L'objectif de la refonte du Val Mag en 2024 : transformer un support autrefois promotionnel en un véritable média-passerelle citoyen et replacer l'habitant – qu'il soit permanent, saisonnier ou résident secondaire – au cœur de la vie démocratique, en luttant contre le sentiment que « tout est fait pour les touristes ». La ligne éditoriale assume un rôle de pédagogie démocratique en décryptant les sujets complexes (« C'est plus compliqué que ça ») et en incarnant l'action publique par les « Visages de l'ombre ». Graphiquement, le magazine adopte les codes du newsmag avec une maquette aérée et dynamique qui privilégie des infographies pédagogiques autonomes et une iconographie 100 % locale. Ce dispositif, articulé à un écosystème digital (QR codes, vidéos), s'inscrit enfin dans une démarche de sobriété écologique (« Flocon vert »), affirmant ainsi une cohérence totale entre les engagements du territoire et son mode de communication..
Publication lauréate du Prix Petit poucet au Prix de la presse et de l'information territoriales 2026
Présentation
Fiche d'identité
- Destination de la publication : Externe
- Périodicité : Trimestrielle
- Tirage : 1750 exemplaires en saison, 1500 hors saison
- Année de la création : 2024 (refonte complète)
- Année de la refonte : 2024
- Utilisation de dessins de presse : Non (mais infographies)
- Utilisation de la publicité : Non
- Quel est le mode de distribution de la publication ? Multi-canal : Boîtage adressé (pas de boîtage toutes boîtes indifférencié) : 900 ex. ; Dépôt lieux de vie clefs du village : médiathèque, commerces, mairie, bars, centre médical, etc. ; Envoi postal ou digital pour les abonnés hors commune s’étant manifestés ; Version numérique sur Calaméo, disponible sur le site internet et l’application de la commune ; Mise en avant du contenu de chaque numéro via une newsletter, l’affichage public et les réseaux sociaux
- L’impression est-elle certifiée ou labellisée éco-responsable ? Oui. Papier recyclé non blanchi et encres végétales, impression locale en circuit court (Imprimerie Chalésienne)
Trois caractéristiques principales de la publication
1) Une reconquête éditoriale au service de la démocratie locale, avec un impact citoyen démontré
Tirant les leçons d'un précédent magazine peu lu, déconnecté des préoccupations des habitants et qui confondait communication touristique et institutionnelle (la ligne éditoriale étant dictée par l'Office de tourisme et les partenaires locaux), la mairie a repris la main sur sa politique éditoriale pour créer un véritable média citoyen. Cette reconquête s'est traduite par des choix éditoriaux structurants : ligne éditoriale volontairement prospective et pédagogique ; suppression de l'éditorial du Maire au profit d'une réintégration du politique dans chaque article ; traitement transparent des sujets sensibles ; réintégration de la parole des habitants et des profils habituellement invisibles (saisonniers, agents, bénévoles). Chaque choix vise à rendre l'action publique visible, lisible et compréhensible. Dans un territoire où cohabitent 1 627 habitants permanents, 3 500 saisonniers et 6 000 résidences secondaires, le magazine est devenu un outil de réconciliation entre « village » et « station », et un levier de mobilisation citoyenne. Une enquête indépendante à 18 mois l'atteste (cf section « Evaluation »).2) Un écosystème éditorial articulé et responsable : du papier aux réseaux sociaux, une architecture pensée pour chaque usage
Le Val Mag n'est pas un support isolé : il a été conçu comme la pièce centrale d'un dispositif plurimédia où chaque canal joue un rôle éditorial distinct. Le magazine papier installe le temps long, la profondeur et la valeur d'objet conservable, encore plébiscitée par les habitants. Dans chaque numéro, des articles courts « pied dans la porte » initient les sujets en print ; le lecteur les approfondit via des QR codes renvoyant vers des contenus complémentaires en ligne qui se veulent didactiques ou ludiques (articles web plus étoffés, vidéos, sondages, quizz). Les réseaux sociaux fonctionnent en amont comme outil de remontée des sujets d'intérêt des habitants, et en aval comme relais de chaque parution via une vidéo promotionnelle dédiée. Une newsletter envoyée à chaque parution présente le sommaire du prochain numéro et renvoie vers la version numérique, disponible sur le site internet et l'application communale, via Calaméo (moy. 800 vues/numéro). Elle touche ainsi un lectorat plus mobile et plus connecté, qui n’est présent que ponctuellement sur la station. Cette architecture crossmedia est conçue pour fonctionner dans chaque contexte de réception — boîte aux lettres, comptoir de commerce, miniature numérique —, sans perte de lisibilité ni de hiérarchie de l'information, et répond aux pratiques de lecture contemporaines, fragmentées, multi-supports et interactives, tout en préservant la complémentarité entre les canaux : le print ne fait pas ce que fait le digital, et inversement.
Chaque support a sa fonction éditoriale propre. Cette modernité s'accompagne d'une démarche éco-responsable cohérente avec les engagements Flocon Vert de la commune : papier recyclé non blanchi, encres végétales, impression locale en circuit court, distribution adaptative selon l'occupation saisonnière (−17 % de tirages hors-saison). Le Val Mag démontre que l'on peut articuler print et digital sans sacrifier l'un à l'autre, ni l'efficacité à la responsabilité environnementale.3) Une démarche d'évaluation rigoureuse et reproductible
Rares sont les communes de 1 600 habitants à intégrer dès la conception de leur magazine une exigence de preuve. Le Val Mag l'a fait : audit des besoins en amont, questionnaire de satisfaction dès le 2ème numéro, bilan interne et partenarial à un an, puis enquête de lectorat indépendante à 18 mois (enquête quantitative et qualitative ; 213 répondants, soit 13,4 % de la population). Ce protocole — simple, documenté, réalisable avec des moyens contraints — permet d'objectiver l'impact, d'ajuster le magazine en continu, et de rendre des comptes aux habitants.
Ligne éditoriale
Le projet éditorial
Le diagnostic de départ était sans appel : un précédent magazine esthétique mais peu lu, dont la ligne éditoriale était dictée par l'Office de tourisme. Interrompu depuis un an, il avait perdu son lectorat — dans un contexte où la communication de station, portée par l'industrie du luxe et du tourisme, domine l'espace public.
C'est le pari d'un magazine-passerelle qui a été retenu : en reprenant pleinement la main sur sa ligne éditoriale, la mairie a souhaité créer un média résolument citoyen, qui replace les habitants au coeur de la vie démocratique locale, les informe, les interpelle et les invite à s'emparer de l'avenir de leur territoire — tout en maintenant un dialogue ouvert avec les partenaires et les acteurs qui font la commune.
La refonte s'est construite autour de quatre objectifs stratégiques :
1) Recentrer sur les habitants d'un territoire fragmenté, et leur quotidien vécu.
Les cibles, originellement floues et mal adressées, ont été requalifiées : habitants à l'année, saisonniers, résidents secondaires, socio-professionnels locaux. Le magazine devait parler à ces publics aux temporalités et attentes différentes, et répondre au reproche : « tout est fait seulement pour les touristes ». Le ton et le vocabulaire adoptés se veulent pédagogiques et accessibles. La parole est donnée aux habitants et aux « petites mains de l'ombre » — agents, saisonniers, bénévoles — pour représenter la pluralité des quotidiens et des profils, renforcer la fierté d'appartenance et donner envie au lecteur de s'investir localement. Les sujets du dossier sont choisis parmi les enjeux locaux brûlants, au coeur des préoccupations des habitants. La distribution a été adaptée à la saisonnalité pour rejoindre chaque public au bon moment et au bon endroit.2) Rendre l'action publique compréhensible, pas seulement visible, et l'inscrire dans une vision prospective.
Le magazine n'est pas un catalogue d'actions : c'est un outil de compréhension et d'empouvoirement démocratique. Le politique est réintégré dans chaque article pour permettre aux lecteurs de constater l'avancement des projets et, indirectement, l'impact de leur vote, quel qu’il soit. Les rubriques « C'est plus compliqué que ça » et « Voté au conseil » assument le traitement des sujets difficiles. Au-delà du bilan, le magazine remet l'avenir de la commune au centre du débat : à quoi les habitants, lecteurs et électeurs, souhaitent-ils que Val d'Isère ressemble demain ? L'objectif ? Que chaque habitant dispose des clefs pour faire des choix démocratiques éclairés, et connaisse ses droits et les démarches qui lui sont accessibles sur le territoire.3) Créer un rendez-vous fédérateur, tourné vers l’engagement et articulé à l'écosystème digital.
Le magazine ne se contente pas d'informer. Il incite à l'engagement et crée du collectif : valorisation des associations et des initiatives locales ; rubrique « 24h avec » pour incarner les réalités du village ; agenda conçu comme un mémo pratique ; promotion de la redécouverte du territoire par les locaux eux-mêmes. Les formes rédactionnelles sont variées pour s'adapter aux pratiques de lecture actuelles : des articles courts « pied dans la porte » initient les sujets, que le lecteur peut approfondir via des renvois vers des contenus en ligne (articles web, vidéos, sondages, quizz), accessibles par des QR codes. Les réseaux sociaux sont utilisés en amont pour faire remonter les sujets d'intérêt des habitants, et en aval pour relayer chaque parution via une vidéo promotionnelle dédiée. Concernant la gouvernance, la mairie définit désormais les grandes thématiques, notamment celle du dossier principal, mais les partenaires (Office de tourisme, Club des Sports, STVI, Communauté de communes, associations) sont invités à chaque numéro à contribuer au dossier et à proposer leurs propres sujets, dans le respect de leur liberté de parole. Le tout permet de refléter la vie du territoire dans sa globalité sans diluer la ligne éditoriale.4) Inscrire le magazine dans une démarche éco-responsable, cohérente avec les engagements du territoire. En accord avec les engagements Flocon Vert de Val d'Isère, une réflexion approfondie sur la périodicité, la pagination, la production et la distribution a permis d'optimiser l'impact écologique du magazine : 24 pages trimestrielles, papier 100 % recyclé non blanchi, encres végétales, impression locale, tirage adapté selon les saisons, mise à disposition d’une version numérique du Val Mag sur le site internet et l’application communale
Choix graphiques
La maquette, l'iconographie et la conception graphique
En adéquation avec la ligne éditoriale, la maquette est conçue pour servir le contenu. Chaque décision graphique est subordonnée à une intention éditoriale. Cette maquette se veut moderne, aérée, dynamique et flexible. Le rubriquage est stable, mais conçu pour évoluer à la marge selon les attentes du lectorat (ajout ou adaptation de rubriques), sans pour autant perdre sa cohérence. Au format newsmag trimestriel de 24 pages, elle s'organise autour de trois parties thématiques :
- « Zoom sur » (dossier principal sur un enjeu local – lui-même construit autour d'une question avec entrées multiples : « Pourquoi dans le mag ? » ; « Le décryptage » ; focus sur des projets-exemples en lien avec le dossier ; mots d’experts externes ; témoignages d’habitants (adultes et enfants) ; infographie pédagogique) ;
- « Val d'Isère en action » (grands projets, gestion communale, illustration de l’action et de la vie publique) ;
- « Ensemble au village » (vie associative, portraits, agenda, valorisation du patrimoine, suggestion d’activités).
Cette structure permet au lecteur de naviguer directement vers ce qui l'intéresse et répond ainsi à la diversité des pratiques de lecture. La mise en page guide le regard : articles courts, entrées multiples, hiérarchie visuelle claire. Chaque double-page est conçue pour permettre une lecture rapide ou approfondie, selon le temps disponible.
Les photographies, prises à 90% en interne et 100% sur le terrain, incarnent et ancrent le propos dans la réalité locale. Le lecteur ne regarde pas des images : il reconnaît son village, ses voisins, son quotidien.
Les infographies pédagogiques (« En un coup d'oeil ») traduisent visuellement des enjeux complexes et rendent l'information accessible au plus grand nombre. Conçues comme des documents autonomes, compréhensibles hors contexte, certaines ont été réutilisées par les enseignants de l'école communale — preuve que le principe éditorial de lisibilité produit une utilité au-delà du public-cible initial.
La Une
La contrainte est double : la charte graphique communale est partagée avec l'Office de tourisme — même logo, mêmes couleurs, contraintes de mise en page — et la Une doit permettre une identification immédiate du magazine comme production institutionnelle, et non comme un document touristique. La réponse repose sur trois marqueurs de différenciation : une photographie pleine page en lien avec le dossier principal, toujours incarnée — habitants en situation, jamais un paysage carte postale : le territoire montré par ceux qui le vivent, pas par ceux qui le contemplent — conçue pour attirer le regard ; la politique de titrage (chaque titre fonctionne comme accroche journalistique, ancré dans une question locale ouverte, jamais dans un satisfecit) ; et la mention « L'actu du village », qui signale sans ambiguïté le positionnement éditorial. L'architecture graphique traduit cette intention : le carré à 45° structure la composition, le jeu de transparence photo/typographie met le focus sur l'action photographiée, les onglets latéraux hiérarchisent les sujets secondaires. Ces invariants construisent numéro après numéro une marque média reconnaissable et installent un rendez-vous régulier.
Fabrication
Moyens financiers
Budget global de la publication sur une année : 20 000 €, soit 5 000 €/numéro (−18 % versus le précédent magazine)
Estimation du prix d'un numéro par habitant : 2,80 €
Moyens humains
- La maquette est réalisée : En sous-traitance (Agence Scoop Communication)
- La rédaction est réalisée : En interne
- La mise en page est réalisée : En sous-traitance (Agence Scoop Communication)
- Les photographies sont réalisées : En interne, recours occasionnel à des photographes locaux
- Nombre de personnes mobilisées en interne (en équivalent temps plein) : 1 personne à trois quarts temps plein
- Intervention d’une (ou plusieurs) agence(s) : Agence Scoop Communication (création graphique et mise en page) ; Simon Raveneau, graphiste freelance (infographies) ; recours ponctuel à un photographe local, Yann Allègre.
Évaluation
Un dispositif d'évaluation a été intégré dès la conception du projet : consultation citoyenne et auprès des partenaires en amont de la refonte ; questionnaire de satisfaction dès le 2ème numéro ; bilan interne et partenarial à 1 an ; puis enquête de lectorat indépendante à 18 mois (enquête quantitative et qualitative : enquêtrices externes, questionnaire diffusé dans la rue et en ligne, entretiens qualitatifs — 213 répondants de 18 à 89 ans, soit 13,4 % de la population, 20h d’entretien). Cette démarche a permis d'objectiver l'impact et de rendre des comptes aux habitants — les résultats de l'enquête ayant été restitués aux lecteurs sous forme d'infographie dans le numéro suivant, bouclant ainsi la logique de transparence qui fonde le projet éditorial.
Les résultats confirment l'appropriation du magazine : parmi les 82 % de lecteurs réguliers, 95 % jugent le contenu intéressant et utile. Les notes de satisfaction sont élevées : clarté 4,3/5, utilité 4,1/5, esthétique 4,2/5. L'impact citoyen est réel : 60,6 % des lecteurs déclarent avoir eu envie de participer à un événement ou d’initier une démarche après lecture. Le magazine est lu, apprécié, et remplit sa fonction de levier de mobilisation citoyenne.
Préconisations pour la suite
L'évaluation a permis d'identifier plusieurs axes d'amélioration, désormais inscrits à la feuille de route 2025-2026 : renforcer la distribution et ajuster le maillage territorial ; élargir la représentation des profils sous-représentés (saisonniers, résidents secondaires, jeunes) ; assumer plus franchement les sujets qui font débat, en réponse à l'attente exprimée par les habitants ; développer les contenus intercommunaux ; maintenir et amplifier le crossmedia et les formats participatifs ; préparer la couverture éditoriale des JOP 2030, événement structurant pour le territoire.