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Quand communiquer, c’est aussi savoir se taire… et savoir attendre

Publié le : 11 mai 2026 à 07:07
Dernière mise à jour : 13 mai 2026 à 12:04
Par Laura Scarceriaux

Comment préserver une communication publique juste, responsable et utile dans un environnement saturé d’images et d’instantanéité ?

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Par Laura Scarceriaux, directrice de la communication de la ville de L’Isle-d’Abeau.

La question traverse nos métiers de plus en plus souvent. Elle s’invite dans nos choix éditoriaux, dans nos calendriers de publication, dans nos arbitrages quotidiens. Car communiquer aujourd’hui ne consiste plus seulement à produire de l’information. Il faut aussi décider ce que l’on ne dit pas… et quand il est juste de le dire.

Renoncer pour mieux communiquer

Communiquer, c’est rendre visible l’action publique, expliquer, valoriser, donner à comprendre. Et pourtant, une partie essentielle de notre métier consiste parfois à ne rien dire. À renoncer à certains contenus, à certaines images, à certaines mises en avant.

Dans un environnement où tout semble devoir être publié, cette posture peut paraître paradoxale. Mais faut-il tout montrer ? Tout relayer ? Tout mettre en récit ?

Renoncer, ce n’est pas se taire par défaut. C’est refuser la surenchère visuelle lorsque l’image brouille le message. C’est accepter de ne pas être présent sur tous les sujets pour préserver la lisibilité des actions majeures. C’est aussi savoir dire non à des demandes qui fragiliseraient la neutralité ou le sens de la parole publique.

Ces arbitrages invisibles façonnent pourtant la qualité de notre communication. Moins publier ne signifie pas moins communiquer : cela signifie communiquer plus juste, plus lisible, plus responsable.

Résister à l’urgence permanente

À cette tension du « quoi dire » s’ajoute désormais celle du « quand dire ». Jamais la communication publique n’a été soumise à une telle pression de réactivité. Une information circule, une interpellation surgit, et l’attente devient immédiate.

Répondre vite semble être devenu la norme. Pourtant, derrière chaque situation se trouvent des éléments à vérifier, des décisions en cours, des réalités complexes. La parole publique ne peut pas se construire sur l’approximation.

Prendre le temps de comprendre avant de publier n’est pas une lenteur : c’est une exigence de fiabilité. C’est aussi une marque de respect envers les habitants, qui attendent moins une réaction instantanée qu’une information solide et contextualisée.

Protéger le sens

Car l’action publique s’inscrit dans le temps long. Les projets avancent par étapes, les politiques se déploient dans la durée, les transformations territoriales ne se racontent pas en temps réel.

Communiquer suppose donc d’accepter ce décalage entre l’immédiateté médiatique et la temporalité réelle des territoires. Expliquer, contextualiser, accompagner la compréhension : c’est redonner de la profondeur à la parole publique.

Au fond, ces deux tensions (renoncer à dire et résister à l’urgence) racontent la même responsabilité : protéger le sens.

Savoir se taire lorsque la parole serait superflue.
Savoir attendre lorsque la précipitation fragiliserait le message.

Dans un environnement saturé de contenus, ces choix discrets deviennent des actes professionnels à part entière. Car notre rôle n’est pas seulement de faire savoir, mais de faire comprendre, avec justesse, responsabilité… et le bon tempo.

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