre, orientation…). Diffusée dans l’espace public et les établissements scolaires, elle vise à susciter une prise de conscience collective autour de l’égalité et du respect.

« Extraordinaires » en constitue le prolongement sous la forme d’une exposition avec une galerie de portraits valorisant des parcours inspirants où les singularités et les fragilités deviennent des forces. « Nous pensons souvent que cela n’arrive qu’aux autres et pourtant lorsque nous avons travaillé le sujet, nous nous sommes rendu compte que chacun d’entre nous en a été victime ou témoin. »

Créer les conditions du dialogue et de la participation

Quand il s’agit de jeunes, c’est tout le caractère authentique qui s’exprime, sans filtre, à travers leur regard et leur sensibilité. Des productions qui rencontrent le professionnalisme des adultes qui les accompagnent. Cela donne des dossiers très riches dont l’événementiel, la vidéo ou encore l’affichage sont les porte-voix.

Car les jeunes ne se contentent pas de produire un support ou de relayer un message. Ils cherchent à créer les conditions du dialogue et de la participation. La communication devient alors un moyen de sensibiliser, de rassembler et de faire émerger des solutions. « Ce projet est important, car on est la nouvelle génération, on porte un message de diversité, un message de paix. La jeunesse est engagée et le fait que la campagne perdure montre que le sujet est toujours d’actualité. »

Cette approche rappelle que les jeunes ne privilégient pas systématiquement les outils numériques ou les réseaux sociaux. Ils ont ainsi animé des ateliers autour de ce projet à l’espace jeunes de la ville et lors de la « Quinzaine du vivre-ensemble », événement festif et inclusif renouvelé tous les ans dans la ville. Ils se sont rendu compte que faire une campagne contre les stéréotypes ou les discriminations était « une aventure difficile, fragile, mais très enrichissante, car il est très difficile en dessin de représenter un maximum de gens et d’idées mais nous en sommes très fiers ».

Les membres du Conseil municipal enfant de la ville de Libourne.

Être membre du jury : un pas de côté dans ses pratiques professionnelles

Pour départager les actions, le jury a notamment été attentif à plusieurs critères. L’appréciation a porté sur l’implication des jeunes, leur rôle d’initiateurs ou leur association à la réalisation de l’action, ainsi que sur la qualité, la pertinence et la portée du projet. Ce travail constitue un temps d’observation et de réflexion pour les professionnels de la communication publique. Les projets présentés invitent à regarder autrement les publics jeunes : non pas seulement comme des destinataires de messages, mais comme des partenaires capables de participer à leur conception et à leur diffusion.

« Participer au jury des prix Anacej, c’est se mettre à hauteur d’enfant parfois et regarder dans le rétroviseur en se demandant : “Si j’avais participé à cette action au même âge, qu’est-ce que cela aurait construit en moi ?” Se poser la question de l’impact, c’est se penser à la fois comme cible et comme acteur. »

Les prix Anacej 2026 confirment ainsi une tendance forte : lorsque les jeunes sont associés à la réflexion, la communication gagne en justesse. Et lorsqu’ils en deviennent pleinement acteurs, elle peut aussi contribuer à faire évoluer les comportements et la vie collective.


Crédit photos : Anacej.

Pour en savoir plus

Le palmarès des prix Anacej 2026 a été dévoilé au ministère des Outre-mer à Paris le 7 octobre dernier. Un lieu symbolique pour rendre hommage aux deux grands prix ex æquo attribués au conseil municipal des jeunes de Mtsamboro pour son projet « Des racines pour demain » et à celui de Mamoudzou pour le projet « Préservation de la mangrove », valorisant ainsi les actions menées à Mayotte. Une 16e édition dans laquelle les communicants publics trouveront, à n’en pas douter, matière à réflexion et des exemples à suivre.

Depuis 2011, l’objectif de ces prix est de promouvoir la participation des enfants et des jeunes à la décision publique et leur concertation au niveau local, en récompensant les actions réalisées au cours de l’année précédente. Les membres du jury et partenaires de l’Anacej – médias, associations d’élus, membres de la société civile, représentants du réseau – se sont réunis pour échanger, débattre, défendre des candidatures portées par des structures engagées.

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