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Élections municipales : mettre son expérience pro au profit du perso

Publié le : 16 avril 2026 à 07:07
Dernière mise à jour : 16 avril 2026 à 15:04
Par Marine Inglebert

L’engagement du communicant : pro ou perso ? Je ne suis qu’une seule et même personne.

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Par Marine Inglebert, responsable communication et événementiel de la ville de Saint-Bonnet-de-Mure.

À travers la compublique, la com politique : on sait faire !

Quand on fait de la communication publique, on fait forcément de la communication politique (mais pas politicienne, merci Christian de La Guéronnière d’avoir mis des mots sur la différence). De près ou de loin, un peu plus ou un peu moins, selon les envies et appétences. Et parfois, cela devient même utile dans la vie personnelle, car cela nous permet de partager nos connaissances et expertises avec nos proches.

Maîtriser la communication publique, c’est savoir utiliser un bon nombre d’outils et techniques pour mettre en avant la politique publique de la ville… la politique… on y vient donc… En tant qu’agent, il est de notre devoir de savoir rester neutre, le fameux « devoir de réserve ». Savoir rester pro donc neutre et garder ses idées politiques pour le perso : tout est une question d’équilibre.

NB personnel : je n’ai jamais aimé la politique… et je suis pourtant en plein dedans !

C’est exactement ce qu’il s’est passé pour moi lors des élections municipales 2026. J’ai mis à profit mes compétences acquises professionnellement, pour un ami et une équipe de « monsieur et madame tout le monde », engagés pour améliorer le quotidien de tous. Alors, j’ai mis mes compétences à leur service (et finalement… indirectement au service des citoyens).

Et finalement, combien d’entre nous l’ont fait ? Combien de communicants publics se sont impliqués personnellement dans une campagne électorale ? Une amie ou un père qui se porte candidat·e, un frère qui s’implique dans une liste… je suis persuadée que nous sommes plus nombreux que l’on ne le pense.

Une aventure humaine, mentale et technique !

Être auprès d’eux, travailler avec eux m’a permis de beaucoup mieux comprendre comment cela se passe politiquement dans la commune où je travaille. Le point de vue « des coulisses » s’avère très instructif et permet de prendre un peu plus de recul, d’analyser de manière plus objective ce qu’il peut se dire. Et encore plus quand il s’agit d’un groupe d’opposition.

Conseils, brainstorming, propositions, échanges, argumentations, comparaisons… me voilà dans l’aventure « municipales 2026 » aux côtés de conseillers d’opposition d’une commune différente de celle dans laquelle je suis en poste. Des heures de travail personnel pour aider ceux qui veulent faire bouger les choses et qui s’investissent corps et âme. Invitations, affiches, badges, kakémonos, bulletin de vote, affiche électorale, lettre du candidat… mais aussi événements, mises en place des salles (pas d’allée centrale s’il vous plaît car sur les photos c’est « moche »), couvertures photos ou répétition de discours. Un nombre d’heures incalculable, mais une aventure extraordinairement prenante !

Le communicant VS l’ingénieur

Une fierté de pouvoir apporter mes compétences en communication citoyenne, graphisme, cohérence et identité visuelle, événementiel, longueur de texte et nombre de caractères. Et ce n’est pas chose aisée quand on parle à des ingénieurs pour qui les termes techniques sont importants (même si pas toujours compréhensibles) et dont les textes (très/trop) longs montrent « que l’on connaît notre sujet ». Et qui… négocient 2 000 signes quand tu leur en offres 1 800 pour qu’ils en envoient finalement 4 700 (avec des photos) en disant « Mets en page et on coupera ensuite si besoin » (je ne vous en dis pas plus… vous avez compris le problème).

Cependant, vivre cette aventure politique et humaine – un tunnel à la fois excitant et stressant – met certes le mental à rude épreuve, mais elle fait tellement grandir !

Un devoir de citoyen très… différent des précédents

Et pour finir, pour clore toute cette campagne, quand vient le temps de faire ton devoir de citoyen, en dehors de tout engagement professionnel ou personnel : voilà le temps de voter, comme tout le monde.

Cette affiche sur les panneaux électoraux que tu as pensée et créée, tu la vois dans la rue, avec ce visage que tu as d’ailleurs vu sur ton ordinateur personnel mille et une fois lors de tes congés, ou le soir et le week-end.

Prendre ce bulletin de vote dont tu as choisi la typo… ce fameux bulletin de vote A4 que tu dois maintenant plier en huit pour qu’il entre dans cette toute petite enveloppe (mais quelle idée !).

Et, parce que tu veux vivre la séquence entière et suivre tes productions jusqu’à la fin du cycle, participer au dépouillement et voir ce fameux bulletin en tas de 10 (ceux qui ont déjà été scrutateurs comprendront) qui s’accumulent lors du dépouillement.

Quand tout bascule… vers le nouveau, l’inconnu ?

C’est fait : les résultats des élections arrivent ! Côté perso, je suis auprès de mon ami pour connaître l’issue de cette campagne, et côté pro : on me tient informée des résultats. Les résultats sont similaires : les listes d’opposition gagnent !

Des sentiments se mélangent. Côté perso : de la fierté, du soulagement face à tout ce qui a été accompli. On (enfin… il) a gagné ! Tous les conseils, supports, batailles menées pour bien faire ont porté leurs fruits ! Et côté pro : un mélange d’appréhension sur comment va se passer cette semaine « d’entre-deux » et celles à suivre, l’incertitude et le stress de « bien faire » lors de ce nouveau départ. Mais aussi une certaine satisfaction d’avoir la possibilité d’apprendre encore, car c’étaient mes premières élections municipales en tant que communicante publique.

Et finalement, avoir mis mes compétences professionnelles au profit d’un projet personnel m’a fait grandir professionnellement : la boucle est bouclée, non ?

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