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Communication publique : le cul entre deux chaises ?

Publié le : 9 juillet 2026 à 07:07
Dernière mise à jour : 9 juillet 2026 à 16:19
Par Fiona Imbratta Kouassi

Dans les collectivités territoriales, le rattachement de la direction de la communication se résume souvent à un simple trait horizontal sur un organigramme. Un petit rectangle relié à un autre. Rien de plus banal... en apparence.

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Par Fiona Imbratta Kouassi, directrice de la communication de la ville de Villepinte, membre du Comité de pilotage de Cap'Com.

Pourtant, ce trait décide à qui la dircom et ses collaborateurs rendent des comptes : au directeur général des services ou au directeur de cabinet ? Et derrière LE choix d'organisation se cache une véritable vision de la gouvernance. Sur le papier, tout paraît simple. Dans la vraie vie... c'est une autre histoire.

Dans de nombreuses collectivités, la direction de la communication travaille sous l'autorité hiérarchique ou fonctionnelle du directeur de cabinet. Rien d'étonnant : le cabinet vit au rythme de l'exécutif, construit la stratégie politique, prépare les discours avec les éléments de langage que la dircom réutilise, organise les inaugurations, gère les imprévus... et il y en a !

La dircom est naturellement au cœur de cette mécanique. Elle doit connaître les arbitrages, anticiper les annonces et transformer une décision politique en information compréhensible et lisible pour les habitants. Après tout, communiquer sur les engagements du mandat, c'est aussi rendre compte aux habitants et bien sûr aux électeurs.

À qui tendre le micro... et à qui prêter l'oreille ?

Voilà toute la question. La communication publique ne consiste pas uniquement à mettre en lumière l'action de l'exécutif, ce serait bien trop simple ! Elle est, effectivement, une mission du service public. Elle informe les habitants sur les politiques publiques, accompagne les transformations du territoire et favorise la participation citoyenne, bien sûr.

Autrement dit, la dircom ne communique pas seule dans son coin et à la demande de l’équipe municipale. Elle communique grâce et avec toute l'administration.

Et c'est là qu'entre en scène le DGS. Le directeur général des services coordonne les directions, pilote les politiques publiques et veille à la mise en œuvre des décisions prises par les élus. C'est lui qui transforme les ambitions politiques en réalités administratives.

Parce qu'avant d'annoncer la création d'une nouvelle école, encore faut-il savoir si le terrain est disponible, si le budget est voté, si les marchés sont notifiés et si les ressources humaines suivent.
La dircom connaît bien cette petite musique : « On peut lancer le magazine ? » ; « Attendez, l'arbitrage n'est pas encore rendu » ; « Et les flyers ? » ; « Finalement... le maire souhaite revoir le dossier » ; « Donc on imprime ? » ; « Surtout pas ! ».

Une question de gouvernance, pas d'ego !

Dans les organisations les plus matures, un équilibre s'installe progressivement : la dircom est rattachée hiérarchiquement à la direction générale, tout en travaillant quotidiennement avec le cabinet du maire. Autrement dit, un lien structurel avec le DGS, un lien fonctionnel avec le directeur de cabinet. Sur le papier : le schéma idéal.

Cette organisation n'est pas un luxe administratif. Elle permet de clarifier les responsabilités et de préserver la frontière, parfois ténue, entre communication institutionnelle et communication politique, notamment à l'approche des échéances électorales.

Mais alors, illusion ou confusion ?

Faut-il pour autant éloigner la dircom du cabinet ? Certainement pas. Le directeur de cabinet est un partenaire indispensable. Il va avec sa vision politique assurer la cohérence du récit du mandat et la dircom va pouvoir proposer et travailler avec ses équipes autour d’un projet de direction : rien de mieux !

Ce DGS va garantir la faisabilité, la coordination et la mise en œuvre opérationnelle. Et le directeur de cabinet va donner le cap pendant que l'autre tient la barre. Et la dircom dans tout ça ? Elle pourra éviter que le bateau ne communique sur son arrivée alors qu'il est encore au chantier naval.
Le modèle le plus équilibré est donc sans doute celui-ci ! Et puis pour considérer l’organisation positivement, si l’un des deux est absent la dircom a toujours quelqu’un vers qui se tourner.

Plutôt un compromis ou une complémentarité ?

La communication, liée à la direction générale par ce petit trait d’union, y gagne en crédibilité, l'administration en cohérence et les élus en efficacité. Au fond, le véritable débat n'est pas de savoir à qui appartient la dircom. La vraie question est de savoir si l'on considère encore la communication comme un simple service chargé de faire de belles affiches... ou comme une direction stratégique capable d'accompagner les politiques et enjeux publics, d'expliquer les décisions et de renforcer la confiance des habitants.

Une collectivité mature ne demande pas à sa direction de la communication de choisir entre le cabinet et la direction générale. Elle lui demande de faire le lien entre les deux. Et c'est probablement là que commence la vraie communication publique au service des habitants et des citoyens.

À un peu plus de 100 jours des débuts de mandats municipaux, c’est intéressant de se poser la question et d’essayer de poser un cadre serein de collaboration avec nos supérieurs hiérarchiques. Car après tout nous sommes bien tous dans le même bateau ! Et si un simple trait sur un organigramme pouvait éviter bien des malentendus... il mériterait peut-être, finalement, qu'on s'y attarde, nous, les dircoms.

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