Soumission chimique, une campagne où le vide devient le récit
L’association #MendorsPas et le Centre de référence sur les agressions facilitées par les substances ont souhaité, dans une campagne visible depuis fin septembre, donner une image au silence des victimes de soumission chimique.
Pour la première fois en France, une campagne nationale de sensibilisation à la soumission chimique est apparue sur nos écrans. Déployée en télévision, affichage, DOOH (digital out-of-home, publicité extérieure numérique), presse, digital et réseaux sociaux du 28 septembre au 18 octobre, la campagne tente de rendre visible cette violence trop souvent ignorée.
Car la soumission chimique – droguer une personne à son insu pour abuser d’elle – est un phénomène méconnu et certainement encore largement sous-estimé en France. Pourtant, ce type de violence touche de multiples profils de victimes, des femmes et des enfants principalement, dans tous les milieux sociaux. Et c’est, dans la majorité des cas recensés, l’entourage proche, professionnel ou amical et, en particulier, le cercle familial notamment au sein du foyer, qui est impliqué en première ligne.
Les témoignages impossibles
Le film de cette campagne, réalisé par Havas Paris, met en scène plusieurs personnes face à une même question : « Est-ce que tu peux me raconter ce qu’il s’est passé ? » Avec un beau-père, un compagnon, un collègue ou un grand-père comme contexte, les réponses ne viennent pas. Les regards hésitent, les silences s’installent, jusqu’à un simple : « Je ne peux pas. » Et les affiches reprennent les portraits des personnes et le message « Il y a des crimes que l’on ne peut pas raconter, parce qu’on ne s’en souvient pas ». La campagne ne cherche pas à représenter l’agression, mais son absence. Pas de reconstitution, pas d’image choc. Le vide devient le récit.
Soutenue par Gisèle Pelicot, ambassadrice de la campagne, cette prise de parole est portée par l’association #MendorsPas, fondée et présidée par Caroline Darian, autrice du témoignage littéraire Et j’ai cessé de t’appeler papa. Elle est cosignée avec le Centre de référence sur les agressions facilitées par les substances (le Crafs), plateforme nationale hébergée par l’Assistance publique – Hôpitaux de Paris (APHP), et consacrée spécifiquement à l’orientation des victimes.