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Pages de com : « Qui veut la peau de l'audiovisuel public ? » par Nathalie Sonnac

Publié le : 25 juin 2026 à 07:18
Dernière mise à jour : 25 juin 2026 à 15:37
Par Coraline Fayolle

Dans un contexte marqué par la récente commission d’enquête parlementaire sur l’audiovisuel public et par une plus large chasse à la dépense publique, Nathalie Sonnac, rendue aux réflexions sur l’information et la démocratie, nous propose un essai plaidoyer, une analyse fine et concise du rôle essentiel de cet audiovisuel public dont tout le monde (ou presque) semble vouloir la peau.

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Nathalie Sonnac préside le jury du Prix de la presse et de l'information territoriales 2026.
Professeure en sciences de l’information et de la communication à l'université Panthéon-Assas et ancienne membre du Conseil supérieur de l’audiovisuel (ancêtre de l’Arcom), mais également conférencière et essayiste, elle est activement engagée dans l’éducation aux médias et à l’information, et préside le Conseil d’orientation et de perfectionnement (COP) du Clémi (Centre pour l'éducation aux médias et à l'information) tout en siégeant au conseil d'administration de l'AFP.

« Quand tout le monde vous ment en permanence, le résultat n’est pas que vous croyez ces mensonges, mais que plus personne ne croit en rien. […] Et un peuple qui ne croit plus en rien ne peut se faire une opinion. Il est privé non seulement de sa capacité d’agir mais aussi de sa capacité de penser et de juger. Et l’on peut faire ce que l’on veut d’un tel peuple. »

C’est avec cette citation d’Hannah Arendt sur le totalitarisme que Nathalie Sonnac choisit de nous faire plonger dans son essai. C’est un brin affolant que ces paroles de 1974 trouvent encore un si grand écho aujourd’hui.

Une place essentielle dans l’écosystème médiatique actuel

[Sur les plateformes,] l’émotion prime le fait. La viralité l’emporte sur la vérification.

Il est vital de saisir l’urgence de la situation. L’universitaire rappelle le rôle de l’audiovisuel public, qui est de « garantir à tous un accès égal à l’information, à la culture et au débat, indépendamment des logiques de rentabilité ». L’audiovisuel public assure un espace où le citoyen n’est pas un consommateur, à l’inverse des plateformes privées, régies par les algorithmes : « [Sur les plateformes,] l’émotion prime le fait. La viralité l’emporte sur la vérification. »

Si l’audiovisuel public vient à disparaître, c’est son écosystème dans sa globalité qui s’en verra chamboulé, voire anéanti. La télévision est en danger dans son ensemble. L’audiovisuel public se veut garant du pluralisme, qui permet à tout un chacun de se forger une opinion : à travers la télé, la radio, en métropole, en outre-mer, les adultes, les enfants… Il « informe partout, tout le monde ».

L’audiovisuel public, dernier rempart contre la désinformation ?

Même si la dissolution a le vent en poupe, pour Nathalie Sonnac elle n’apparaît pas comme la solution pour l’audiovisuel public. Défenseuse d’une nécessaire réforme, l’autrice fait la liste des points de fragilité, dénonçant des financements déstabilisés, une rigidité interne et un manque de vision à long terme. Il y a nécessité de réinventer l’audiovisuel public de demain. Il doit donner envie aux jeunes, il doit parler à tout le monde, de nouveau. Il doit avoir un modèle économique solide et stable.

Réformer le service public, c'est décider que la démocratie a besoin d'un espace d'information commun.

Pour l'autrice, dont c'est le combat quotidien, l'éducation aux médias doit être partie prenante de ce nouveau modèle de demain. À l'instar de la communication publique, l'audiovisuel public est un socle démocratique à préserver, une fiabilité sans faille et pérenne. « Réformer le service public, c'est décider que la démocratie a besoin d'un espace d'information commun. »

Alors que les entreprises de télévision privées commencent à se lier avec les géants du streaming, cette nouvelle réflexion sur l’audiovisuel public est vitale et alerte sur les dangers démocratiques d’un recul du service public. Volonté simple (et simpliste) d’économies ou stratégie d’idéologie informationnelle sournoise, une chose est certaine pour Nathalie Sonnac : il ne faut pas laisser gagner ceux qui veulent la peau de la démocratie.

Qui veut la peau de l'audiovisuel public ?
Nathalie Sonnac
Les Éditions de l’Observatoire et le Laboratoire de la République Mai 2026
73 pages

Les Éditions de l’Observatoire et le Laboratoire de la République s’associent à l’occasion de la collection « Alerte ! » et partagent des réflexions sur des sujets de société brûlants. À découvrir ici.

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