Aller au contenu principal
Fermer

Se souvenir des belles choses

Publié le : 9 septembre 2026 à 07:07
Dernière mise à jour : 9 septembre 2026 à 14:48
Par Pauline Moussalli

Le mur de mon bureau est couvert de photos. Il y a l’organigramme et quelques affiches aussi, deux ou trois dessins de mes enfants, et quelques citations inspirantes, mais il y a surtout des dizaines de photos souvenirs de mes collègues, imprimées au fil des ans à l’occasion de nos événements internes.

Dans les mêmes thématiques :

Par Pauline Moussalli, responsable de la communication interne de la ville de Mulhouse.

L’autre jour, j’ai relevé la tête et j’ai laissé mon regard s’accrocher à ces photos. Je me suis d’abord regardée vieillir sur une décennie : différentes coupes de cheveux, autres lunettes, ah j’aimais bien cette robe, qu’est-ce que j’étais jeune.

J’ai surtout vu les collègues qui posent à mes côtés. Les fidèles qui reviennent souvent, d’autres uniques en leur genre. Des collègues partis à la retraite ou vers d’autres horizons. Des photos de groupe un peu déjantées, des pauses en duo. Ce collègue décédé mais toujours dans mes souvenirs. Cet autre, là, en mode photobombing, c’était qui déjà ?

Proposer une borne photo lors d’un événement n’est pas neutre. C’est une puissante machine à souvenirs qui imprime dans la durée la joie d’un moment partagé. C’est ce qui reste longtemps sur un mur ou un bureau, ou qui surgit d’un tiroir lors du rangement de l’été. Les discours s’évaporent, les saveurs du buffet s’estompent, les apprentissages se noient dans le quotidien : les photos, elles, disent l’ambiance et la chaleur, et rappellent durablement le plaisir d’être ensemble.

Dis-moi comment tu poses, je te dirai qui tu es

Il y a celles et ceux qui n’attendent que la mise en route de la machine pour s’y précipiter et poser de toutes les façons possibles en ameutant les collègues ; d’autres qui posent solennellement en solitaires et qui repartent satisfaits en secouant leur photo souvenir pour la faire sécher comme à l’époque. Les fanatiques scrupuleux qui annulent et recommencent autant de fois que nécessaire, et choisissent finalement le noir et blanc ou le sépia – ça change ! Et il y a mes préférés, ceux qui squattent le flash jusqu’au bout de l’événement, même lorsque le démontage commence. À noter : toujours débrancher la borne photo en dernier.

Voir ces photos fleurir dans les bureaux des collègues fait partie de l’évaluation des événements ; c’est un baromètre informel de leur plaisir à s’être retrouvés et amusés ensemble.

Les regards, les sourires et les souvenirs de ces souvenirs sur papier glacé tapissant mon mur me motivent toujours. Nous travaillons ensemble, nous réussissons ou échouons ensemble, les gens viennent et repartent, les projets se montent et s’oublient. Ce qu’il nous reste, à la fin, ce sont ces visages joyeux et sincères qui nous rappellent l’essentiel : l’important tient dans les relations que nous tissons et dans les moments heureux que nous partageons.

Photo de Garvit Nama sur Unsplash.